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L?Inde à la recherche d?une stabilité durable

25 janvier 2004, 20:00

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L?Inde qui fête aujourd?hui son 55e Republic Day, s?apprête à vivre une année charnière : élections générales, dialogue de paix avec le Pakistan, croissance robuste et durable en perspective.

?L?Inde ne veut pas être reconnue uniquement comme un pays en conflit avec son voisin?, disait récemment le Premier ministre indien, Atal Bihari Vajpayee. C?est dire la nette volonté des dirigeants de l?Inde de se tourner résolument vers l?avenir et de mettre un terme à ses relations tumultueuses avec son voisin, le Pakistan.

La plus grande démocratie du monde sera en action cette année avec des législatives prématurées. Atal Bihari Vajpayee entend bien retourner à l?électorat avec un bilan positif. La croissance économique sera de 6,6 % et l?on devrait s?attendre à un flux grandissant d?investissements étrangers. La poursuite de la libéralisation du commerce et la reprise de l?économie mondiale devraient permettre aux entreprises indiennes d?accroître leurs parts de marché à l?exportation.

L?Inde rurale, principal fonds de votes du parti dirigeant, le Bharati Janata Party (BJP), notamment dans le Nord, n?est pas en reste. La mousson aura été très bénéfique à l?agriculture.

Malgré ses nombreuses fragilités structurelles, l?Inde a de sérieux atouts pour devenir un des principaux powerhouses de la croissance mondiale aux dires des spécialistes. Peter Drucker, le père du management moderne, prévoit lui une perspective d?évolution fort intéressante de l?économie indienne.

Dans un récent exposé, il affirme sans ambages que l?Inde dépassera la Chine dans la course économique, malgré les longueurs d?avance de cette dernière. La base scientifique et technologique de la Grande péninsule fera la différence à terme. Les universités indiennes continueront à produire des cadres techniques susceptibles d?assurer une croissance durable des industries à forte intensité technologique. Même si la Chine attire douze fois plus d?investissements étrangers que l?Inde, sa relative faible proportion de personnes éduquées sera un énorme handicap à l?avenir.

Peter Drucker fait aussi référence à un certain entrepreneurial advantage de l?Inde par rapport à son voisin avec des entreprises de renom international telles qu?Infosys et Tata. Malgré son poids croissant dans l?économie mondiale, la Chine n?a toujours pas produit d?enseignes de calibre mondial.

Quelques signes du scénario Drucker sont déjà là. Bangalore compte aujourd?hui plus d?ingénieurs informatiques que Silicon Valley. Dans l?immédiat, l?Inde informatique devra aussi profiter de la reprise des investissements IT des entreprises européennes et américaines. Les observateurs s?attendent, d?autre part, à une nette progression des activités de sous-traitance type BPO (business process outsourcing) vers ce pays.

Les compétences sont en abondance pour traiter les opérations les plus complexes en offshore. On évoque volontiers les BPO financières, mais il est aussi vrai que les multinationales envisagent même de délocaliser leurs activités de recherche et de développement vers les laboratoires indiens.

D?énormes opportunités pour 2004, mais aussi de sérieux problèmes à l?horizon. Les réformes économiques en attente risquent de souffrir à l?approche du scrutin. Par ailleurs, qui dit élections en Inde dit violence. Surtout si le BJP sort son discours nationaliste hindou quelque peu mis en veilleuse ces dernières années. La montée de l?intégrisme musulman dans certains endroits et les relations indo-pakistanaises sont également de potentielles sources d?instabilité.

Beaucoup dépendra de la reprise des négociations avec le Pakistan. Le gouvernement indien joue sur la corde raide. Il lui faut débloquer la situation tout en restant ferme vis-à-vis du frère ennemi sur la question du Cachemire.

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