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Le monde des petits vieux?

29 octobre 2003, 20:00

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Devkumari Gooljar,70 ans, est assise à côté de Herold Bezeguy, 77 ans, dans la salle polyvalente du Groupement Social de Souillac(GSS). Ils ont les yeux fixés sur Patrick Perle, le secrétaire qui se dit heureux d?être entouré par une trentaine de personnes de tout âge pour le déjeuner qui leur est offert par l?aile féminine.

?C?est notre manière de vous donner l?occasion de partager non seulement un repas mais de découvrir l?autre?, dit-il. Et si ce discours a quelque peu éveillé la curiosité de Nicolas La Providence qui a fait le déplacement pour la même raison que ses autres voisins de table, Devkumari et Herold,eux, ne sont pas très impressionnés. Ce sont des habitués. Ils sont voisins et amis. Ils vivent cette expérience depuis de longues années. ?Dresse to plat et to cuillère bien devant toi, ban la pé vine servi briani?, conseille Devkumari à Herold en voyant arriver la marmite fumante.

Et Florise Raggoo, la soixantaine, handicapée physique, très bavarde, donne le ton. Elle s?empresse d?expliquer, à haute voix, à Adeline Justin, sa voisine, les raisons de sa présence dans cette salle. ?Je suis venue pour remplacer ma mère qui est souffrante et en profiter pour retrouver mes amis?, confie cette ancienne enseignante d?une école maternelle.

Pendant qu?une animatrice du GSS verse un peu de boisson gazeuse dans son verre pour l?aider à digérer le repas, Marie Lydie Hector, 70 ans, raconte à Florise, les moments de joie qu?elle a partagés la semaine d?avant avec les membres de son groupe du troisième âge de Souillac, sur la plage de Flic-en-Flac.

La solitude : une misère morale

Pour rappeler aux invités présents que la Journée internationale de la pauvreté ne doit pas être perçue comme une occasion pour ne parler que de la misère, une animatrice de l?aile féminine du GSS intervient.

?La misère, ce n?est pas seulement une question matérielle. C?est aussi la solitude des personnes âgées qui n?ont personne pour les réconforter psychologiquement et moralement?, précise-t-elle. C?est pourquoi des sorties sont organisées par son groupe pour visiter les hospices.

Visiblement épuisé par la chaleur, Herold, suivi de Devkumari, ont préféré s?installer dans la varangue du centre polyvalent pour prendre une bouffée d?air frais. L?ambiance est sans doute bonne mais quand on est vieux, on a ses petites habitudes...

?Mo pé attanne l?heure pou alle repose inpé?, confie le sexagénaire, une cigarette collée au bec.

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