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Portrait d?un bâtisseur
C?est le genre de grand-père que l?on aimerait avoir. À la fois sérieux, rassurant et malicieux. Celui qui vous attend patiemment devant la porte, vous fait entrer dans son salon encombré de bibelots plus ou moins heureux reçus au cours de quarante années de carrière. Celui qui, du fond de son fauteuil, entre deux gorgées de thé au lait sans sucre, vous jauge en silence, mine de rien. Qui vous dit d?un ton un peu bougon qu?il ne voulait pas donner d?interview, mais qui se prête de bonne grâce à vos questions, même les plus incongrues.
Le front est toujours dégagé, le port altier, les petits yeux perçants se font rieurs à la moindre occasion, les traits énergiques se sont adoucis avec l?âge, l?air sévère est de plus en plus démenti par un sourire facétieux. Ainsi apparaît Anerood Jugnauth, le président de la République. Oublié, le Jugnauth des années 80, l?individu arrogant qui menaçait de couper le doigt des insoumis. À cette évocation, il part d?un grand éclat de rire, comme s?il s?agissait d?une bonne blague. « C?est qu?ils m?avaient pris au mot ! » Aujourd?hui, c?est un vieux monsieur serein, satisfait du travail qu?il a accompli.
Si l?homme s?est assoupli avec le temps et les épreuves, son sens de l?humour, lui, n?a pas pris une ride. « C?est bon pour la santé. » C?est une pirouette au détour d?une phrase, un mot, un propos sérieux dit d?un ton badin. Des plaisanteries, il en fait tout le temps. « Surtout au cours de ces trois dernières années au conseil des ministres », avoue-t-il. L?atmosphère était-elle à ce point si tendue ? « Non, c?était pour éviter qu?elle le soit, justement ! »
Cet introverti a dû mal à se livrer, plus habitué qu?il est à écouter les autres. C?est que l?ancien travailleur social fait partie d?une génération où l?on était plus tourné vers les autres que vers soi-même. Quelques réticences donc par-ci, par-là. Certains sujets dont il ne veut pas parler, comme la cassure de 83, par exemple, qui l?avait rendu physiquement malade. « Une autre fois si vous voulez. » Aujour-d?hui, il préfère ne garder en mémoire que les bons souvenirs : sa participation à la conférence constitutionnelle de Londres en 1965, le grand rassemblement au Champ de Mars après la victoire de 82.
Jugnauth est essentiellement un homme simple d?origine modeste, qui n?a jamais cherché à paraître autre chose que ce qu?il était. On le prend comme il est avec son zézaiement, ses emportements et son gilet en laine. Et tant pis s?il parle mal le français et qu?il n?est pas un grand intellectuel. Il n?en a jamais eu la prétention. Lui, ce qu?il aime, ce sont les séries télévisées indiennes, les films indiens « qui enseignent quelque chose » et les histoires policières. « Quand il regarde la télé, il ne faut pas l?agacer », affirme Lady Sarojini. Son « gourou », la seule personne à l?avoir vraiment impressionné, c?est Sai Baba, qui lui a offert la gourmette en or et la grosse bague noire qu?il porte en permanence. « C?est un humain pas ordinaire qui a des dons que les autres n?ont pas. Il m?a prédit des choses qui se sont révélées exactes. » Plus jeune, il cultivait son jardin potager et jouait au bridge deux ou trois fois par semaine, parfois au bord de la mer, avec le père de Roshan Maudho, Associate Professor au MIE et cousin germain de Lady Sarojini, Louloune pour les intimes. « C?était un fin stratège qui savait faire l?impasse. Avec lui, les cartes apprenaient la haute voltige. Il n?aimait pas perdre, surtout si c?était Sarojini sa partenaire. »
Et puis bien sûr, il y a le foot, sa passion de toujours. « Ça peut faire baisser ou monter sa tension », affirme son épouse. Roshan Maudho se souvient encore du jour où Sir Anerood les avait emmenés, son père et lui, dans sa Morris bef 9485, au stade George V pour voir le match entre Desportivo et l?équipe de Maurice. Et pas question de prévoir une réunion ou un dîner à l?heure de la retransmission d?un match, surtout si c?est Manchester qui joue ! Il lui est même arrivé plus d?une fois de rater une cérémonie officielle. « C?est vrai que si je pouvais m?évader, je le faisais. Quand c?était vraiment inévitable, j?enregistrais le match, mais ce n?est pas la même chose. »
