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Habillement : les pertes d?emplois ralentissent
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Habillement : les pertes d?emplois ralentissent
LE PIRE serait-il derrière nous concernant les difficultés de l?industrie du textile-habillement ? Peut-être, à en croire l?analyse du gouvernement sur la question. Les autorités se sont effectivement penchées sur la situation du secteur à la fin de la semaine dernière. Elles prévoient certes encore d?autres fermetures et des licenciements, mais ce qui les réconforte c?est que le rythme des pertes d?emplois devrait connaître un ralentissement. La grande inconnue demeure toutefois la stratégie des enterprises hongkongaises implantées à Maurice.
Selon les derniers chiffres disponibles pour 2003 il y a eu, l?année dernière, 13 000 pertes d?emplois contre 4 000 créations. Au total donc il y a eu une perte nette de 9 000 emplois. Les fermetures d?usine ont mis 7 000 travailleurs sur le pavé. Le gros de ces licenciements, soit 5 000 en tout, a été effectués dans les enterprises hongkongaises, Summit Knitwear et Leisure Garments, notamment. En comparaison, les enterprises mauriciennes ayant fermé leurs portes ont occasionné 2 000 pertes d?emplois.
Par ailleurs, le dégraissage dans les entreprises de textile-habillement toujours en activité a causé 6 000 pertes d?emplois. La création de 4 000 nouveaux emplois evoqué plus haut est essentiellement attributable au recrutement des enterprises en expansion. ?Avec la perte de 9 000 emplois en 2003, je pense que le plus dur est passé. Il est clair que l?année dernière a été un tournant. Jamais le textile n?a connu un tel nombre de pertes d?emplois. Il y a une restructuration en profondeur qui s?opère?, commente le ministre de l?Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram.
Sur la base des informations dont il dispose, le gouvernement est quelque peu plus optimiste pour 2004. Les indications sur les difficultés de certaines enterprises montrent qu?on doit s?attendre à d?autres licenciements cette année. Mais les autorités estiment que les pertes d?emplois seront nettement moindres que l?année dernière. Elles prévoient quelque 5 000 pertes nettes dans le textile-habillement cette année contre 9 000 en 2003.
?Nous devrions entrer dans une phase de stabilisation en termes de production et d?emplois à partir de l?année prochaine. Nous aurons alors un noyau textile-habillement plus solide?, soutient Sushil Khushiram.
Néanmoins, l?aspect le plus préoccupant dans la conjoncture est l?indication de plus en plus claire que les enterprises hongkongaises sont déja sur le quai de départ. Après les fermetures de Summit Knitwear et de Leisure Garments, l?année dernière, d?autres devraient partir cette année aussi. Cette perspective se confirme par le fait que les volumes d?exportation des enterprises hongkongaises sont en baisse graduelle et constante, indiquant un ?phasing out? de leurs activités à Maurice.
Les autorités avaient espéré que les enterprises hongkongaises attendraient une éventuelle dérogation concernant le ?third country fabric? qui leur aurait donné un avantage de 18 % sur le marché américain. Mais il apparaît que les enterprises hongkongaises ont dépassé cette considération et qu?elles ont déja fait le choix stratégique de s?implanter en Chine et en Asie qui sont considéreés comme ?l?environnement naturel? de l?industrie textile et de la confection.
Outre l?impact négatif sur l?emploi, le départ des Hongkongais sera aussi dommageable pour la reconnaissance de Maurice comme centre de textile. Il est un fait que ce sont surtout les enterprises hongkongaises qui ont contribué à mettre Maurice sur la carte des acheteurs américains. D?autre part, selon l?analyse du gouvernement, deux filières du textile-habillement connaissent des difficultes particulières; il s?agit du pantalon et du pull. Les exportateurs de jeans sur le marché américain subissent une baisse des prix à cause d?un surplus d?offre des compétiteurs exacerbé par la faiblesse du dollar.
Quant au pull-over, on savait déja que sa confection à Maurice est de plus en plus remise en cause en raison de la hausse des coûts de production et notamment de la main-d?oeuvre. Or le pull est le produit qui requiert la plus forte densité de main-d?oeuvre. S?il ne faut que huit minutes pour produire un T-shirt, il en faut 100 pour produire un pull.
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