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Les arts martiaux à fleur de peau
«Surtout ne me faites pas parler de moi et encore moins de mon métier ! », prévient-il au début même de notre rencontre. En effet, autant il peut passer des heures à vous parler de tout ce qui touche au karaté, à l?aïkido, au kobudo, au judo et au tai chi chuan, autant il s?enferme dans un mutisme impénétrable quand on lui demande « Qui est Harold Patient ? » et encore plus si on lui pose la moindre question sur sa profession. Ce que l?on sait, c?est que jeune policier, il a fait le tour de différentes unités de la police pour mieux connaître les ficelles du métier jusqu?à ce qu?il participe à une audition pour repérer les éventuelles recrues d?une unité qui s?appelle aujourd?hui la Very Important Personalities Security Unit (VIPSU). Les visites du pape, de François Mitterrand et de Nelson Mandela sont celles dont il garde les meilleurs souvenirs.
Aider au développement du corps et de l?esprit
On n?en saura pas plus. « Pourquoi voulez-vous insister sur mon métier et non sur ces nombreux jeunes qui pratiquent les arts martiaux. Ce sont autant de citoyens que l?on préserve de l?univers de la drogue. Ils se préparent physiquement et moralement à affronter ce monde bourré de violences », dit-il. Assez pour nous faire comprendre qu?il ne sert à rien d?insister.
Marié et père de deux enfants, Jim et Jennifer, Harold Patient a entraîné tout son monde dans celui des arts martiaux. Alors que son épouse trouve son bonheur dans l?aérobic, ses deux enfants ont suivi ses traces et sous sa tutelle, gravissent peu à peu les échelons dans ce domaine.
Avant de posséder sa propre école et de partager ses connaissances aux jeunes, notamment à St-Michel, Trianon et à Quatre-Bornes, Harold Patient se souvient de ces moments difficiles où il devait enseigner les arts martiaux dans les salles d??uvres des églises, les entrepôts des magasins, sur les ponts, les plages avant de décider de s?endetter pour monter sa propre école, l?école d?arts martiaux de l?Est*.
À force de sacrifices, il a aujourd?hui un dojo (NdlR : salle où se pratiquent les arts martiaux) digne de ce nom et bénéficie de la confiance d?au moins 150 élèves et de leurs parents. « Outre les arts martiaux, nous enseignons aux élèves, le respect de soi et des autres, de l?environnement, et aussi la discipline. On leur apprend même les manières et la façon de se comporter en société. La discipline et la maîtrise de soi sont les éléments clés de toute réussite ! », dit-il. Aujourd?hui, notre interlocuteur se dit fier du fait que beaucoup de ses élèves commencent à se faire un nom dans le domaine. Il cite ici le cas d?Indiren Perianen qui avait représenté Maurice au 12e championnat international de karaté qui s?est tenu en Malaisie, il y a quelques années. Harold Patient souhaite que tous ses élèves puissent un jour suivre ses traces. Beaucoup de souvenirs lui reviennent à l?esprit comme sa participation au 50e séminaire mondial de l?International Martial Arts Federation (IMAF) où il a cotôyé plusieurs grands noms des arts martiaux sur le plan international, dont le fils de celui qu?il considère comme étant l?un des maîtres incontestés de cette discipline, Toshio Sugino, 10e dan de kobudo qui est décédé à l?âge de 90 ans.
30 ans de pratique des arts martiaux
« Je pense que les jeunes devraient s?intéresser davantage aux arts martiaux. Leur pratique aide au bon développement du corps et de l?esprit.En outre, la maîtrise de soi est très importante car avant toute chose, on apprend à être patient, à ne pas vouloir tout avoir tout de suite, à ne pas vouloir devenir quelqu?un mais surtout à apprendre, toujours apprendre. La route dans cette discipline est longue, très longue même. Il faut beaucoup de détermination et de persévérance. J?ai déjà atteint la cinquantaine, je compte une trentaine d?années dans la pratique des arts martiaux et je sais que j?ai encore beaucoup à apprendre », fait-il ressortir. C?est ce qu?il continue de faire en organisant régulièrement des programmes d?échange entre professionnels de la région et d?autres pays étrangers pour que ses disciples comprennent que quelque soit le domaine choisi, on ne finit jamais d?apprendre. Sa plus grande satisfaction aujourd?hui, c?est surtout celle des parents qui lui confient leurs enfants, surtout de très jeunes filles. « Nous essayons de temps en temps d?organiser des rencontres et des séances de démonstration où les parents peuvent se rendre compte d?eux-mêmes de la progression de leurs enfants pour leur permettre de juger notre travail », raconte le sensei (NdlR : professeur d?arts martiaux).
Entre-temps, il travaille dur avec la collaboration de ses assistants et de ses élèves pour que cette « petite école » fondée en 1980 étende son champ d?action. Déjà affiliée à des établissements internationaux tels l?IMAF, l?International Federation of Nippon Budo (INFB), la World Martial Arts Organisation (WMAO) et la Fédération Internationale d?Aïkibudo (FIA), la « petite école » de ce petit village de St- Michel, coincé entre Bel-Air-Rivière-Sèche et Ernest-Florent, ne compte pas s?arrêter en si bon chemin. « Je dois rendre hommage à tous mes anciens élèves qui sont toujours à mes côtés et qui m?aident encore dans ma tâche. »
*St Michel, Bel-Air, Rivière Sèche. Tél.: 419.47.32 E-mail : [email protected]
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