Né à Palma le 30 mars 1930, il vient d?une famille de petits planteurs où un sou est un sou. Sir Anerood garde le souvenir d?une enfance « très malheureuse » sur laquelle il ne souhaite pas s?étendre. « Mais l?époque était malheureuse. On marchait pieds nus, avec un pantalon kaki jaune. Il fallait aller chercher du bois pour faire la cuisine, nourrir les cabris et les vaches, nettoyer la cour. » Son père, à qui il ressemble et dont malgré tout il se sentait proche, était sévère et frappait parfois le jeune turbulent. De même, lorsqu?il sera question d?aller au collège, il faudra toute l?insistance de son cousin Lall pour que le père cède et accepte d?envoyer son fils au Regent College de Quatre-Bornes, qui venait d?ouvrir. Bref, chez les Jugnauth, on ne plaisante pas. On a, bien enraciné, le culte du travail et de l?économie.
Deux valeurs que Sir Anerood conservera toute sa vie. Pour lui, la sécurité financière est primordiale. « Si on n?est pas secure financièrement, on ne peut pas aider les autres. Et puis c?était une nécessité. J?avais des obligations, je pensais à mes enfants. » C?est pour cette raison qu?il sera, jusqu?en 1982, un politicien à temps partiel. « Je ne voulais pas sacrifier ma profession », reconnaît l?ancien avocat. En bon paysan qui aime les valeurs sûres, il a toujours investi dans l?immobilier. « À l?époque où on militait et on faisait grève, lui était propriétaire de 14 maisons et allait récolter ses loyers à la fin du mois », rappelle Dev Virahsawmy, qui a été son conseiller culturel en 1983. « C?est vrai, je n?ai pas honte », répond Sir Anerood en ajoutant : « Maintenant, ils viennent payer à la maison ! »
Son instinct d?investisseur atteint son apogée avec le fameux Sun Trust qui fera hurler ses adversaires. En fait, Sir Anerood, comme tous les hommes politiques, a reçu de l?argent du secteur privé pour financer ses campagnes électorales. Mais plutôt que de le dépenser à tort et à travers et dans un souci de transparence, il décide de l?investir, pour son parti, dans un immeuble. Et pour le gérer, ce prudent créé un trust où il place les membres de sa famille.
Il est tellement économe que lorsqu?il était chef du gouvernement, il ne laissait partir ses ministres en mission ? hormis celles qui étaient vraiment indispensables ? que si leurs frais étaient payés par l?organisme ou le pays invitant. On lui attribue aussi cette réplique, dans une conférence internationale. À quelqu?un qui s?étonnait qu?il n?ait pas d?avion à sa disposition, il aurait répondu : « Oui, mais dans mon pays, il y a moins de mendiants qu?ailleurs ! »
Le bonoy, ou pandit, comme l?appellent affectueusement ses cousins, a des idées simples et des jugements parfois à l?emporte-pièce. C?est le bon sens près de chez soi. Ce conservateur carré-carré ne s?est en effet jamais encombré de concepts idéologiques alambiqués. Mais il croit en l?unité nationale, facteur de paix, d?harmonie et de réussite. « Il n?a jamais cru aux idées de gauche », assure Dev Virahsawmy. C?est vrai que lorsqu?il entre au MMM en 1971, il n?a pas a priori le profil type du révolutionnaire ! « Ils étaient sincères. Je pensais qu?avec mon expérience, je pourrais canaliser cette force. Et le pays était vraiment dans le pétrin », explique Sir Anerood. « C?est un idéaliste pragmatique », résume Roshan Maudho. Si au départ, le jeune Jugnauth a été nourri par les discours de Sookdeo Bissoondoyal, qu?il écoutait quand il accompagnait son père aux meetings, le Premier ministre, lui, sera conquis et inspiré par Lee Kuan Yew, le leader singapourien. « Je me disais, s?ils ont réussi, pourquoi pas nous ? » Idée qu?il mettra en pratique avec le succès que l?on connaît. Reste son passage au All Hindu Congress que certains lui ont reproché. « Je n?étais pas membre, mais me suis servi de cette plateforme parce que les partis au gouvernement ne faisaient rien pour rassembler ou motiver ceux qui étaient pro-indépendance. Et puis aussi en réaction à la campagne communaliste du PMSD. »
