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Hassenjee Mooraga, confectionneur de ?balié fatak?

1 octobre 2003, 20:00

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Hassenjee Mooraga, âgé de 66 ans, ancien employé de Britannia où il était sirdar cultive le fatak sur une superficie de plus de deux arpents à Bois-Chéri.

Cet habitant de Grand-Bois est devenu confectionneur de balais par le plus pur des hasards. Il se trouvait un matin sur son terrain pour surveiller la pousse de ses légumes et de ses bananes quand l?idée lui est venue de s?aventurer dans la ligne du balai.

?Ayant acquis une certaine expérience dans la culture des légumes, je me suis dis que je pourrais relever le défi, avec le soutien de mes proches?.

Aussitôt dit, aussitôt réalisé. Hassenjee arrache quelques racines de fatak chez un voisin et les met en terre.

Mais il faut le savoir : le fatak, qui est devenu un outil indispensable pour la propreté de la maison, ne pousse pas facilement.

Une plante capricieuse

Comme certaines fleurs qui ne s?épanouissent qu?en de bonnes conditions climatiques, le fatak a aussi ses exigences. Outre les fertilisants qu?il faut impérativement répandre en temps et lieu pour favoriser la pousse pendant la saison hivernale, le travail le plus pénible pour Hassenjee, reste le traitement de la plante après la coupe.

?Si mauvais temps persisté pendant ène bon boutte lé temps, ban fatak la capave pourri?, explique-t-il à l?intention de ceux qui veulent se lancer dans cette entreprise.

Hassenjee se rappelle encore ce jour où il avait transporté une bonne cargaison de balais encore à l?état brut sur la plage de Flic-en-Flac pour les faire sécher à cause du mauvais temps qui prévalait à Grand-Bois, son village natal.

L?autre étape après le séchage. C?est la séparation des brindilles des résidus pour la fabrication du ?produit? avant de l?écouler sur le marché. Mais avec la quantité, il ne peut le faire seul. Il emploie à temps partiel deux habitantes de la localité pour cette tâche. ?Bisin énan beaucoup patience pour ça travail-là?, reconnaît-il. C?est pour cette raison qu?Hassenjee ne lésine pas sur les moyens. Il débourse Rs 12 pour l?assemblage de chaque balai.

Si aujourd?hui le commerce du balai est devenu une source de revenus substantielle pour ce retraité, celui-ci regrette que la brosse en nylon a déjà commencé à occuper une place importante derrière la porte dans les foyers.

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