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Arnaud Serret accumule les brevets

16 décembre 2003, 20:00

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<B>Vouloir</B> c?est pouvoir. Et ce n?est pas Arnaud Serret qui nous dira le contraire. Déjà titulaire, depuis 1998, du brevet d?état de cadre sportif, aussi appelé BECS, l?entraîneur de tennis a poursuivi sa formation en France et a obtenu, au début du mois, son brevet d?état d?éducateur sportif premier degré. Ce BEES 1 lui confère, en France, son pays d?adoption, le droit d?enseigner le tennis contre rémunération.

Arnaud Serret est le premier entraîneur mauricien à profiter pleinement de l?équivalence accordée, depuis maintenant trois ans, par les autorités françaises entre la partie générale du brevet de cadre sportif, qu?on peut obtenir à Maurice, et le tronc commun de brevet d?éducateur sportif français.

?Le fait qu?Arnaud soit titulaire du brevet d?état français témoigne de la qualité de la formation générale mise en place à Maurice, qui est désormais reconnue par la France?, se félicite du reste Christian Marty, conseiller technique au ministère de la Jeunesse et des Sports. Et le technicien français d?ajouter : ?Cette réussite plaide également pour la nécessité de la mise en place, à Maurice, de formations spécifique BECS dans chaque discipline sportive.?

Arnaud Serret a le succès modeste. ?Avoir un diplôme de moniteur de tennis, c?est bien. Mais je n?ai pas plus de mérite que les 3 000 professionnels qui exercent ce métier en France !?, dit-il avec tout le sérieux du monde. Ce diplôme lui permet en tout cas d?enseigner au Tennis Club de Mertzerwiller, un petit club de la périphérie de Strasbourg, principale ville d?Alsace.

À Mertzerwiller, le Mauricien porte plusieurs casquettes. Là-bas, la formation est une priorité. Le club a, en effet, récemment ouvert une section mini-tennis. Ils sont une quarantaine de bambins à s?initier à ce sport sous sa conduite. À travers de petits ateliers, les enfants travaillent leur motricité et leur adresse et font leurs premiers pas techniques.

<B>Il a coaché Claudia Schiffer</B>

Notre compatriote enseigne également aux adultes, débutants comme confirmés, et entraîne les différentes équipes de Mertzerwiller engagées dans le championnat de France interclubs.

?Metzerwiller m?offre des perspectives intéressantes. Le club a perdu plusieurs de ses membres ces dernières années. En clair, il faut tout reconstruire. C?est, pour moi, un énorme challenge.?

Moniteur de tennis, c?est un métier qu?Arnaud Serret adore. ?C?est pour moi une vraie passion. D?ailleurs, je ne sais faire que ça !? Il n?entrevoit cependant pas la perspective de revenir au pays. ?Je me suis marié à une Allemande qui ne s?est pas du tout adaptée à la vie mauricienne. Elle s?y est essayée pendant deux ans, mais en vain. J?ai donc déménagé par amour. En France, ce n?est pas toujours facile. Quand tu passes neuf heures d?affilée dans une salle non chauffée et qu?il fait -15°c, tu pètes les plombs. En tout cas, ça me change des hôtels, où je ne voyais des gens que pour une demi-semaine et où il fallait en plus être un grand baratineur?, résume le nouveau détenteur du BEES1, qui se vante d?avoir eu la chance de donner des cours très particuliers - de tennis bien sûr - à Claudia Schiffer.

La perspective d?entraîner la sélection mauricienne de tennis l?aurait pourtant plu. ?Ce serait un grand rêve, mais je ne crois pas qu?il est réalisable?, admet Arnaud Serret, capitaine de l?équipe de Maurice de Coupe Davis l?année dernière en Pologne. ?À partir du moment que je ne peux pas revenir à Maurice, je préfère ne pas y penser. Ce qui est sûr, c?est que je regrette beaucoup de ne pas être en mesure de partager mes connaissances avec mes compatriotes.?

<B>Regard détaché

?Le tennis à Maurice ? Un sport d?élite?</B>

Evoquer le tennis mauricien rend forcément Arnaud Serret bavard. ?Ça reste un sport très élitiste chez nous. Si tu n?as pas de pognon, tu n?y joues pas, c?est clair. C?est dommage mais c?est comme ça. Tant que la masse ne suivra pas, notre tennis va stagner.? Marine Giraud ? Kamil Patel ? ?C?est super ce qu?ils font, mais ce sont deux arbres qui cachent la forêt.?

Pour démocratiser le tennis, il n?y a pas trente-six solutions de l?avis d?Arnaud Serret. ?Il faut construire des terrains municipaux d?accès publics et gratuits. Et puis, surtout, il faut former des moniteurs qui utilisent les moyens pédagogiques adaptés afin que le jeune découvre le tennis sous un aspect ludique.? Et notre interlocuteur d?ajouter : ?Il faudrait cependant régulariser et codifier le statut de moniteur à Maurice. C?est impératif. De nos jours, le premier jeune venu qui tapote un petit peu la balle devient moniteur dans un hôtel du jour au lendemain. C?est du n?importe quoi??

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