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L?enjeu de l?entrepreneuriat

24 janvier 2004, 20:00

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À un moment où on évoque l?importance des taxis marrons et où le ministre Lesjongard assure qu?il faut une nouvelle stratégie pour les PME sur fond d?un ambitieux projet de démocratisation, il est intéressant de constater que les mesures incitatives sont toujours jugées insuffisantes par ces jeunes qui veulent se lancer dans l?entrepreneuriat alors que le taux de chômage ne cesse de grossir. En théorie et dans les discours pourtant, on n?arrête pas de promouvoir le concept des PME. Or, ceux qui tentent de créer leurs entreprises sont vite découragés par l?absence d?un réel soutien financier.

Cette question de financement demeure, à ce jour, le principal problème. Il n?est pas question ici de prise en charge mais de soutien. Or, celui-ci existe avec trop de conditions contraignantes qui lui sont associées. Dans les années 80 et 90, une floraison de petits business s?est développée. On a encensé durant cette période l?esprit de débrouillardise des Mauriciens. Mais ce sont des services et des produits qu?on juge aujourd?hui, dans une grande mesure, inadaptés au nouveau contexte socioéconomique. Les chauffeurs de taxis marrons et les ambulants, entre autres, en paient le prix désormais. Il reste, dans ce contexte, à réellement travailler sur des formules de soutien financier qui assurent l?arrivée de nouveaux entrepreneurs sur le marché. Cela servira à démontrer une authentique volonté de démocratisation du monde des affaires. Il permettra également de combattre le chômage.

Il ne sert à rien aujourd?hui de dire qu?il y a de « faux chômeurs ». Ce phénomène est connu : on est plus attiré par les activités de service que par l?industrie. S?il est vrai que les bas salaires dans le secteur des services peuvent répondre à la problématique du chômage, il est encore plus vrai que les investissements consentis dans le secteur des nouvelles technologies ne se traduiront pas, dans le court terme, en une baisse significative du nombre des chômeurs.

L?État serait-il prêt, dans cette conjoncture, à envisager de nouvelles options ? Comme celle qui consisterait à légaliser le petit travail au noir ou à favoriser le concept de travail à temps partiel ou encore à une prise en charge des chômeurs de longue durée, soient tous ceux qui irrésistiblement basculeront dans la marginalisation et la désocialisation. Le gouvernement serait-il aussi prêt à démontrer sa foi dans les hommes en investissant en eux ? C?est la question que se posent tous ceux qui constatent, impuissants, des investissements massifs dans des employés et dans des infrastructures qui n?ont que la fonction d?apaiser les revendications à caractère socio-ethniques. De manière plus concrète, il s?agit également d?éliminer les désagréments administratifs qui finissent parfois par étouffer les ardeurs plus prononcées. On nous assure que l?économie se modernise. Dans les structures peut-être. Mais elle est loin de prendre en compte ces jeunes qui aspirent à l?entrepreneuriat. C?est ce pari qu?il importe de réussir. Encore faut-il que l?État écoute ceux qui sont sensibles aux nouveaux secteurs.

L?orientation économique du pays a toujours été décidée sans l?opinion publique. Aujourd?hui, on n?arrête pas de rechercher l?avis du Fonds monétaire international ou de la Banque mondiale pour savoir si les choix sont appropriés. S?il est vrai que leur expertise doit être prise en compte, il faut se dire que nos concitoyens ne se sentiront pas partie prenante d?un processus de développement économique où ils se sentent mis à l?écart. Il reste encore des pistes à explorer. Mais l?argent ira toujours vers ceux qui en possèdent déjà si on ne modifie pas le fonctionnement de l?économie. Pour être direct : à quand ces mesures incitatives qui encourageront réellement les jeunes à faire le saut vers l?entrepreneuriat ?

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