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Boris Becker se met à nu

5 novembre 2003, 20:00

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Dans son autobiographie à paraître la semaine prochaine, Boris Becker, l?ex-vedette du tennis allemand, se met à nu : il révèle une longue dépendance aux somnifères et à l?alcool pour combattre la pression, la solitude et la dépression, et affirme même avoir demandé à sa femme lors d?un délire nocturne de lui tirer dessus.

?Les somnifères ont été mon gros problème?, déclare le triple champion de Wimbledon dans son autobiographie dont les meilleures feuilles ont commencé à être publiées dans le journal Bild lundi.

Dans son édition parue mardi, le Bild entre dans les détails. Becker explique ses longues années d?insomnie, et la dose croissante de somnifères associés à la bière et au whisky qu?il a ingurgitée pour tenter de combattre ce manque de sommeil.

Sa dépendance a débuté en 1987, deux ans après avoir remporté Wimbledon comme teen-ager. ?J?ai voulu enrayer la dégringolade, retrouver le sommet, gagner à nouveau à n?importe quel prix?, dit Becker. ?J?ai cru trouver une parade à tous les problèmes : contre un mauvais coup droit deux heures d?entraînement aux coups droits ; contre un mauvais service, deux heures d?engagements forcenés ; il y avait le Planum (somnifère) contre l?insomnie, d?autres pilules contre la douleur, contre la solitude, les femmes faisaient l?affaire, comme le whisky, parfois les deux ensemble.?

?Il a fallu que je réduise le nombre de tournois, car il me fallait du temps pour récupérer (des effets) des pilules?, explique Becker.

Jusqu?en 1992, soit cinq ans après y avoir goûté pour la première fois, Becker a été prisonnier des médicaments. Jusqu?à ce que sa femme Barbara, ?balance par la fenêtre la dernière boîte?.

Becker raconte encore comment, rentré ivre-mort de la Oktoberfest de Munich, il avait demandé à sa femme de lui tirer dessus. ?C?était une nuit tranquille d?octobre quand j?ai demandé à ma femme d?ouvrir le feu. J?étais debout presque nu sur la terrasse de notre appartement de Munich, je n?arrivais plus à maîtriser les montagnes russes dans mon crâne?, explique-t-il. ?Durant la soirée, à l?Oktoberfest j?avais pris une bière par-ci, un schnapps par-là...?

Boris Becker a obtenu ses premiers somnifères par l?intermédiaire du médecin de l?équipe allemande de Coupe Davis, Joseph Keul. Il avait dû ensuite augmenter les doses au fil des années, l?effet des pilules ne durant pas plus de trois ou quatre heures. ?Il y a eu des moments où mes yeux ne pouvaient se fermer sans pilule?, explique l?ex-joueur, alors fatigué par les décalages horaires et un calendrier surchargé.

Insomniaque et claustrophobe

Les médicaments l?ont aussi rendu déprimé et mélancolique, et affecté ses performances sur le court.

La nuit avant sa finale de Wimbledon 1990 face à Stefan Edberg, Becker a dû par deux fois prendre une dose et est arrivé en retard à l?échauffement du match.

?J?ai débuté la rencontre comme un somnambule?, avoue Becker. Il devait perdre les deux premiers sets, remporter les deux suivants et perdre dans le cinquième.

Outre les insomnies, les cauchemars, le décalage horaire et la fatigue, Becker explique encore qu?il souffrait de claustrophobie.

Il avait failli ?disjoncter? quand il avait été bloqué une demi-heure dans un ascenseur avec trois ténors ? Luciano Pavarotti, Placido Domingo et Jose Carreras ? après un concert à Munich. Alors que les ténors entamaient l?Ave Maria, ?je m?inquiétais seulement de ma petite vie, je ne voulais pas disjoncter.

Vedette du sport allemand après son premier triomphe à Wimbledon en 1985, Becker a connu ensuite jusqu?à sa retraite sportive en 1999 beaucoup de déboires : un divorce difficile, plusieurs déconvenues en affaires, et il a dû payer une forte amende au fisc allemand pour évasion fiscale. Il a annoncé son intention de déménager en Suisse.

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