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Un deuxième transporteur français admis

26 janvier 2004, 20:00

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LE TOURISME figure en première place à l?agenda de la rencontre au sommet entre le gouvernement et le secteur privé, prévu pour ce samedi. Les décideurs se pencheront sur les défis confrontant ce secteur.

L?accès aérien (prix et place) et le marketing sont les deux facteurs qui devraient spécialement retenir l?attention. Les partenaires discuteront d?une série de mesures visant donner au tourisme les moyens de ses ambitions, à savoir celle de s?ériger comme la première industrie du pays.

Tout indique que le deuxième opérateur français ne sera autre que Corsair. Cette compagnie réclame des droits d?atterrissage à Maurice depuis plusieurs années. Le gouvernement a hésité car elle traîne l?image d?une compagnie charter. Ce n?est que récemment, depuis que la France en a fait son deuxième transporteur national, que le lobby de Corsair a pris du poids.

Le gouvernement a déjà pris une décision de principe pour autoriser un deuxième transporteur français à Plaisance. Toutefois, un ministre, irréductible défenseur de l?image exclusive du tourisme mauricien, troublerait l?harmonie. Il s?oppose au choix de l?opérateur, même si concrètement, Maurice ne peut longtemps barrer la route à Corsair qui est parrainé par nul autre que l?Etat français.

Un débat qui reste ouvert

Des observateurs font remarquer que même si le nouveau venu est un opérateur de vol charter, Maurice peut lui imposer un plan régulier. Condor et Air Europe sont déjà soumis à un tel régime. Pour ce qui est de l?impact de ce dénouement sur image exclusive de la destination, le débat est ouvert.

Dans l?ensemble, l?industrie du tourisme devrait se réjouir de cette ouverture du ciel. Après tout, elle s?est toujours plainte de devoir subir le diktat d?Air Mauritius. Le leitmotiv est connu : les avions sont remplis et les billets sont chers, même en basse saison. L?accès aérien est tenu pour être le n?ud gordien de toute stratégie d?expansion touristique.

La capacité d?accueil de notre pays croît rapidement. Le gouvernement poursuit d?ailleurs sa politique d?encourager la construction d?hôtels sur la moindre parcelle du littoral encore exploitable. Des sites à Balaclava, Bel-Ombre, St-Félix et Les Salines ont déjà été réservés aux développeurs.

Cette stratégie répond à un double besoin : générer de l?investissement et consolider l?industrie du tourisme. Encore que, selon certaines analyses, il aurait été possible d?arriver aux même résultats de croissance sans construire le moindre nouvel hôtel.

Après l?accès aérien, le marketing est l?autre domaine nécessitant une intervention pointue. La stratégie de vente demande à être réadaptée aux nouvelles exigences du marché.

Les attentats terroristes, la guerre en Irak, l?épidémie de pneumonie asiatique, mais surtout la mauvaise santé économique de l?Occident, pèsent lourds. Les voyageurs s?habituent peu à peu à vivre dans un environnement moins sécurisant. Mais leur comportement vis-à-vis du voyage a changé. Ils veulent de plus en plus en avoir pour leur argent. La compétition entre les destinations s?en retrouve exacerbée.

Performances mitigées

Maurice a accumulé des performances peu impressionnantes. Les chiffres pour l?année écoulée n?ont pas encore été publiés. Mais les arrivées devraient croître d?environ 3 %. Le taux d?occupation devrait, lui, tourner autour d?une moyenne de 63 % pour l?année.

On aurait pu se consoler de cette performance si, à côté, des destinations concurrentes ne faisaient pas meilleures figure. Les Maldives, par exemple, ont réalisé 18 % de croissance.

Du coup, on est tenté de croire aux analyses des hôteliers qui disent que la capacité d?accueil de l?industrie est en train d?être augmentée à leurs dépens. Cette année encore, au moins trois nouveaux hôtels entrent en opération, deux à Bel-Ombre et un à Wolmar. Ils devraient ajouter environ 400 chambres au parc hôtelier, qui en compte déjà plus de 9 400. Le marketing traîne le pas, disent-ils.

Stratégie

La créativité de la MTPA

  • Il faudrait au minimum une croissance de 10 % dans les arrivées pour remplir ces hôtels à hauteur de 70 %. C?est cet objectif de croissance que s?est fixé la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA) en ce début d?année. Elle est confiante de l?atteindre, d?autant que l?industrie mondiale du voyage tend vers une reprise.

La MTPA a conçu sa stratégie de vente autour de quelques points centraux : vaste campagne médiatique à travers la presse spécialisée européenne, le marketing direct à travers la participation dans une bonne vingtaine de foires durant les premiers six mois de l?année, de l?événementiel et la formation des voyagistes européens par rapport au produit. La MTPA propose également de revoir l?offre d?hiver. L?industrie juge ce plan de marketing assez sévèrement. ?Pas assez créatif?, disent certains. Ils auraient mieux apprécié des objectifs concrets, taillés sur mesure pour chaque marché.

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