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Ramgoolam prépare le terrain

21 février 2004, 20:00

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De retour de l?Inde, où il se félicite d?avoir reçu un accueil digne d?un chef d?Etat, Navin Ramgoolam accentue sa présence sur la scène politique. Le leader de l?opposition a « l?embarras du choix» devant une actualité riche et chaude: divergences au gouvernement sur la réforme électorale, litige dans l?Education, hausse des prix, accusation de harcèlement à la MBC.

A Plaine-Verte vendredi et à sa conférence de presse d?hier, Navin Ramgoolam a récupéré ces sujets pour démontrer que c?est le Parti travailliste « qui incarne le mieux l?unité, la stabilité et le consensus ».

« Nous sommes au bord de l?explosion sociale. Le climat est malsain, le communalisme plus fort que jamais. » Sur l?Education, il martèle que le gouvernement a tout faux et que « tout est à refaire ». Sur l?introduction de la proportionnelle, il clame que la « réforme électorale est devenue une farce électorale ».

Face à ces dossiers sensibles qui prennent de l?ampleur, malgré la farouche volonté du gouvernement de calmer les choses, c?est l?opposition qui a le beau rôle. Elle jubile.

N?ayant pas ces problèmes à solutionner, elle se permet d?acculer les deux partenaires au gouvernement, en se positionnant comme le défenseur de tous les opprimés réunis.

« Tous banne prix pé monté. Chômage en hausse. De l?autre côté, Pravind Jugnauth pé tape Rs 45 millions ek l?Icac pé reste bloqué. »

Face à cette conjoncture, qui ne peut que le favoriser, le PTr, fort de sa victoire au n° 7, se targue d?être devenu « enn joli tifi » que les autres partis « courtisent ».

Les rouges surfent sur la vague de mécontentement du public envers les décisions gouvernementales et font des promesses populaires : «Avec nous prix pas pou monté. Même prix gaz, nou pou baisse li encore. »

Rien... « pour l?instant »

Le PTr est entré dans une logique électorale et souhaite un soulèvement du peuple pour provoquer des élections générales anticipées. Et il n?y va pas de main morte.

Après Rivière-du-Rempart, il s?est lancé vendredi dans une opération séduction auprès de l?électorat de Plaine-Verte. Navin Ramgoolam sait pertinemment bien qu?il y a un flou politique au n° 3, jadis bastion mauve. Les déboires de Cehl Meeah et ceux de Siddick Chady ont chamboulé les donnes et font qu?aujourd?hui, il y a une « crise de symboles », pour reprendre les termes du Dr Abu Kasenally et Reza Issack, qui ambitionnent de combler ce vide.

Ainsi, Navin Ramgoolam a rappelé, au centre Idriss Goomany, qu?il avait nommé Nash Mallam-Hassam à la tête d?Air Mauritius « malgré les critiques reçues à l?époque ». Il a aussi évoqué le cas de la famille Nabeebaccus, « dont le bail sur l?Ile aux Bénitiers n?a pas été renouvelé, alors que d?autres conservent leurs baux ». Ramgoolam, qui critique le « communalisme divisionniste du gouvernement», a savamment ciblé son discours. Avant lui, dans la même démarche, d?autres orateurs ont sévèrement critiqué la politique d?Israël.

Il est clair que Navin Ramgoolam travaille le terrain politique en positionnant son parti comme l?allié incontournable. Vendredi, il déclare : « Si éna élections, nou pou balié tous les deux ensemble. » Samedi, à la presse, il a nuancé ses propos : « Mo fine dire ki nous fine vine enn zoli tifi ek ki banne-là pé courtise nous. » Et de finir par lâcher qu?il n?y a aucune affinité entre les rouges avec le MSM ou le MMM « pour l?instant »... Mais Ramgoolam, patient, optimiste, attend qu?on l?invite à dîner.

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