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Opportunités
L?agitation de nos dirigeants syndicaux n?a rien de commun avec l?effervescence qu?occasionnent les grands sommets de l?Organisation mondiale du commerce (OMC) à l?étranger. Toutefois, la virulence du langage utilisé ces derniers jours à l?égard de Supachai Panitchpakdi, invité d?honneur aux célébrations de la fête nationale, est hors de propos.
On peut contester le principe du libéralisme mais il est absurde de critiquer une organisation qui vise précisément à réguler la mondialisation. Il faut se rendre à l?évidence que l?ouverture des marchés est un phénomène irréversible. Qu?on le veuille ou pas, un marché mondial est en train de se constituer. Autant souhaiter que cela se fasse sous la surveillance d?un régulateur, surtout si celui-ci peut offrir une plate-forme aux petits Etats.
L?OMC garantit la pleine participation de tous les Etats membres. Les négociations multilatérales sur la libéralisation du commerce mondial, entamées à Doha, sont bloquées depuis Cancun justement grâce à une alliance entre les pays en voie de développement, dont Maurice. Face à cette solidarité, le bloc des pays industrialisés n?a pu faire prévaloir sa volonté de subventionner ses agriculteurs.
Il faut penser aux moyens de tirer parti des opportunités qu?offre la mondialisation plutôt que de se battre, tel Don Quichotte, contre une prétendue menace. Soyons pragmatiques et cessons de gaspiller nos énergies dans des diatribes anti-libéralisme. Cherchons les avantages de la mondialisation, tels que les capitaux fluides. Les petits pays ne seront pas happés par l?ogre de la mondialisation.
La présence sur notre sol de Supachai Panitchpakdi et les rencontres qu?il aura avec les dirigeants des secteurs public et privé, permettront à l?OMC d?avoir une meilleure compréhension des économies vulnérables des petits Etats insulaires. Grâce à cette visite, Maurice peut espérer obtenir un soutien de poids pour sa demande en faveur d?un traitement différencié.
Le côté sommaire des messages véhiculés par nos dirigeants syndicaux ressemble beaucoup aux thèmes de campagne des papes du capitalisme aux Etats-Unis. Les deux candidats à la présidence exploitent à fond les angoisses des travailleurs à propos de la mondialisation en fustigeant les entreprises américaines qui délocalisent des jobs en Inde. ?L?Occident devrait concourir et non gémir?, écrivait le ?Times of india? en éditorial le 17 février dernier en rappelant combien les délocalisations des services informatiques profitent en effet aux pays en développement.
Il n?y a pas que les pays capitalistes qui prônent le libéralisme. Le groupe de Cairns qui inclut la Thaïlande ? pays dont est originaire Supachai Panitchpakdi ? est résolument en faveur de l?accès libre aux marchés. Par conséquent, il s?oppose aux accords sucriers du type Cotonou.
Certaines voix se sont élevées à Maurice pour faire croire à des citoyens désorientés que la mondialisation entraînera forcément la privatisation des services publics. Il n?y a évidemment aucun rapport entre l?ouverture des marchés à l?échelle internationale et une quelconque perte de souveraineté nationale. Le flux des investissements étrangers sera facilité, mais cela n?implique nullement que l?Etat sera contraint d?adopter des lois pour ouvrir l?actionnariat des compagnies publiques aux privés.
Les pays qui se contentent de slogans archaïques contre le capitalisme, alors qu?un nouvel ordre mondial se met en place, risquent fort d?être laissés sur la touche.
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