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Faut-il augmenter le prix du pain ?
OUI
Nazir Hosany
Président de l?Association des propriétaires de boulangeries
> Quel est le taux d?augmentation demandé ?
Nous avons demandé une augmentation de 67 %, en général, sur le prix actuel des schedule breads. Cette demande est basée sur une évaluation détaillée de nos coûts de production. En clair, cela veut dire que nous souhaitons que le prix du « pain maison » et du pain rond de 100 g passe de Rs 1.20 à Rs 2. Celui de la baguette de 200 g passerait ainsi de Rs 2.70 à Rs 4.30 et la baguette de 400 g passerait de Rs 5.40 à Rs 8.60.
Cette demande n?est-elle pas exagérée ?
Non. Avant d?arriver à ces chiffres, nous avons demandé à nos comptables de faire un costing de tous les intrants. Depuis la dernière augmentation que l?on nous a accordée en 2000, tous nos coûts de production ont augmenté?
> Mais la dernière augmentation date de février dernier?
Cette augmentation de dix sous est dérisoire et ne représente rien pour nous.
> Quels intrants ont augmenté ?
Le prix de la levure et celui de l?améliorant (bread improver) ont augmenté de plus de 20 %. Le diesel et tous les autres coûts de production ont été frappés par deux augmentations de la TVA, passant de 10 % à 15 %. Il y a eu, pendant la même période, deux compensations salariales cumulatives de 12 % sur le salaire des employés. N?oublions pas le taux de change et l?appréciation de l?euro avec laquelle nous achetons nos ingrédients.
> Vous dressez un tableau sombre?
Et ce n?est pas tout. Nous avons, en outre, eu à respecter le Baking Remuneration Order 2003, qui a paru durant la première semaine de septembre, mais qui a pris effet rétroactivement à partir du 1er juillet. Ce RO a imposé une hausse moyenne de 40 % à 45 % des salaires des employés. C?est, si je ne m?abuse, le plus fort taux jamais imposé à un secteur de l?économie. N?oublions pas que nous devons aussi respecter des obligations légales coûteuses comme l?hygiène et les normes de fabrication. Face à cela, certains boulangers ne sont pas loin de fermer boutique.
> On accuse les boulangers de privilégier les pains spéciaux au détriment des « pains maison », car c?est beaucoup plus rentable.
La production de pains spéciaux est insignifiante. En outre, il n?y a pas de demande pour les « pains maison » après certaines heures en semaine et pendant le week-end. Nous ne pouvons pas faire un pain qui ne va pas se vendre. N?oublions pas que le prix du pain est fixé, ce qui signifie que nos revenus sont contrôlés.
NON
Mosadeq SahebdinPorte-parole de l?Institute Consumer Protection (ICP)
> Au vu de l?augmentation générale du coût de la vie, n?est-il pas juste que les boulangers bénéficient également d?une augmentation du prix de leurs produits ?
Non. Aucune hausse du prix du pain n?est justifiée. Car les boulangers réalisent déjà des profits importants sur la production de pains dits spéciaux, c?est-à-dire des pains au beurre ou au blé entier. Leur prix n?est pas contrôlé.En fait, quand le gouvernement a accordé en février dernier une augmentation de 7 % sur les schedule breads, dont les prix sont contrôlés, les propriétaires de boulangeries en ont profité pour réviser à la hausse le prix de ces pains spéciaux entre 15 % à 25 %. Par exemple, le prix de la baguette parisienne, qui se vendait Rs 4 est passé à Rs 5, ce qui fait une augmentation de 25 %.
> Qu?est-ce que les schedule breads ?
Selon la Government Notice 4 de 1988, la production de « pains maison », de flûtes, de baguettes et de « moules » est régie par des conditions spécifiques, relatives au poids, au pourcentage d?humidité et au contenu en matière grasse, beurre ou autres huiles végétales. De plus, le prix de ces schedule breads est fixé et tout boulanger est tenu d?afficher les prix de vente des différents types de pains. Par exemple, le « pain maison » et le pain rond doivent avoir un poids minimal de 100 g et un taux d?humidité maximum ne dépassant pas 35 % par rapport à son poids. La flûte doit peser 100 g et mesurer 13 cm.
> D?où vient le problème si le prix du pain est contrôlé ?
Dans bien des cas, il suffit simplement au boulanger de changer l?appellation de son pain et de le baptiser « spécial » pour échapper aux exigences de la loi. Il fait ainsi d?une pierre trois coups : il échappe au contrôle de poids et de qualité tout en augmentant considérablement sa marge de profit. La plupart des boulangers ont en outre une patente qui leur permet d?être pâtissiers. Puisque le prix des gâteaux n?est pas contrôlé, ils réalisent d?énormes profits là aussi.
> Les boulangers disent que le prix des intrants et des salaires a augmenté?
Cela ne justifie pas tout. Ils ont les moyens de payer. Pourquoi ne rendent-ils pas public les coûts de production des pains spéciaux. Ils font déjà des profits énormes sur ces pains. Ajoutons à cela que le poids des schedule breads est rarement respecté. Si le ministère du Commerce ne peut contrôler le poids des schedule breads et n?a pas accès aux coûts de production des pains spéciaux, comment peut-il leur accorder une augmentation de prix ?
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