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Autrement capables dites-vous ? En tout cas ils montrent la voie !

21 février 2004, 20:00

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Madhvee Subramanien : « Je souhaiterais me spécialiser dans la communication. »

«Quand Madhvee est née, son père et moi étions très affectés par sa malformation à la main droite. Nous ne pouvions pas nous empêcher de nous poser des questions sur son avenir vu qu?elle n?allait visiblement pas pouvoir tenir un crayon ! Nous avons aidé notre fille à accepter sa situation et à se réadapter. Aujourd?hui nous avons toutes les raisons d?être fiers d?elle », raconte Anita Subramanien, la mère de Madhvee.

Celle-ci vient en effet de décrocher on HSC au SSS Gaëtan Raynal de Belle-Rose avec d?excellents résultats. « Notre satisfaction est d?autant plus grande qu?elle a fait preuve de beaucoup de détermination quand elle était petite pour apprendre à tenir un crayon, à tracer des signes, puis des lettres et des chiffres », assure sa mère, opératrice à Mauritius Telecom. Son père Rajoo est Higher Executive Officer au SSS Dr Maurice Curé.

À l?école publique Tiwari Ramsoonder à Solférino où Madhvee avait été admise, elle était souvent la première de sa classe tout en excellant en athlétisme. Sa performance scolaire allait lui valoir de se classer 827e au CPE.

Un succès dédié à ses proches parents et amis

Elle est alors admise au SSS Gaëtan Raynal et continue à bien faire : elle obtient 8 unités aux examens du SC. Avec d?aussi bons résultats, elle aurait pu choisir une Star School pour faire la Form VI mais elle décide de rester à Belle-Rose où elle choisit la littérature anglaise, le français et l?hindi avec les résultats que l?on sait.

Son succès, elle le doit et le dédie à ses parents et amis qui, dit-elle, ont toujours été là pour l?aider.

Et maintenant que va-t-elle faire ? « J?adore le secteur de la communication dans lequel j?aimerais me spécialiser, mais pour cela il faudrait que j?obtienne une bourse de soutien du gouvernement pour étudier à l?étranger. Faute de quoi, j?irai à l?université de Maurice avec l?espoir de décrocher un BA en anglais », espère Madhvee.

Elle trouve que la réforme de l?éducation a autant de bons côtés que de mauvais. « éliminer la compétition est à la fois une bonne et une mauvaise décision. D?un côté, elle allège le fardeau des enfants et de l?autre, elle diminue le niveau d?éducation. C?est grâce à la compétition que je suis arrivée là, car s?il n?y en avait pas, on manquerait de motivation et cela ne peut pas être une bonne chose. »

En attendant, elle dévore deux livres par jour ? actuellement les ouvrages de Danielle Steele et de Sydney Sheldon ? et regarde les séries télévisées !

Kanishka Aubeelak : « J?ai refusé tout avantage proposé, même du temps supplémentaire. »

Depuis l?âge de quatre ans, un accident de voiture contraint Kanishka à se déplacer en fauteuil roulant. Cela a bouleversé les plans de la famille Aubeelak, qui avait de gros projets pour leur fils. Depuis, ses parents le gâtent en se demandant chaque jour s?ils ne sont pas en train de commettre une erreur. « Avant, nous étions toujours à le cajoler, à lui offrir tout ce qu?il demandait. Et puis nous nous sommes dits que ce n?était peut-être pas une bonne idée car comme tous les enfants dans ce cas, il risquait de grandir et de développer une certaine dépendance qui pouvait entraver son développement intellectuel. Mais Kanishka a montré beaucoup de courage dans les épreuves. Aujourd?hui, nous partageons son bonheur d?être classé 15e aux examens de la HSC ! », se réjouit son père Varma.

C?est au collège Lorette à Vacoas que Kanishka fait ses études primaires et décroche la 81e place au CPE. Un rang qui le propulse au collège Royal de Curepipe. « Mes amis ont toujours tout fait pour que j?oublie mon handicap et que je me sente parfaitement intégré à la vie de l?école. Je n?ai pas eu de problèmes sur ce plan. » Même aux examens, j?avais refusé que l?on m?accorde un temps supplémentaire par rapport aux autres », souligne Kanishka.

Doué pour les mathématiques

Alors que d?autres redoutent les mathématiques, Kanishka en fait une passion. « Je n?étais pas très doué pour les langues, mais il a bien fallu ensuite rectifier le tir. » Il choisit donc les mathématiques, l?économie, la comptabilité et le français. Si seulement les labos étaient placés au rez-de-chaussée, il aurait peut-être choisi une autre filière. L?accessibilité pour les élèves handicapés est encore un défi à relever pour le ministère de l?éducation. Aux jeunes qui se désespèrent à cause de leur handicap, Kanishka leur répond : « Nous sommes différents physiquement et c?est tout. Car il n?y a que le travail qui compte. » Le jeune homme souhaite poursuivre des études d?anglais et d?économie en Australie dans le but de décrocher un emploi dans le secteur financier.

Concernant la décision du Privy Council dans le primaire, Kanishka trouve que c?est juste. « Puisque le gouvernement subventionne l?éducation, c?est logique que le critère religieux ne soit pas pris en compte pour les admissions. Et puis, je crois qu?il faut plutôt travailler sur un système où l?on inculque le goût d?apprendre aux enfants. »

Quand il n?est pas devant son ordinateur, il regarde les infos et a terminé en deux jours le dernier livre d?Harry Potter.

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