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Le massala, une tradition familiale

3 décembre 2003, 20:00

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LUTCHMMEE Achadoo vient tout juste de rentrer chez elle après avoir prêté main forte à ses voisines qui préparent activement une cérémonie religieuse. Cette habitante de Beau-Vallon, âgée de 54 ans, n?est pas seulement connue pour sa générosité mais également à travers l?île comme une spécialiste de la confection de massala.

Ce métier, Lutchmee n?a pas choisi de le faire par hasard. Depuis son plus jeune âge, elle est attirée par le parfum des épices qu?utilisaient ses proches pour donner plus de saveur au curry de poule, de poisson ou pour la préparation d?un briyani. ?Mais mo pas ti capave commencé parce que mo pas ti éna les moyens?, confie-t-elle. Elle travaillera pendant plus de trente ans comme laboureur sur l?établissement sucrier de Riche-en-Eau.

Malgré son emploi du temps chargé, avec son mari devenu subitement handicapé, Lutchmee apprend de temps à autre, à broyer, dans un mortier, les graines de coriandre (cotomili), les petits et gros anis, les piments secs, le dholl, le poivre et d?autres ingrédients pour faire goûter à ses parents ou à ses voisins. Ceux-ci, c?est une tradition, utilisent le massala en grande quantité à l?occasion des mariages.

Mais Lutchmee ne se doute pas qu?elle commence à se faire une réputation pour la qualité de ses produits à travers un marketing qui se fait ? de bouche à oreille.?

Au fils des jours, les commandes pleuvent. Elles viennent de toutes parts. De Mare-d?Albert, de Camp-Diable, de Rose-Belle de Mahébourg, de Plaine-Magnien et d?autres coins du pays.

Pour répondre aux exigences des clients, pas question qu?elle continue à broyer ses épices de manière traditionnelle. Elle discute avec un de ses proches et lui parle de son projet de faire l?acquisition d?une nouvelle machine, plus sophistiquée.Très intéressé par cette proposition, ce parent active les démarches et lui offre un appareil.

?Si ou péna patience et persévérance ou pas faire sa métier-là, explique Lutchmee. Car pendant la saison pluvieuse, il faut, dit-elle, être armée de beaucoup de patience pour faire sécher les épices qu?elle achète des fois chez un grossiste, à Terre-Rouge?.

Bien qu?elle ait pris un peu temps pour s?installer et se lancer dans son commerce de massala, elle lance un appel aux autorités concernées pour qu?elle ait son permis au plus vite étant donné que ce travail est son seul gagne-pain qui lui permet d?ailleurs de soutenir sa famille et plus particulièrement son époux.

Lutchmee conseille aux femmes au chômage de se lancer dans de petites entreprises avec l?encadrement nécessaire pouvant leur permettre de s?intégrer dans la vie professionnelle.

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