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Deux-cents chèvres sur les bras
Rajdeo Dwarka prend trois chèvres dans ses bras, les caressent et les posent soigneusement sur le sol. Il se trouve dans sa ferme, à Petit-Sable, situé à quelques mètres de Vieux-Grand-Port.
Ayant occupé cet espace pendant plus de vingt ans, il veut aujourd?hui régulariser sa situation pour pouvoir mieux gérer la ferme sur laquelle il élève plus de deux-cents moutons et de chèvres.
?A chaque fois, des officiers du ministère de l?Agriculture me laissent comprendre que ma demande est à l?étude. Mais toujours rien,? dit-il.
Il dit ne pas comprendre les raisons de ce retard d?autant plus que sa ferme lui permet de faire vivre au moins quatre familles dans cette région. ?Je ne vous cache pas que c?est un métier où l?on gagne bien sa vie, si on le fait avec amour et patience. Mais faut-il encore que vous le fassiez dans de meilleures conditions?.
Beaucoup de commandes
C?est par amour pour les animaux, qu?il se fera berger. Un beau jour, il décide de fermer à clé, dans un tiroir, ses connaissances acquises dans l?imprimerie après des études à l?Industrial and Vocational Training Board et après des études supérieures en hindi, pour se consacrer uniquement à ce travail. C?était dans les années 80.
Selon le fermier, les jeunes de la région n?arrivaient pas à trouver de l?emploi facilement, cela en raison de l?absence de moyens de transport efficaces.
?Quand mo trouve le nombre des clients qui passent commandes pou acheté boucs ek moutons, mo pas regretté. Parfois mo bisin racroche mo téléphone?, dit-il.
Comme des enfants
Selon Rajdeo, pour faire ce métier, il ne suffit pas seulement de conduire les animaux dans un pâturage mais de leur prodiguer aussi des soins comme on le ferait pour des enfants. ?Je n?ai pas à me plaindre de ce côté : mes animaux reçoivent régulièrement la visite des autorités et je n?éprouve aucune difficulté pour la nourriture?, confie le fermier. Mais le seul obstacle qui l?empêche de développer sa ferme, c?est la non délivrrance d?un permis. ?Si j?obtiens mon permis, je suis sûr de pouvoir créer d?autres emplois?, assure-t-il.
Face à la montée du chômage après la fermeture de l?usine et l?interdiction d?extraire du sable dans certaines régions, Rajdeo pense que l?Etat doit encourager les jeunes à s?intéresser davantage à l?agriculture ou à l?élevage. ?Pour réussir, il suffit qu?ils soient bien encadrés professionnellement et qu?ils aient accès à des moyens de production plus sophistiqués.?
Et pour passer de la parole aux actes, le fermier a voulu donner l?exemple. Pour initier les jeunes de son village à l?élevage, il a distribué gratuitement environ soixante-quinze couples de lapins.?C?est ma façon à moi de contribuer, modestement, à l?initiation des jeunes,? explique le fermier qui est aussi conseiller de village à Grand-Sable.
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