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Corporate Governance

23 mars 2004, 20:00

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Les temps changent. Les responsabilités qui incombent aujourd?hui aux auditeurs, mais plus encore aux directeurs de compagnies publiques, sont de plus en plus importantes. Les risques sont de plus en plus nombreux. Les conséquences de pratiques non conformes aux règles sont de plus en plus lourdes.

Le réveil a eu lieu aux Etats-Unis avec la publication de la loi Sarbanes-Oxley en 2002, faisant suite, entre autres, aux affaires Enron et Worldcom. Les actionnaires minoritaires, via les cours de justice, ont décidé d?être compensés pour les fraudes ou les erreurs survenues. Les professions concernées ont décidé de revoir, avec le soutien des autorités, les règles de ce qui n?était plus un jeu.

Les auditeurs tout d?abord : la tendance est à la définition de plus en plus précise du cadre opérationnel des audits. Par exemple, les auditeurs souhaitent, à juste titre, ne plus être tenus responsables de valeurs qu?ils ne sont pas en mesure de certifier. Ceci concerne principalement les évaluations d?actifs.

Comme le souligne Pierre Dinan dans l?article publié vendredi par Le Mauricien, ?Auditeurs et experts-comptables : une profession passée à la loupe?, les valeurs d?actifs devraient être prochainement indiquées grâce à des fourchettes et non à des valeurs précises. Ceci, entre autres, dans le but de réduire l?influence des comptes audités sur les cours boursiers.

Et Pierre Dinan d?ajouter avec raison que, dans la mesure où les règles récentes ont obligé les auditeurs à céder leurs sociétés de conseils, ils n?ont plus les ressources humaines nécessaires pour confirmer les valeurs d?actifs données par des évaluateurs externes.

En poussant un peu plus loin la logique actuelle, il est possible d?imaginer que, dans quelques années, les auditeurs ne signeront que les mouvements sur le cash flow, sans vouloir se risquer à confirmer la validité de la valeur des actifs.

Mais c?est surtout sur les directeurs que toutes les responsabilités reviennent : le groupe Royal Dutch Shell est ainsi depuis plusieurs semaines au centre d?une controverse, avec poursuites judiciaires à la clé, quant à la mauvaise catégorisation de ses réserves pétrolières.

Le préjudice aux actionnaires aurait été d?avoir mal classé l?équivalent de 15 % de ses réserves destinées à être exploitées dans les années futures : au lieu de classer ces réserves comme ?probables?, elles furent classées comme ?prouvées?, ce qui aurait surévalué la valeur du groupe dans les comptes.

Malgré l?absence de soupçon établi d?enrichissement personnel, le président du groupe, Sir Philip Watts, fut contraint à la démission par les actionnaires, via les directeurs indépendants. ?Make no mistake?.

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