Ce n?est donc pas un visionnaire, mais un homme concret et réaliste qui sait reconnaître les bonnes idées et les opportunités. En fait, Sir Anerood est de la race des bâtisseurs. Il a construit sa carrière politique et façonné le destin de Maurice avec le même soin qu?il a bâti sa fortune personnelle. Méthodiquement et patiemment. Ce qui fait dire à Madun Dulloo, son « dauphin » pendant de longues années, que c?est un carriériste, égocentrique « par instinct de survie et de combattant ». Lui répond que son ambition politique s?est affirmée au fil des années. Le député de Rivière-du-Rempart élu en 1963 sous la bannière de l?Independant Forward Block qu?il est alors, puis le ministre qu?il sera entre 1965 et 1967, veut avant tout servir son pays, se battre pour l?indépendance et améliorer les conditions de vie de ses compatriotes. Ce n?est qu?aux élections de 1976, alors qu?on le présente comme un futur Premier ministre, qu?il commence à y croire vraiment. « C?est mon camarade Paul Bérenger qui m?a influencé en me disant que j?avais un rôle historique à jouer. » On connaît les raisons de cette mise en avant? Mais ce que le camarade n?avait peut-être pas prévu, c?est que le petit député jouerait parfaitement son rôle de chef appris sur le tas en 1982 !
Alors que les politiciens évitent de prendre des positions trop catégoriques, cet homme à poigne ne fait pas de fausses promesses et n?entretient pas de faux espoirs. « C?est un homme d?action qui n?a pas de face cachée. Le moment venu, il peut prendre des décisions froidement, sans l?annoncer », analyse un partisan. Lady Sarojini en a fait l?expérience. « Le jour où il a démissionné du State Law Office, je l?ai appris par des collègues dans l?après-midi. J?étais en train de corriger des copies du CPE. Il ne m?avait rien dit le matin avant de partir. » Ferme et réfractaire aux lobbies, il applique ses mesures sans démagogie, même si elles sont impopulaires. Quitte aussi à s?enfoncer dans l?erreur, comme dans l?affaire des billets à l?effigie de son épouse.
Sa détermination à toute épreuve, sa persévérance et son « franc-parler à la guillotine » lui ont valu une réputation de père fouettard, inflexible et dur. « On lui a reproché d?être un dictateur. Mais il était sévère parce qu?il le fallait. Il a voulu inculquer le sens des responsabilités à la population », plaide Lady Sarojini. « Je ne l?ai pas fait pour m?amuser, mais pour que le pays progresse et que les conditions de vie s?améliorent. Maintenant, les gens disent que si je n?avais pas été comme ça, Maurice n?aurait jamais décollé. Au moins, j?ai une satisfaction », confirme Sir Anerood. Et de fait, son attitude intransigeante a permis le développement économique en imposant une rigueur et une discipline. « C?est son apport historique », rappelle un ancien proche. « Alors qu?il y avait un fort courant MMM dans les syndicats, il a maté les grèves. Il a donné sa parole aux investisseurs qu?il ramènerait la paix sociale. » Mais elle a aussi provoqué sa chute en 1995. La défaite était cuisante pour cet homme habité de certitudes. La nation, pensait-il, le rejetait. Une claque qui, même s?il l?a sentie venir, a fait mal, très mal. « Il était vraiment down », confirme Lady Sarojini. Alors, il s?est remis en question. « J?ai essayé d?analyser tout ce qu?on me reprochait et de rectifier. Ça m?a beaucoup aidé pour faire aboutir l?accord en 2000 » reconnaît-il. Dans la foulée, il corrige : « C?est faux de parler d?accord de Medpoint. Je n?ai eu qu?une rencontre avec Boodhoo. L?accord s?est fait ici, chez moi. » Mais ce que l?on oublie, c?est qu?en 1995, le MSM faisait face, seul, aux élections, et que mathématiquement il ne pouvait pas les remporter. De sa traversée du désert au cours de laquelle se sont succédé les humiliations et mises à l?écart, Sir Anerood est sorti plus mesuré, avec la volonté de tenir sa promesse et de partir la tête haute trois ans plus tard. Mission accomplie.
