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Créer un axe Singapour-Maurice pour l?investissement vers l?Inde

24 mars 2004, 20:00

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?LET?S get closer?. Tel a été le message du ministre singapourien du Commerce et de l?industrie, Georges Yeo, à l?adresse de Sushil Khushiram, le ministre de l?Industrie et des Services financiers. C?était hier, lors d?une rencontre à Singapour dans le cadre de la mission de promotion de l?offshore organisée par la Financial Services Promotion Agency (FSPA).

Cette première session de travail a donné le ton à la mission. Elle a aussi permis de réconforter la FSPA dans la stratégie de marketing qu?elle avait élaborée en fonction du marché singapourien, à savoir de vendre Maurice comme passerelle entre l?Asie, l?Afrique et l?Inde. Il semble que celle-ci ait vu juste. La réunion entre Sushil Khushiram et son homologue singapourien a été riche en enseignements.

L?Inde est effectivement la cible principale du gouvernement singapourien, observe Georges Chung Tick Kan, le président de la FSPA qui était aux côtés du ministre Khushiram lors de sa rencontre avec Georges Yeo. ?Avec l?émergence de la Chine, Singapour est en train de revoir sa stratégie de développement et se tourne vers l?Inde?, a déclaré le ministre Khushiram après la réunion.

Gare au dragon chinois

Il apparaît que Singapour, malgré son spectaculaire essor économique, ait peur de se faire balayer par le dragon chinois. S?attacher à une puissance émergente comme l?Inde, qui aura besoin de ressources ? tant financières que technologiques et en expertise ? peut dégager de nouveaux horizons pour la poursuite du développement économique de Singapour.

Ce pays est d?ailleurs en voie de finaliser un accord de libre-échange avec la Grande péninsule, qui devrait être bientôt signé, sauf si les échéances électorales prennent le dessus.

Dans ce tableau, la petite île Maurice a une carte à jouer. Sa proximité historique, culturelle et politique avec l?Inde peut aider. Mais son principal atout est ail-leurs : c'est le traité de non double imposition existant entre Port-Louis et New Delhi. Maurice a par ailleurs initié des négociations en vue d?un accord de libre-échange avec l?Inde.

?Maurice peut aider Singapour à mieux pénétrer le marché indien. Nous pouvons servir de plate-forme pour canaliser les investissements singapouriens en Inde?, déclare Sushil Khushiram. Le ministre a d?ailleurs attiré l?attention de Georges Yeo sur le fait que le traité de non-double imposition entre Maurice et Singapour avait aidé à faire de ce pays l?un des plus importants investisseurs en Indonésie. Le même scénario peut se répéter pour l?Inde.

Singapour s?intéresse également au continent africain. Sur ce chapitre, Georges Yeo a demandé au ministre Khushiram pourquoi Maurice était à l?avant-plan sur le continent et passait pour être, en quelque sorte, le porte-parole et le représentant de l?Afrique. ?Le succès économique du pays et les pôles de compétence, développés notamment dans le textile et le tourisme, y sont peut-être pour quelque chose?, a répondu Sushil Khushiram.

Singapour est intéressé de savoir comment Maurice pourrait l?aider à mieux connaître l?Afrique. Notre appartenance aux blocs régionaux du Comesa et de la SADC peut en fait faire de notre pays une tête de pont pour les entreprises singapouriennes désireuses de s?implanter sur le continent.

Du textile à l'électronique

L?échange de points de vue entre Sushil Khushiram et son homologue singapourien a par ailleurs porté sur les stratégies de développement. Le ministre mauricien a ainsi voulu savoir comment Singapour avait réussi sa transition du textile vers d?autres secteurs d?activités. Georges Yeo lui a répondu que Singapour a adopté une politique délibérée de ?suppression progressive? de l?industrie textile pour se lancer résolument dans l?électronique haut de gamme. Le processus de diversification se poursuit vers les services.

Singapour cible actuellement des services encore plus sophistiqués dans les domaines de l?éducation et de la formation, de la santé, du multimédia et du divertissement, a aussi indiqué Lim Kiang, le ministre des Finances en second de Singapour, que Sushil Khushiram a aussi rencontré hier.

De leur entretien, le ministre mauricien a surtout retenu que Singapour a réduit les impôts sur les entreprises. Pour pouvoir se permettre une telle politique, le gouvernement a parallèlement décidé que les budgets des différents ministères seront réduits de 2 % cette année et l?année prochaine.

Les réformes dans l?éducation, la santé et la sécurité sociale devront aider à atteindre cet objectif de réduction budgétaire. De quoi donner à réfléchir.

Cet après-midi, le clou de la mission de la FSPA à Singapour sera une présentation de l?offshore mauricien. Celle-ci aura lieu devant quelque 250 professionnels singapouriens de la finance, notamment des avocats d?affaires, des spécialistes en planification fiscale et des gestionnaires de fonds d?investissements.

?Notre message sera simple : Maurice est un vrai business model profitable que les professionnels singapouriens peuvent utiliser pour investir dans la région, aussi bien qu?en Inde, en Chine et en Malaisie?, déclare Georges Chung Tick Kan. L?idée est aussi de vendre Maurice comme un centre pour des opérations de ?back office? dans le cadre de l??externalisation? des services.

Dans la matinée, la FSPA et la délégation mauricienne auront une non moins importante session de travail avec Network India, qui regroupe les hommes d?affaires singapouriens investissant en Inde, et la Singapore Business Federation. Une trentaine des plus importantes entreprises de Singapour seront présentes à l?invitation de la Standard Chartered Bank.

Une autre séance de travail est prévue à l?heure du déjeuner. La Standard Chartered Bank y a invité une trentaine de ses clients ?corporate?.

De notre envoyé spécial à Singapour Stéphane SAMINADEN

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