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La femme subordonnée au nom de Dieu ?
L?HOMME commet le pire des crimes au nom de Dieu. Cela se vérifie une fois de plus dans le traitement réservé à la femme dans une société codifiée par la religion des hommes.
Les trois grandes religions pratiquées à Maurice réservent une place d?honneur à la femme, celle d?égale de l?homme. Dans l?hindouisme, elle est même supérieure à lui. Mais le dogme, la mauvaise interprétation des Ecrits et la bigoterie ont sévi. Et la religion est devenue un instrument pour justifier et perpétuer la discrimination à l?égard des femmes.
C?est de cette dégradation qu?a voulu débattre le mouvement SOS Femmes, samedi, à l?hôtel Gold Crest. Une manière d?élargir le débat sur le sort de la femme à l?occasion de la célébration, aujourd?hui, de la Journée internationale de la Femme.
Trois intervenants ont été sollicités pour animer le débat. Le pandit Yudhistheer Mundodh a parlé de l?hindouisme, le père George Chung du christianisme et Me Raouf Jaddoo de l?islam. Gilbert Ahnee, rédacteur en chef de Le Mauricien, a présidé les débats.
L?hindouisme confère à la femme un rôle noble, celui de mentor. C?est elle qui est garante du dharma, la vertu. Dès sa conception, elle façonne le caractère de l?enfant. Pour cette raison, l?hindouisme a toujours prôné que la femme soit instruite et cultivée. Et il fut un temps où les femmes étaient de véritables érudites. Mais la bigoterie les a vaincues, explique le pandit Munbodh.
La femme est, en outre, assimilée à Brahma, le créateur. Elle symbolise la prospérité, la connaissance et la sagesse. Elle est le partenaire égal de l?homme dans l?observation et la préservation de la vertu et dans l?avancement matériel et spirituel.
Anecdote erronée
Ces prescriptions védiques ne sont pas très perceptibles dans la réalité, a fait ressortir l?assistance. Le pandit Munbodh estime toutefois que la situation n?est pas catastrophique et qu?il appartient à la femme de revendiquer la place qui lui revient.
Le père George Chung a, lui, invité à une lecture critique de la Bible, prônant une certaine distance dans la lecture et l?interprétation des Ecrits. D?abord parce que la Bible est un texte inspiré : il s?agit d?une interprétation des émotions des auteurs. De plus, la Bible ayant codifié une société vieille de plusieurs milliers d?années, elle ne peut être interprétée comme un texte contemporain.
Le risque de mal l?interpréter s?avère trop grand si l?on ne prend pas ces aspects en considération. Un risque qui est d?ailleurs augmenté par la traduction de la Bible en anglais et en français. Par exemple, la Genèse (chapitre 1 : 3) ne dit nulle part que Dieu créa l?homme en premier. Elle dit que Dieu créa Adam, c?est-à-dire, l?humanité, qui au départ n?a pas de sexe. L?anecdote de la création d?Eve à partir d?une côte d?Adam, utilisée pour justifier l?infériorité de la femme, est erronée. C?est en réalité d?un côté, à comprendre d?une moitié, d?Adam qu?Eve fut créée.
Le père Chung en déduit donc que c?était très probablement les règles, et non la théologie, qui ont motivé l?exclusion de la femme. L?homme avait peur du sang qui apparaissait sans blessures apparentes.
La situation a évolué depuis. Mais dans le fond, bien des choses sont restées les mêmes. Le clergé catholique reste exclusivement masculin alors que l?assemblée est majoritairement féminine. La mixité existe chez les protestants et les Juifs uniquement. ?On prétend que la femme ne peut être ordonnée prêtre parce que la Bible ne dit rien à ce sujet. Mais la Bible ne fait aucune mention de la télévision non plus. On ne s?en prive pas pour autant ! Moi je pense qu?il est possible d?enrichir la notion de la prêtrise en puisant dans la sensibilité?, soutient le père Chung.
Protections claires et nettes
Me Jaddoo a, pour sa part, exposé la modernité de l?islam et le traitement avant-gardiste que cette religion réserve à la femme. Comme la Bible, le Coran est venu à un moment où la femme n?avait pas de droits. L?islam est venu avec des protections claires et nettes des droits et de la dignité de la femme.
Le devoir de soumission est néanmoins imposé. L?origine de cette provision est avant tout économique : à l?époque, la femme était entièrement dépendante de l?homme. Cela n?est plus le cas à présent. Les clauses qui se fondent sur ce principe sont donc dépassées, souligne Me Jaddoo. ?Toutes les religions prônent la soumission de la femme à l?homme. Par amour, pas pour faire valoir une quelconque supériorité de l?homme.?
L?islam est, par ailleurs, très avant-gardiste sur la question du divorce : il va jusqu?à prévoir le divorce par consentement mutuel, chose que les lois mauriciennes doivent encore garantir. La religion rend la jouissance de cette liberté conditionnelle au respect de certaines obligations strictes. Il en va de même pour la polygamie.
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