Publicité
L?ombre de Mugabe plane sur le sommet d?Abuja
Par
Partager cet article
L?ombre de Mugabe plane sur le sommet d?Abuja
C?EST le sort du Zimbabwe, suspendu lors du dernier sommet des chefs d?Etat en 2001, qui sera certainement la question la plus épineuse à l?agenda de la Commonwealth Heads of Government Meeting (CHOGM). Bien que Maurice ait son mot à dire, c?est le consensus qui primera sur les positions individuelles.
Le contentieux zimbabwéen, entre autres sujets, a fait l?objet ces derniers jours de délibérations parmi les ministres des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie mauricienne, Anil Gayan, y parti-cipait. Le Premier ministre Paul Bérenger sera informé de la teneur des discussions à son arrivée à Abuja aujourd?hui. Il lui reviendra d?expliquer la position du pays aux chefs de gouvernement.
Le Zimbabwe avait été suspendu en mars 2000 après que Mugabe a remporté les élections présidentielles dans des circons-tances très contestables aux yeux de la communauté internationale.
La Grande-Bretagne, le Canada et l?Australie ne veulent pas entendre parler d?un possible retour du Zimbabwe de Mugabe au sein du Commonwealth, comme le souhai-tent des dirigeants africains. Ils prévoient même une dissension au sein de l?organisation si tel était le cas.
Selon certains observateurs, l?exclusion de Mugabe du Commonwealth pourrait signifier sa chute politique. Cela suggère que l?institution représente toujours une force crédible pour certains de ses membres, en particulier en Afrique.
Il est un fait indéniable que le rayonnement et l?importance de cette entité au sein de la communauté internationale se sont largement effrités au fil des années. Le Commonwealth n?est plus aussi influent qu?il l?était dans les années 70 et 80 quand il servait de forum par excellence, par exemple, contre le régime de l?apartheid en Afrique du sud.
L?organisation, critiquée de part et d?autre pour un certain manque d?efficacité et d?agressivité à s?attaquer aux grands maux de la planète, a grandement besoin d?un second souffle. Selon les critiques les plus acerbes, les membres du Commonwealth n?ont de commun que leur passé en tant que colonies britanniques.
Discuter du commerce international
Cependant l?institution a aussi ses défenseurs. Parmi ceux-là, le président du Nigeria, Olusegum Obasanjo, qui, lui, estime que le sommet permettra, tant aux pays riches qu?aux pays pauvres, de trouver des terrains d?entente sur des sujets conflictuels en matière de commerce international.
Outre le contentieux zimbabwéen, la CHOGM abordera le statut du Pakistan, suspendu du Commonwealth depuis 1999, à la suite d?un coup d?Etat effectué par le président Parvez Musharraf, alors responsable de l?armée.
Le Commonwealth Ministerial Action Group (CMAG), instance ministérielle responsable du suivi du progrès des pays membres par rapport aux écarts allégués, a estimé que le retour du Pakistan au sein du Commonwealth n?est pas justifié à ce stade.
La problématique pakistanaise est encore plus compliquée en raison de son sempiternel conflit avec son voisin, l?Inde, autre membre très influent du Commonwealth. Les Pakistanais blâment les Indiens pour leur suspension au sein de la famille des anciennes colonies. Islamabad rappelle que des élections parlementaires ont bel et bien eu lieu en octobre 2002 et que le maintien de leur suspension est injustifié. L?opposition pakistanaise conteste cette affirmation et estime que le véritable pouvoir est toujours déte-nu par le président Musharraf.
Pour les Indiens, l?occasion est trop belle pour ne pas l?exploiter lors du forum international qu?est la CHOGM. La position de Delhi est que le Pakistan ne pratique pas la démocratie et qu?elle encourage le terrorisme en tant qu?instrument d?Etat.
Le Nigeria, pays hôte, est lui-même accusé de plusieurs manquements sur le plan des droits de l?homme par plusieurs groupes de pression. Le Human Rights Watch (HRW) regrette que le Commonwealth ferme les yeux sur les violations des droits civiques qu?il impute au régime nigérien.
Dans un rapport publié à trois jours de l?ouverture du sommet, HRW fait état des violences électorales au Nigeria et dénonce en même temps le fait que les divers gouvernements n?aient pas réagi comme il se devait.
Publicité
Publicité
Les plus récents