Publicité
MCB : ?Taux de croissance de 6,5 % en 2004?
Par
Partager cet article
MCB : ?Taux de croissance de 6,5 % en 2004?
La Mauritius Commercial Bank (MCB) a rendu public ses premières prévisions économiques pour l?année prochaine. Le dernier MCB Focus publié hier prévoit un taux de croissance de 6,5 % pour 2004 à condition que la récolte sucrière soit normale, soit autour de 620 000 tonnes. Le sucre exclu, la croissance devrait être de 6,1 % en 2004.
Si ces prévisions semblent plutôt positives, la MCB attire l?attention sur le fait que ces chiffres doivent être interprétés à la lumière du ralentissement économique enregistré en 2002 et en 2003. Le chiffre concernant la croissance économique l?année prochaine bénéficiera donc d?un impact statistique positif notable compte tenu de la contre-performance cumulée de 2002 et de 2003. Avec une croissance de 2,2 % en 2002 et vraisemblablement de 4,2 % cette année, la base sur laquelle sera calculée la croissance l?année prochaine sera faible.
?En fait, si la croissance ces deux dernières années avait été en ligne avec la moyenne historique ou l?objectif à moyen terme, nos prévisions concernant la valeur ajoutée en général auraient correspondu à une expansion économique modérée?, précise le Chief Economist de la MCB, Gilbert Gnany.
Même si la production sucrière en 2004 est difficile à prévoir à ce stade, la MCB mise sur une reprise de l?économie mondiale l?année prochaine pour donner un coup de pouce à la zone franche et au tourisme. Cette analyse est basée sur les prévisions du Fond monétaire international qui s?attend que la croissance mondiale passe de 3 % en 2002 et 3,2 % cette année à 4,1 % l?année prochaine.
Si l?économie domestique bénéficie effectivement de cette conjoncture favorable pour repartir en 2004, les services financiers et le secteur bancaire en particulier devraient en tirer avantage. La construction devrait continuer à croître quoique à un rythme inférieur à cette année. Avec l?entrée en opération de la cybertour d?Ebène, le secteur des technologies de l?information et de la communication (Tic) devrait progresser rapidement même si sa contribution au produit intérieur brut ne devrait pas être très significative, estime la MCB.
Pour l?année 2003, les services économiques de la banque, ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance: au lieu de 4,7 % elle sera de 4,2 %. Rappelons que le Bureau central des statistiques a lui aussi récemment ramené ses estimations de croissance de 4,8 % à 4,4 %. La MCB justifie sa révision à la baisse par les dernières indications concernant la production sucrière, la zone franche, et le secteur du transport, de l?entreposage et de la communication notamment.
Dans l?industrie sucrière, les estimations de production ont été réduites de 30 000 tonnes pour arriver à une production de 540 000 tonnes cette année. Cela correspond à une croissance de 3,7 % seulement au lieu des 9,4 % attendus dans ce secteur.
Mais c?est dans la zone franche que les indicateurs sont les plus négatifs. Au cours du premier semestre de l?année, les exportations ont diminué de 3,6 % in nominal terms malgré une dépréciation de 13,7 % de la roupie par rapport à l?euro en moyenne. On ne devrait pas s?attendre à une inversion de la tendance concernant les exportations de la zone franche au cours de la deuxième moitié de 2003. Dès le mois de juillet, la contraction de la zone franche pour la deuxième année consécutive avait été prévu. Toutefois la réduction de la valeur ajoutée réelle sera plus prononcée que prévu et proche du taux enregistré l?année dernière, fait ressortir la MCB.
Au niveau du tourisme, la banque a maintenu ses prévisions de croissance autour de 4 %, ce qui est supérieur aux estimations officielles qui sont de 2,7 %. La MCB estime que ce secteur a tiré son épingle du jeu compte tenu du contexte international défavorable avec la guerre en Iraq et l?épidémie de la pneumonie atypique, le SARS.
Par ailleurs, la banque réitère ses préoccupations concernant le faible niveau d?investissement du secteur privé. En termes de proportion du PIB, l?investissement privé diminuera pour la quatrième année consécutive pour chuter à 13,3 % du PIB. Ce taux est beaucoup trop faible pour permettre à l?économie de créer suffisamment d?emplois. Le taux de chômage est de 10,3 %, estime la MCB, ce qui est proche des 10,2 % avancés par le Bureau central des Statistiques. La banque s?attend que le chômage continue à progresser mais à un rythme inférieur.
Sur le plan externe, la balance des paiements devrait enregistrer un surplus pour la sixième année consécutive, ce qui consolidera davantage la situation des réserves. Au niveau de la politique monétaire, la MCB estime qu?avec la baisse de l?inflation, qui devrait atteindre 3,9 % en décembre 2003 et 3,5 % pour l?année financière 2003-2004, il y a de la marge pour réduire davantage les taux d?intérêt, au moins dans le court terme. Cela serait davantage justifié si la morosité persiste. Toutefois, des pressions pour un resserrement de la politique monétaire pourraient émerger au cours de la deuxième moitié de 2004 notamment sur le marché international.
Publicité
Publicité
Les plus récents