On lui reproche aussi son tempérament impulsif et colérique, ce qu?il ne conteste pas. « Quand on me dit des bêtises, ça m?ennuie et me met en colère. Mais je ne suis pas rancunier. » Ce qu?il déteste par-dessus tout, ce sont « les tireurs plans » et les bluffeurs qu?il dépiste avec un flair infaillible. « Dans ce cas-là, il n?y a pas de règle de politesse », assure un proche. D?où ses paroles blessantes qui fusent sans prévenir, ses petites phrases malheureuses que l?on peut sortir de leur contexte. Tout le monde se souvient du célèbre « moralité pas rempli ventre ». « Il a dit ça quand on lui a reproché d?avoir reçu une cargaison de riz de Taïwan, dont la réputation était mauvaise à l?époque », explique Lady Sarojini. Il ne s?était pas embarrassé d?un principe diplomatique qui voulait que l?on ne reconnaisse qu?une seule Chine.
En revanche, il a toujours respecté les règles de la démocratie et l?opinion des autres. « Quand il était avocat, il était très à cheval sur la déontologie. De même, il respectait l?adver- saire, les principes et les procédures parlementaires », se souvient Madun Dulloo. Il peut travailler avec des gens qui ne pensent pas comme lui, écoute les arguments pour ou contre ? déformation professionnelle probablement. Lady Sarojini, dont on a dit qu?elle était son éminence grise, est plus circonspecte et réfute sa prétendue influence. « J?ai essayé une fois ou deux. Mais il faut vraiment venir avec des arguments valables. On peut le faire avancer, le prévenir, mais en restant dans la direction qu?il a choisie. Il n?y a qu?en l?an 2000 que j?ai causé un peu fort ! »
Il laisse en tout cas une certaine latitude à ses collaborateurs pour autant que les principes auxquels il tient soient respectés. « J?apprécie les gens disciplinés, travailleurs, francs, honnêtes. Je n?aime pas qu?on soit dominère. On dit que je l?ai été. Les ministres pourront vous dire? », affirme-t-il. « C?est quelqu?un qui respecte la méritocratie dans la mesure du possible. Il ne fera pas forcément de chasse aux sorcières, sauf s?il y est contraint », reconnaît l?un d?entre eux. Au fond, c?est un sentimental, qui sait écouter et pardonner. « Il sera le premier au chevet d?un souffrant. C?est un être rempli d?empathie, un confident présent, à l?écoute de son interlocuteur. Il vous donnera toujours le bon conseil », témoigne Roshan Maudho. Même son de cloche du côté de Madun Dulloo. « À l?époque il m?avait conseillé sur le choix de mes études. Il était toujours prêt à aider les jeunes au barreau. » Il le prouve une fois de plus en plaçant sa mission de président sous le signe de la jeunesse, à laquelle il demande de ne pas oublier « nos valeurs ». C?est que ce grand-père gaga devant ses petits-enfants, « un peu désordre dans la maison » a toujours eu le sens de la famille !
