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Tic : Maurice doit rectifier le tir

16 décembre 2003, 20:00

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<B>La route</B> menant à une information-based economy est parsemée d?obstacles. Les conditions du marché ne sont pas toutes encore réunies pour permettre un véritable décollage des industries TIC (technologies de l?information et des télécommunications), et en faire le cinquième pilier de l?économie mauricienne. Le constat que dresse l?International Telecommunications Union (ITU) est assez critique. Dans un rapport qu?elle vient de publier sur Maurice, l?institution y relève plusieurs points auxquels les décideurs ont intérêt à accorder toute leur attention.

Si l?ITU encourage le gouvernement dans certaines voies identifiées, elle lui demande néanmoins de rectifier le tir le plus vite possible sur d?autres. Maurice a de gros efforts à faire afin d?améliorer sa visibilité sur la carte mondiale de l?IT.

Le constat de l?ITU n?est guère flatteur du point de vue de plusieurs indicateurs développés par l?institution : le pays se place à la 56e place (sur 82 pays en liste) en termes de network readiness.

Maurice se situe à la 55e place (sur 167) par rapport aux critères des ITU MDG (Millennium Development Goals). Cela inclut les objectifs en termes de lignes fixes, du nombre de PC et de l?accès à l?internet.

Si Maurice se compare favorablement à ses confrères africains sur le plan des infrastructures téléphoniques de base (téléphonie fixe et mobile), par contre il est grand temps qu?elle essaie de s?aligner avec des pays appartenant au groupe upper middle income pour des comparaisons plus rapprochées à ses aspirations de ICT hub.

Il reste encore du chemin à parcourir en termes de connaissances de l?utilisation des applications TIC. Maurice se place à la 72e position sur 172 pays sur l?indice ITU Knowledge dont les éléments constituants sont le niveau d?IT literacy, du taux de scolarité et de la circulation des journaux.

Le rapport constate que même si l?environnement des affaires à Maurice est positif, il existe des lacunes de taille dans la politique des TIC, de e-government et de e-commerce. L?écart entre les intentions déclarées des autorités et la réalité des faits est du reste conséquent. Il faut au préalable une meilleure coordination en termes de politique de développement et aussi entre les institutions concernées par les TIC.

Le manque de personnel qualifié et formé en nombre suffisant dans les nouvelles technologies continue à représenter un handicap majeur. Le cadre régulateur des TIC en est encore à ses balbutiements. Ce manque d?expérience fait perdre du temps précieux aux industries concernées et risque d?envoyer des signaux confus aux opérateurs potentiels tant locaux qu?étrangers. L?exiguïté du marché local et son isolement du reste du monde n?arrangent pas non plus les choses.

Le rapport de l?ITU consacre tout un chapitre à l?état de l?utilisation et de la diffusion de l?internet sur l?ensemble de l?île. Maurice obtient la cinquième place et réalise un score de 17,5 points (sur un maximum de 24 points) sur un tableau conçu à cet effet par l?ITU.

Le taux de pénétration de l?internet est estimé à 15 %. L?accès touche les différents coins de l?île et les différentes activités économiques de manière variée. Même si la grosse majorité des ménages sont équipés de téléphone, il n?est toujours pas aisé de s?acheter un ordinateur; d?où la diffusion relativement faible de l?internet. Le gouvernement a lancé un programme ?un ordinateur pour chaque famille? pour améliorer la pénétration PC dans les familles mauriciennes (le but est d?atteindre un taux de pénétration de 60 % en 2005). Toutefois, en se basant sur le taux de croissance actuelle, l?ITU doute fort que cet objectif puisse être atteint. A ce rythme, le taux de pénétration n?atteindrait qu?un seuil de 40 % à l?échéance de 2005.

Une étude entreprise par le National Computer Board (NCB) auprès de 300 entreprises en 2001 révèle que 75 % des firmes employant plus de dix personnes sont connectées à l?internet. Les entreprises ayant un site Web représentent 21,3 % du total des sociétés touchées par le sondage. Seules 3,6 % des entreprises reçoivent des commandes par voie électronique et 8 % passent des ordres d?achat sur l?Internet.

Malgré le fait que le pays soit connecté au réseau international par le câble optique SAFE, l?accès à l?internet se fait généralement par dial-up, soit une méthode de transmission lente. Il est grand temps, estime l?ITU, de promouvoir les technologies sans fil et les bandes passantes auprès de la communauté des internautes. L?absence de régulation appropriée pour encadrer ces systèmes est un des principaux facteurs qui retardent l?accès aux réseaux plus sophistiqués.

<B>Transfert de technologie</B>

La connexion pour l?internet doit se faire essentiellement via l?opérateur principal Mauritius Telecom. Selon l?ITU, le marché vient d?être libéralisé et il est encore trop tôt pour que cela débouche sur un secteur TIC dynamique et compétitif.

L?utilisation de l?internet en tant qu?outil de travail est encore à un niveau élémentaire, fait ressortir le rapport. Les utilisateurs s?en servent principalement pour envoyer des messages ou pour surfer sur le Net. Des applications plus avancées telles les transactions en ligne ou l?accès aux services publics via le Web n?ont toujours pas les faveurs du public.

L?ITU est d?avis que Maurice devra gagner le pari de la sophistication des technologies et de l?organisation du marché des services de télécommunication. En même temps, il est nécessaire d?accélérer le processus de dérégulation des télécommunications, soulignent les auteurs du rapport.

Maurice se doit au plus vite de surmonter tous ces obstacles car les menaces se profilent dangereusement à l?horizon. Les centres offshore de développement de logiciels ou d?autres activités TIC se multiplient. Ceux qui ont déjà démarré ont encore plus de chances d?attirer les investissements, la technologie et le savoir-faire étranger. La libéralisation des télécommunications ne s?est pas poursuivie comme dans les conditions souhaitées, et cela a beaucoup refroidi l?ardeur des entrepreneurs.

Mais Maurice dispose aussi d?atouts en vue de promouvoir les industries technologiques. L?alliance stratégique avec l?Inde dans le domaine des TIC est jugée très opportune car elle aiderait dans une large mesure à un transfert de technologie, de savoir-faire et de capitaux vers nos industries émergentes. Le pays peut jouer sur son bilinguisme pour attirer les prestataires de renom mondial qui envisageraient l?exportation vers les marchés de l?Afrique francophone.

L?autre point fort de la destination IT Maurice : la qualité de ses infrastructures de télécommunication. L?accès très répandu à la téléphonie de base et la connexion internationale par le biais du câble optique représentent les bases solides sur lesquelles les industries TIC pourront s?ériger. A un niveau plus général, la stabilité sociale, politique et économique dont jouit le pays est également un atout non négligeable.

?Le manque de personnel qualifié et formé en nombre suffisant dans les nouvelles technologies continue à représenter un handicap majeur. Le manque d?expérience fait perdre du temps aux industries concernées et risque d?envoyer des signaux confus aux opérateurs potentiels. ?

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