Publicité
Les producteurs locaux affichent leurs ambitions
Par
Partager cet article
Les producteurs locaux affichent leurs ambitions
<B>LE LABEL</B> ?Made in Mauritius? s?affiche désormais sans complexes sur les rayons des boutiques et des grandes surfaces, et cela, grâce à l?Association of Mauritius Manufacturers (AMM). Entre les couches pour bébé et les bateaux en fibre de verre en passant par les détergents, fers de construction, produits pharmaceutiques, produits laitiers, peintures, eau de table ou produits de beauté manufacturés sous licence, les clients ont de quoi se satisfaire.
Les produits locaux n?ont pourtant pas toujours eu la cote auprès des consommateurs mauriciens qui, longtemps persuadés de la supériorité des produits importés, snobaient le ?local?. Ce réflexe, fait d?ailleurs observer Ikbal Joonas, président de l?AMM, existe encore chez quelques rares consommateurs? sans oublier certains commerçants qui n?hésitent pas à justifier les prix de certains produits par leur origine, suggérant par là même que le produit importé est supérieur en termes de qualité, au local.
Précisons que pour être considéré comme mauricien, un produit doit être entièrement fabriqué à Maurice ou bien fabriqué à partir de matières premières importées à condition que la création de la valeur ajoutée dépasse 35 %.?Acheter ce qui est produit localement, c?est soutenir l?industrie locale, explique Ikbal Joonas. Ce faisant, on aide à protéger et à sauvegarder l?emploi et on aide l?économie nationale. Imaginons simplement que 52 500 personnes gagnent leur vie dans l?industrie locale hors zone franche. Notre campagne n?est pas commerciale. Nous voulons que le consommateur comprenne que le simple geste d?acheter un produit mauricien est une démonstration d?une démarche patriotique et de solidarité envers son concitoyen travaillant dans l?industrie locale...?
Démarche patriotique ? L?industrie locale se trouve en effet de plus en plus vulnérable et fragilisée face aux pressions et menaces de la libéralisation des marchés, de la mondialisation et de l?intégration régionale, après avoir bénéficié, pendant plus d?un quart de siècle, des barrières douanières protectrices. Les animateurs de l?AMM projettent donc de solliciter les autorités politiques pour une attention particulière sur leur sort dans ces moments difficiles. Ils soutiennent que, par rapport aux autres industries ? tourisme, textile, sucre ? le secteur manufacturier n?a jamais bénéficié de traitement préférentiel. A noter que l?industrie manufacturière non zone franche, a réalisé un chiffre d?affaires d?environ Rs 37 milliards au cours de la dernière année financière, soit un peu plus de 10 % du produit intérieur brut.
Que gagne le consommateur mauricien à acheter les produits locaux ? ?Les articles Made in Mauritius, dans leur grande majorité, n?ont absolument rien à envier aux produits importés. Dans bien des cas, ils sont même supérieurs, tant sur le plan des procédés de fabrication et de qualité qu?en termes de présentation?, commente Ikbal Joonas.
Mais il existe bien entendu des exceptions, concède le président de l?AMM. En effet, si l?on trouve du bon et du très bon, l?on peut aussi tomber sur des produits de très mauvaise qualité. Certains producteurs continuent à ignorer totalement les normes de fabrication ou de qualité. Leur motivation première : réaliser un maximum de profits en un minimum de temps. Consumer care ? Certains n?en ont jamais entendu parler !
Lancée en 1994, l?AMM regroupe actuellement 80 membres, ce qui est un bon indicateur du degré de sensibilisation des producteurs locaux à ce problème. Ils savent que c?est dans la qualité qu?ils doivent investir s?ils veulent fidéliser la clientèle locale, tout en visant le marché d?exportation.
Pour sa part, Asraf Caunhye, le directeur du Mauritius Standards Bureau (MSB), n?est guère satisfait du petit nombre ? une quarantaine seulement ? de marques locales à avoir reçu le label ?Mauricert? auprès de son organisme. ?Il existe malheureusement encore des producteurs qui pensent que la qualité est un luxe dont ils peuvent se passer.?
Respect des normes
De plus en plus exigeant, le consommateur n?hésite pas à laisser tomber un produit auquel il s?est peut-être habitué pendant des années, s?il trouve un autre produit alternatif, meilleur en termes de qualité, ?et même s?il doit payer quelques roupies de plus. Devant l?étagère, le consommateur pense avant tout à son porte-monnaie et se demande si le produit qu?il veut acheter va répondre à ses besoins. Il n?a que faire des statistiques et des considérations patriotiques ou nationalistes?, poursuit à raison le directeur du MSB. En effet, avant de penser à protéger l?industrie locale des menaces fort abstraites de la mondialisation, le consommateur cherche, en premier lieu, à se protéger lui-même. Il y va de son argent, de sa sécurité, de sa satisfaction. S?il est prêt à soutenir l?industrie locale ? et par là même à protéger l?emploi de ses compatriotes ? ce n?est pas en achetant n?importe quoi. Il faut avant tout que le produit recherché réponde à ses attentes, et qu?il sente que le producteur mauricien le respecte en tant que consommateur. Ainsi, entre autres dispositions à envisager, les autorités devraient rendre obligatoire le respect des normes de fabrication et de qualité en ce qui concerne les produits alimentaires.
Publicité
Publicité
Les plus récents