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Anti-progrès

23 mars 2004, 20:00

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Ce n?est pas parce qu?on exerce un contre-pouvoir qu?on peut s?ériger en rempart contre absolument tout. Hier, au Parlement, le leader de l?opposition n?a pas caché ses résistances à l?égard du projet hôtelier qui est envisagé à Agalega. Sur la question des organismes génétiquement modifiés (OGM), divers groupes d?intérêt mènent campagne contre une loi qui ne vise qu?à donner un cadre légal à l?utilisation de la biotechnologie.

Par le truchement de sa PNQ, le leader de l?opposition a essayé de faire planer un doute sur les conditions dans lesquelles est né le projet d?Agalega. Il ressort, des informations données, que ses soupçons sont infondés. Le groupe IBL, qui comprend déjà une filiale engagée dans la pêche sur cette île lointaine, a décidé de réaliser une synergie de groupe en construisant un hôtel à Agalega. Elle a sollicité et obtenu un bail pour lequel il n?y avait pas d?autre demandeur. Des hommes d?affaires qui saisissent une opportunité, des décideurs publics qui facilitent une activité économique, quoi de plus normal.

Bien entendu, si les conditions du bail étaient différentes de la norme ou si des concurrents d?IBL convoitaient également ces terres, il eut été légitime de s?interroger sur un possible ?traitement préférentiel?. Mais ce n?est pas le cas. Le comportement des opposants est de nature à tuer les énergies et à brider les initiatives des investisseurs. Il peut saper des projets susceptibles de créer de la richesse pour le pays.

Personne ne demande à l?opposition de contribuer à l?essor économique du pays. Ce n?est pas son rôle. Mais son attitude antiéconomique n?est pas dans l?ordre des choses non plus. Les investisseurs risquent de se décourager par ce chiffon rouge qu?elle brandit quand une idée valable est en gestation.

Dans le cas du bail alloué au groupe IBL, l?opposition n?a pu établir aucune transgression des règles ni des principes d?équité. De même, les arguments invoqués par les défenseurs de l?environnement vont à l?encontre du simple bon sens. On ne voit pas pour quelles raisons un hôtelier laissera se dégrader l?environnement dans lequel il opère. La durabilité de son entreprise est un souci majeur pour lui.

Le plus grave, c?est que ce n?est pas seulement dans l?opposition que les travaillistes attrapent le virus qui donne envie de combattre le grand capital. Quand il était aux affaires, Navin Ramgoolam avait tendance à adopter la même posture avec, pour résultat, un bilan catastrophique en termes de création d?entreprises. L?idée force de la politique que mène le leader du PTr semble se limiter à un acharnement contre les détenteurs de capitaux.

Il y a des oppositions non moins réductrices de la part de certains activistes à la loi sur les OGM. Cette législation régularise l?entrée de semences et graines génétiquement modifiées, contrôle l?utilisation des OGM et impose le respect rigoureux du principe de précaution. Les écologistes n?ont pu démontrer que les OGM posaient un risque pour la santé; ses défenseurs n?ont pas établi son innocuité. Ce terrain reste à défricher. Au niveau mondial, cette technologie peut lutter contre la faim. À Maurice, le rêve de faire de l?agriculture non-sucre une industrie exportatrice paraît enfin réalisable.

Les écologistes devraient s?occuper des discours de régression qui polluent le débat politique.

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