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Recalés pour mieux sauter?
Ashley Matombé, 16 ans, montre fièrement un livre de recettes. Chantal Dijacques, la rectrice de Lorette de Bambous-Virieux, affiche la même satisfaction. Ce livre est le résultat d?une année de travail dans ce collège préprofessionnel.
Comme Ashley, ils sont environ vingt-cinq, cinq filles et vingt garçons en Form III préparatoire cette année dans cette école, pour s?orienter vers de nouveaux métiers.
Ces enfants qui ont échoué au Certificate of Primary Education (CPE) ont pu reprendre le chemin de l?école grâce aux classes d?orientation professionnelle du collège Lorette de Mahébourg.
?Nous avons cru en ces enfants qui cachaient un énorme potentiel. Aujourd?hui, nous sommes fiers de ce qu?ils peuvent réaliser?, explique Chantal avant de s?arrêter devant une bicyclette en miniature, soigneusement posée à côté d?un livre où est écrit ceci : ?Je suis très content. Parce que c?est la première fois que je réalise quelque chose par moi-même. On n?arrive pas à produire de bons résultats sans un peu d?effort.?
Talent et potentiel
Ces phrases, exprimées par Jenny Roy Ramsamy, un autre élève de la même classe qu?Ashley, ne laissent pas insensibles Alain Brouard, qui enseigne comment travailler le métal dans cet établissement scolaire. Alain savait, lui aussi, comme les autres enseignants d?ailleurs, que ces enfants avaient du potentiel et du talent. ?Il a suffi qu?on leur donne l?encadrement nécessaire?, dit-il, visiblement ravi, en présence d?Ashley.
Cony Pierre, spécialisée dans la fabrication de produits artisanaux, habite dans la région. Elle est très consciente des conséquences désastreuses qu?un échec peut avoir sur un enfant qui n?arrive pas à terminer ses études pour une raison ou pour une autre. Elle décide alors d?apporter, modestement, sa contribution en formant les élèves.
Luciano Malgache étudie lui aussi dans cette école. Mélomane, il se sépare très rarement de ses instruments de musique et a fini par trouver le moyen de fabriquer un jeu de lumières, l??uvre qu?il a présentée à la fin de l?année scolaire. ?Nous sommes impressionnés par ce qu?il a réalisé,? déclare Chantal.
Chantal nous confie que certains élèves ne savaient pas trop vers quel métier s?orienter. ?Mais vous seriez étonné de découvrir leurs aptitudes professionnelles et leur capacité d?adaptation en si peu de temps?, dit Chantal.
Pour preuve, la directrice cite le cas de Marion Botte, un autre élève qui a su faire ses preuves en théorie dans la menuiserie en l?espace de quelques mois.
Et comme cette école a pour vocation d?encadrer et d?orienter les jeunes vers une nouvelle carrière, Chantal ne veut rien laisser au hasard et suit de très près la performance des élèves. ?Nous n?avons pas d?emploi à leur offrir mais nous faisons de notre mieux pour qu?ils puissent trouver la filière qu?ils ont eux-mêmes choisie?, explique la directrice de Lorette de Bambous-Virieux.
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