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Deux directeurs de l?Oberoi inculpés pour corruption

3 décembre 2003, 20:00

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L?ENQUÊTE de l?Independent Commission against Corruption (Icac) sur l?hôtel Oberoi tire à sa fin. Le directeur général et le Resident Manager de l?établissement ont été arrêtés hier sous une accusation provisoire de corruption. Ils ont comparu dans l?après-midi au tribunal de Pamplemousses avant d?être libérés sous caution.

L?affaire a été initiée après que des allégations ont été lancées par des employés licenciés de l?hôtel. Fin 2002, ceux-ci affirment, par voie d?affidavits, que le patron du Central Criminal Investigation Department (CCID) d?alors, Oozageer Sunneechurra, et ses proches, ont bénéficié d?un séjour VIP gratuit de trois jours à l?hôtel. Un traitement de faveur qui ferait suite à une enquête de la brigade sur des accusations de chantage impliquant les dénonciateurs.

Un cadre de l?hôtel aurait traité avec le n°1 du CCID. Les employés montrés du doigt sont arrêtés puis libérés sous caution deux jours après.

Un des accusateurs, Chubilall Deewas, soutient encore que ce séjour non payé découle de la complaisance du directeur du CCID par rapport à la dénonciation de pratiques susceptibles de nuire à la santé des clients de l?hôtel.

?Un cadre agréable?

L?Icac est saisie du dossier. Dans un premier temps, elle convoque l?assistant commissaire de police (ACP) pour s?expliquer. Le limier, qui a 38 ans de carrière, explique avoir à maintes reprises réclamé la facture à la direction, mais en vain.

L?homme raconte les circonstances dans lesquelles il se retrouve à l?Oberoi. Son beau-frère, qui vit à l?étranger, est en vacances au pays. De fait, il décide de l?emmener, lui et sa famille, à l?hôtel, où il pense trouver ?un cadre agréable?, et ce dans le sillage d?une de ses enquêtes.

Mais l?ACP est arrêté le 17 octobre. Il est accusé d?avoir accepté un pot-de-vin sous la forme d?un séjour gratuit. La veille, il avait soumis sa démission. Son homme de loi, Me Shakeel Mohamed, conteste la charge le même jour et insiste, par voie d?une motion : ?There is no evidence whatsoever to warrant the lodging of the provisional information against the accused and same is therefore illegal.?

Entre-temps, l?Icac poursuit son enquête. La direction dément avoir tenté de corrompre le limier. Mais, dans la matinée d?hier, le directeur général de l?établissement, Wilhem Luxem, et le Resident Manager, Mohit Nirula, sont de nouveau convoqués à la commission. Ils sont informés de leur arrestation.

Selon l?acte d?accusation, les deux accusés auraient remis une ?gratification? à un fonctionnaire dans l?exercice de ses fonctions. Ils ont offert un séjour gratuit, nourriture et boissons à Oozageer Sunneechurra, enquêteur.

Il est 12 h 40 lorsque les directeurs se présentent au tribunal de Pamplemousses dans une voiture de l?Icac. Encadrés de trois limiers, ils attendent de comparaître devant le magistrat Indiren Sivaramen.

Leur homme de loi, Me Shawkut Oozeer, demande à la poursuite de reconsidérer l?interdiction faite aux accusés de quitter le territoire mauricien. Il argue que ses clients travaillent dans le secteur du tourisme et, de par la nature de leur poste, ils sont amenés à voyager beaucoup.

Mais les inspecteurs Aftar Mohamut et Gunshyam Sowaruth, Police Prosecutors objectent. La motion sera débattue la semaine prochaine. Les deux directeurs ont été remis en liberté, après avoir fourni une caution de Rs 25 000 et signé une reconnaissance de dette de Rs 50 000. En attendant que le magistrat se prononce sur leur motion, ils devront se présenter quotidiennement au poste de police le plus proche de leur domicile.

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