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?La solidarité autour du sida n?est pas claire?
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?La solidarité autour du sida n?est pas claire?
A L?ISSUE de la cérémonie d?ouverture, le président Touré, a répondu aux questions des journalistes. Outre l?éducation, il a aussi abordé le sida et les conflits en Afrique.
Certains disent que l?Afrique reçoit beaucoup de fonds pour l?éducation mais que l?argent est mal utilisé ou détourné. Vos commentaires?
Je ne jette pas la pierre sur quiconque mais j?avoue que dans certains cas les fonds ne sont pas bien utilisés. Il faut toutefois reconnaître que l?éducation comme l?armée sont des ?gouffres argent?. Mais si on en manque, on ne peut faire du développement car il n?y a pas de développement sans sécurité. Dans le domaine de l?éducation, il faut de l?argent pour améliorer les salles de classe, la formation des enseignants, les bourses d?études et le matériel scolaire. Au Mali, le tiers de notre budget est consacré à l?éducation et les éducateurs représentent le tiers de notre fonction publique. Tout ce que nous investissons dans l?éducation compte pour demain et le peu qu?on nous donne devrait être judicieusement utilisé.
Ne pensez-vous pas que ceux qui financent l?éducation en Afrique ne donnent pas suffisamment ou alors ils créent parfois des blocages pour le déboursement ?
C?est vrai que ceux qui donnent l?argent ont des exigences et que pour décaisser : c?est la croix et la bannière. Certains partenaires ont des conditions plus difficiles et certains financements ont des orientations. Nous nous trouvons dans une situation particulièrement difficile.
Un cri d?alarme a été lancé sur le sida en l?Afrique. La maladie annihile tous les efforts qui sont faits pour l?éducation. Puisque c?est le centre et le sud de l?Afrique qui sont les plus touchés, la priorité pour le financement à l?éducation ne devrait-elle pas aller vers ces régions plutôt que vers les pays de l?Ouest ?
A entendre les différentes radios africaines et internationales égrener le nombre de séropositifs en Afrique, on se demande ce qu?il en restera dans quelques années. Ce sont des chiffres qui font peur. Chaque matin au réveil, on a mal à la conscience.
La solidarité autour du sida, surtout celle des pays occidentaux, n?est malheureusement pas claire. Par exemple, le prix d?un missile peut permettre au Mali de donner des médicaments antirétroviraux à chacun de nos malades atteints du sida. Certains pays disposent de centaines de ces missiles. Quelque part, la solidarité ne joue pas. Les médicaments se trouvent au Nord tandis que le sida, la misère et la pauvreté sont au Sud. On oublie que nous ne fabriquons pas les médicaments. Ce n?est pas parce que la prévalence est moindre en Afrique de l?Ouest qu?il faut laisser tomber cette région. Ce serait une erreur. Il faut au contraire les aider à maintenir ce faible taux.
Les guerres civiles et les conflits internes ne sont-ils pas les principaux obstacles au développement et à l?éducation en Afrique ?
C?est un gâchis de voir que certains pays ne peuvent, malgré leur potentiel, entamer leur développement à cause des guerres civiles. Le problème de conflits en Afrique est sérieux. Ils tournent autour du pouvoir. Comment entreprendre le développement sans sécurité ? C?est dramatique pour un pays à la fois touché par la guerre et le sida. J?attends avec beaucoup d?impatience les résultats concrets du Nouveau partenariat pour le développement en Afrique. Je ne désespère pas, mais j?ai un peu perdu espoir. On a beaucoup parlé et réfléchi, il faut maintenant agir et concrétiser les objectifs.
Votre présence à l?ouverture de cette Biennale signifie-t-elle que vous serez le porte-parole de l?ADEA au sommet des chefs d?Etat africains ?
Je serai disponible au niveau de n?importe quel forum pour parler de l?ADEA parce que cela va dans la direction de ma vision pour mon pays et de nos ambitions pour l?éducation en Afrique.
Afin d?enregistrer un certain nombre de points dans le domaine de la scolarisation, votre pays a opté pour des classes bondées. Cela ne risque-t-il pas d?avoir des effets contraires ?
Le Mali a pris à bras le corps ce que nous avons appelé la réforme de 1970. C?était une réforme avant-gardiste qui a bouleversé le système colonial en place. Nous avons plutôt adopté la double vocation, c?est-à-dire qu?un groupe d?enfants vient le matin et un autre l?après-midi. C?est un enseignement de masse et de qualité, une des solutions à la scolarité, même si elle n?est pas idéale.
A cause de l?explosion démographique, le gouvernement malien n?arrivait pas à scolariser tous les enfants. Depuis 1970, nous avons enregistré des progrès. Le gouvernement a pris d?autres initiatives qui ont permis de rattraper le retard et de corriger quelques insuffisances. Notre ambition, aujourd?hui, c?est de mettre un enseignant dans chaque classe. Pendant ces derniers dix ans, le système a connu un certain dysfonctionnement parce que nous avons manqué de salles de classe, d?enseignants et de matériel pédagogique. Aujourd?hui, nous avons changé d?orientation.
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