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Taxis : le business lucrative des commissions
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Taxis : le business lucrative des commissions
Parking d?un magasin Ralph Lauren à Arsenal. Un taxi arrive avec à son bord deux couples de touristes français. Ils descendent et se dirigent vers le magasin. Entre-temps, le taximan se rend sous une tente aménagée dans un coin du parking. Il laisse son numéro de plaque d?immatriculation à un employé du magasin. Celui-ci lui remet Rs 300. Vingt-cinq minutes plus tard, les touristes ressortent ; ils ont dépensé près de Rs 1 700 en vêtements. Le chauffeur de taxi, lui, touchera encore Rs 340 supplémentaires, soit 20 % du montant de leurs achats. Pour avoir conduit ses clients dans ce magasin, ce chauffeur a empoché Rs 640, sans compter le prix de la course. Bienvenu dans le monde des commissions.
Un taximan basé à Trou-aux-Biches explique sa manière d?agir.
« Si un client me demande des renseignements sur un musée qui ne me paye pas de commission, je lui dis qu?il n?est pas très intéressant. S?il insiste, je l?y emmène », raconte-t-il, débonnaire.
Une association imperative
L?Aventure du sucre, le musée innovateur de l?industrie sucrière, l?a appris à ses dépens. Sa politique pas nécessairement complaisante envers les taxis lui vaut une fréquentation très faible de leur part. Alors que les tour-opérateurs vendent le produit sans problème à leurs clients et soutiennent le musée.
L?association avec les taxis semble être un impératif pour ces nouveaux musées. Ceux qui refusent en font les frais, mais certains restent sereins. C?est le cas du Blue Penny Museum au Caudan Waterfront. « Ils viennent prospecter. Ils nous ont demandé Rs 200 de commission quand ils nous apportent des clients », explique David Martial, directeur de la communication et du marketing. Jusqu?ici, le musée s?est refusé à verser des commissions et David Martial estime que ce refus fait perdre au musée une petite partie de sa clientèle. Mais ce chiffre n?est pas encore quantifiable. « Tout le monde n?a pas le soutien d?un grand groupe comme la Mauritius Commercial Bank. C?est grâce à ce soutien que nous tenons, malgré la présence de l?élément nuisible que sont ces taxis », commente David Martial.
Casela n?a pas le même problème. La réputation du parc n?est plus à faire et la collaboration avec les tour-opérateurs marche bien. Mais les taxis viennent jouer les trouble-fêtes. « Ils nous demandent parfois des commissions et nous menacent quand nous refusons », raconte Anne Christine Herbst, directrice du marketing. Mais pour elle, le fait d?être bien implantée court-circuite un peu les taxis. « Nous tablons sur notre clientèle locale, ce qui nous met à l?abri des taxis. D?ailleurs notre fréquentation est en hausse », assure-t-elle.
Les propriétaires de Ralph Lauren semblent, en revanche, se complaire dans le système. Ceux que nous avons interrogés n?ont pas souhaité parler de leur collaboration avec les taxis. C?est que le business roule. Il roule tellement bien que même certains tour-opérateurs commencent à s?y intéresser. Ainsi, les directeurs de quelques grands tour-opérateurs locaux monnayent la visite de leurs cars de touristes.
Contrôler cette derive
Ces « shopping tours » rapportent des revenus aux agences mais aussi aux directeurs de marketing qui perçoivent une commission des magasins. Une pratique confirmée par Karl Brauneker, directeur du tour-opérateur Connections : « Cette pratique existe, mais je crois que ce sont surtout les petits tour-opérateurs ou les loueurs de minibus qui entrent dans ce genre de combine. » C?est justement pour ne pas tomber dans ces dérives que Karl Brauneker dit ne pas proposer des « shopping tours », à moins que les clients ne le demandent.
Le ministère du Tourisme entend contrôler cette dérive. Pour cela, un comité interministériel réunissant les ministères du Tourisme et des Infrastructures publiques devrait introduire une réglementation sur la pratique des commissions. En attendant de telles mesures, les touristes regagnent leurs pays avec le sentiment d?avoir été plumé.
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