En vieillissant et en tirant la leçon de ses erreurs, celui qui « s?habille mieux depuis 2000 » et qui avait élevé la casquette et l?écharpe au rang d?accessoires de mode ? en fait, il avait à l?époque des problèmes de sinus ? a arrondi les angles. À tel point que certains de ses partisans ne le reconnaissent plus depuis son retour en 2000. Pire, ils lui reprochent sa nouvelle image plus conciliante. « Le Jugnauth que j?ai connu et côtoyé est méconnaissable. Qu?il ait voulu préparer sa relève et l?avenir de son fils, cela ne fait aucun doute. Mais nous n?étions pas habitués au double langage avec lui. Ce qui va rester, c?est ça », assure un déçu. Opinion qui ne dérange pas outre mesure le principal intéressé. « Moi aussi, j?ai entendu la même chose? » Mais ce n?est pas sûr que ce soit « ça » qui reste. Au contraire. Malgré ses travers et sa personnalité un peu abrupte, son goût pour le pouvoir et pour l?argent, il suscite de l?affection et de la sympathie, parce qu?il est authentique et profondément humain. Donc imparfait. « S?il avait de grands défauts, je ne serai pas restée 48 ans avec le même homme », affirme Lady Sarojini, qui évoque le jeune homme qu?il était quand ils se sont mariés en décembre 1957. « Il était beau garçon, tranquille, pas du tout extraverti.
C?était quelqu?un qui respectait sa parole, qui était honnête. » Même Madun Dulloo, qui pourtant ne le ménage pas, finit par reconnaître que c?est « un bonhomme très attachant ». « Si on le voit trébucher, beaucoup d?adversaires vont se précipiter pour l?aider. » Et lui d?ajouter: « On me dit que j?ai un très bon c?ur. Je ne sais pas combien c?est vrai ! »
À 73 ans, Sir Anerood a rempli son contrat « la tête haute et dans la dignité ». C?était important pour lui. Il n?a ni regret, ni rêve à réaliser puisqu?il a eu toutes les satisfactions qu?il pouvait attendre de la vie. Alors, maintenant qu?il aura moins de stress et du temps libre, il voudrait en profiter pour passer plus de moments avec sa famille, jouer au ballon avec ses petites-filles, regarder un peu plus la télévision et partir en vacances ? ce qu?il n?a pas fait depuis 1982 ? avec Lady Sarojini. « Surtout en Angleterre pour voir ma fille. » Il ne jouera plus au bridge puisque ses partenaires ne sont plus là, mais pourra aller plus souvent dans son campement de Baie-du-Tombeau, au bord de cette mer qu?il a tant aimée. D?ailleurs, s?il était un animal, il serait un dauphin. Il continuera à pratiquer tous les matins de la méditation et du yoga pour se maintenir en forme et ne saura toujours pas faire cuire un ?uf. Il retournera peut-être en Inde suivre une autre cure à base de plantes ayurvédiques. « En dix jours j?avais perdu sept kilos. » C?est que le grand amateur de glaces, de flans et par-dessus tout de sagou (comme on le prépare en Asie, avec des amandes et des raisins secs) est obligé de faire attention. Il a tendance à prendre du poids.
Une chose est sûre : le costume de président de la République lui va à merveille. Est-ce son tailleur de Forest Side ou celui de Fond-du-Sac qui le lui a confectionné ? Sir Anerood sera, dit-il, un président discret qui fera son travail « sans tam-tam, ni publicité ». Comme le talipot qui fleurit une seule fois dans sa vie ? cet arbre « très spécial » qu?il aurait aimé être parce qu?il aurait voulu être « très spécial » ? SAJ le sage s?offre son ultime floraison.
On le prend comme il est avec son zézaiement, ses emportementset son gilet en laine.
Le « pandit » croit en l?unité nationale, facteur de paix, d?harmonie et de réussite.
« C?est mon camarade Paul qui m?a influencé en disant que j?avais un rôle historique à jouer. »
Isabelle MOTCHANE-BRUN
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