Publicité
Le braille ouvre les portes du savoir
Par
Partager cet article
Le braille ouvre les portes du savoir
Certains ont déjà jeté l?éponge, s?enferment dans leur cécité et propagent dans leur entourage l?ombre de leur abattement. D?autres se sont fait une raison et se préparent à relever le défi, celui de se frayer un chemin vers l?intégration sociale, malgré leur handicap. Refusant aussi de se faire prendre en pitié.
Rassen Dorasami est de ceux-là. « Je sais que le braille va me permettre d?avoir plus tard un débouché »,assure ce quadragénaire, qui effleure du bout de ses doigts encore hésitants les points en relief sur la page de son livre en braille. Il est assis là, sagement, au pupitre de sa classe de braille, s?échinant depuis déjà une semaine à décoder les six points magiques de cette écriture qui permet aux aveugles d?accéder au savoir.
Aveugles sur le tard
À quelques pas de Rassen, David, 17 ans, « lit » une histoire dans son livre en braille. « Je voudrais reprendre mes études pour devenir moniteur de DJ. » David et Rassen arrivent au braille tard car ils n?ont pas toujours été aveugles. Ils savaient tous deux déjà lire de façon conventionnelle. « En fait, on leur apprend ici à changer de mode de lecture et d?écriture », explique Sheila Sitaram, responsable de la toute première école de braille nouvellement créée, une initiative de l?association Lizié dan la main ? l?union des aveugles de l?île Maurice.
Cette école, qui fonctionne dans une salle aménagée dans leur centre polyvalent de Forest-Side de 9 à 15 heures en semaine, compte pour l?instant une dizaine d?élèves.
Derrière Raseen, la petite Ourvashi, dix ans, enfonce rigoureusement les énormes touches de sa machine à écrire le braille. Elle a dû cesser ces études en Std IV à la suite de problèmes visuels. « Dès qu?elle aura maîtrisé le braille, elle pourra reprendre ses études », ajoute Sheila Sitaram.
Le braille est un tremplin qui permet aux aveugles de poursuivre normalement leurs activités éducatives et sociales. « C?est l?introduction de l?informatique chez nous qui a poussé à la création de cette école, car un aveugle ne peut y avoir accès sans passer par le braille », explique le président de l?association, Reynolds Permal.
Depuis quelque temps déjà, le centre possède un ordinateur adapté aux besoins des aveugles. Cet appareil est doté d?un synthétiseur de voix, d?un afficheur de braille et d?un transcripteur. Ce dernier permet la conversion de l?écriture conventionnelle en braille et vice-versa. « C?est ainsi que nous arrivons à transcrire les manuels scolaires et les livres en braille pour les non-voyants », ajoute Sheila Sitaram.
Pour Reynolds Permal, il n?y a pas de doute : « L?informatique ouvre des avenues insoupçonnées aux aveugles. »
Lizié dan la main
L?association Lizié dan la main a été créée en 1981, après une série de concerts à travers l?île donnés par un groupe de musiciens mal-voyants, sous la houlette de Reynolds Permal, aujourd?hui président de l?association.
« Nous voulions passer un message d?amour et non de pitié », explique le président. « On se réunissait sous les arbres ou chez l?un des membres. » En 1989, la paroisse St-Jean, à Quatre-Bornes, met une partie de sa salle d??uvres à leur disposition pour leurs activités. En 1985, une première unité scolaire pour l?intégration des aveugles est ouverte dans l?enceinte de l?école du gouvernement de Moka.
« L?intégration des handicapés dans la société est un droit fondamental de l?homme et non une faveur », ajoute Reynolds Permal. En mai 2000, grâce à l?aide de bénévoles et des autorités, l?association ouvre son centre polyvalent à Forest-Side.
« L?éducation chez nous est une priorité. » Outre l?éducation, Lizié dan la main ?uvre dans les domaines médical, pré-professionnel, sportif, musical et, maintenant, informatique. L?association est affiliée à diverses organisations nationales et internationales.
Publicité
Publicité
Les plus récents