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Terminator 3

25 septembre 2003, 20:00

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Un futur où toute l?Humanité serait asservie par les machines ? Certains pensent que c?est une possibilité. Une rébellion contre le règne des machines ? Beaucoup pensent que ce serait souhaitable? Mais, cette rébellion devra-t-elle obligatoirement se ranger derrière le drapeau des Etats-Unis d?Amérique ? Difficile, voire impossible de faire plus pessimiste comme vision. Mais heureusement qu?il ne s?agit que d?une vision (à moins qu?il ne s?agisse d?un début de campagne électoral pour Arnold Schwarzenegger briguant un poste de sénateur), un de ces cauchemars auxquels est sujet John Connor (Nick Stahl), maintenant âgé de 22 ans et en pleine crise existentielle.

?Rien n?est jamais écrit??; disait sa mère Sarah, il y a une douzaine d?années, juste après avoir réussi à éviter au monde un holocauste nucléaire. John Connor n?en est plus tout aussi convaincu, maintenant, tout perdu qu?il est dans ce monde si désespérément normal, tel que nous le connaissons. Heureusement pour la gloire de son futur destin, que tout est possible avecle voyage dans le temps.

Dans un futur tout sombre, les machines ont décidé pour la troisième fois, d?en finir avec lui et envoient à notre époque un Terminator modèle T-X (Kristanna Loken) pour lui régler définitivement son compte. Le T-X est le dernier des Terminators, encore plus à la pointe de l?avancée technologique que le

T-1000 de l?épisode précédent : également construit en métal liquide comme son prédécesseur, le T-X présente toutefois l?avantage sur celui-ci d?avoir des mains pouvant se transformer en armes réellement complexes telles qu?un lance-flammes ou un canon automatique; il fait aussi usage de nanotechnologies et peut se brancher directement sur l?Internet. De plus, cette formidable machine à tuer a l?apparence ô combien inoffensive d?une candidate de ?Star Academy? ? sauf qu?elle n?a pas cette même vacuité dans le regard, surtout quand elle s?apprête à tuer.

Les rebelles humains, eux, envoient le modèle T-101 pour protéger John Connor. Le T-101 est un Terminator datant maintenant de plus de vingt ans, obsolète et incapable de tenir tête à un modèle plus récent, mais c?est une machine fiable avec en plus l?avantage non négligeable d?être une machine amie. Son apparence est en tout point semblable à celle de l?acteur Arnold Schwarzenegger, mais avec quand même plus d?expression dans le regard.

Il y a bien sûr les deux héros humains à protéger, tous deux aussi sympathiques et attachants que crédibles. John Connor, le futur chef de la rébellion et Kate Brewster (Claire Danes), sa future. Celle-ci remplace le personnage que jouait Linda Hamilton et on voit entre les deux un début de romance sur lequel les scénaristes ont le bon sens de ne pas s?attarder. Car, ce troisième volet se résume essentiellement à une confrontation entre les deux machines. D?abord parce que la trame de cette saga (un holocauste nucléaire à éviter) est usée depuis le deuxième tome, ensuite parce que ce troisième épisode n?aurait eu aucun sens s?il avait fallu donner une incidence quelconque à la conclusion de l?épisode précédent. Il fallait donc que les scénaristes portent notre attention sur les machines elles-mêmes plutôt que sur le pourquoi de toute cette agitation.

Clins d?oeil aux fans

Le premier Terminator, réalisé à partir d?un budget plutôt restreint, dut son succès autant au concept qu?à un bon scénario et à une virtuosité dans la mise en scène. Le deuxième, bien écrit lui aussi, fit date dans l?histoire du cinéma de par la dimension et la sophistication des effets. Sans compter que depuis, il y a eu des films comme Armageddon, Matrix 1 & 2 ou Le Seigneur des Anneaux. Faute de pouvoir faire repartir la trame donc, ce troisième Terminator propose donc un heureux mélange d?humour et d?action spectaculaire. Le réalisateur Jonathan Mostow et son équipe de scénaristes étant des fans des deux films précédents, l?humour très présent dans ce film est basé sur de constantes références aux deux précédents. Ainsi, lorsque la T-X (le fait même que cette nouvelle machine soit une femme est un clin d??il aux fans) fraîchement débarquée et marchant nue dans les rues dit à la brave dame en voiture qui s?imagine lui porter assistance ?? j?aime bien tes fringues?, il n?y a aucun besoin de nous montrer ce qui se passe par la suite et le film ne le montre pas : on devine. Pour le T-101, c?est encore plus rigolo : il débarque dans une soirée ?Chippendales? et se fait applaudir. A comparer aux épisodes précédents. Il y a aussi le psychiatre du premier épisode qui réapparaît pour se retrouver en face d?un cauchemar qu?il croyait avoir oublié.

Les scènes d?action, dispensées avec une certaine rigueur, dans le seul but d?éblouir le spectateur et de lui occasionner des poussées d?adrénaline, viennent quand même s?inscrire de manière logique dans le déroulement de l?histoire. Les effets ne sont pas aux dimensions d?autres films célèbres sortis après 1991, dont ceux cités plus haut, mais ce Terminator 3 arrive à faire fort, du point de vue du spectaculaire: la séquence de poursuite où le T-X utilise la plus grande grue du monde pour littéralement tenter d?aplatir John Connor en transformant tout un quartier en zone sinistrée avec un fracas à réveiller un mort (effets sonores réussis). On n?oubliera pas non plus les deux hélicoptères, chacun piloté par un des cyborgs, qui viennent s?écraser dans un hangar. Évidemment les deux robots s?en sortent (rien d?étonnant), et c?est pour se livrer un combat au corps à corps.

Absence d?expression

Dans le rôle du T-X, l?actrice norvégienne Kristinna Loken, choisie parmi 10 000 candidates. Froide, efficace, mécanique et métallique, elle remplit bien son ?personnage?. Mais, le véritable Terminator demeure à mon sens, bel et bien le gros Arnold, malgré l?obsolescence de son modèle. D?abord parce qu?il a l?aspect le plus menaçant des deux, solide et massif qu?il est ; ensuite parce que son visage ne montre absolument aucune expression.

Il y avait cette scène dans Terminator 2 où on le voyait arrêter sa moto et faire un tête-à-queue en plein trafic sur une autoroute. Hurlements de freins et fracas de tôles froissées hors champ, mais sur son visage, aucune expression, rien; on devinait juste derrière ses lunettes noires, ses yeux braqués sur le jeune John Connor qu?il avait repéré au loin, l?espace d?une nanoseconde. C?est ça, une machine. Et, c?est pourquoi ce grand rôle reste à ce jour le meilleur de Schwarzenegger, à cause justement de ses grandes incapacités d?acteur, qui cette fois jouent en sa faveur.

Ce troisième Terminator était annoncé et attendu depuis bien des années et, sans parler de déception, force est de reconnaître que son impact est loin d?égaler celui des deux précédents. C?est un film d?action plus que méritant qui, malgré un postulat de départ (l?Humanité dominée par les machines) repris et poussé plus loin par des films comme Matrix, a su incorporer certaines données bien contemporaines à une saga débutée il y a vingt ans : le virus qui s?empare de tous les ordinateurs du monde grâce à l?Internet est en fait un logiciel complet et si sophistiqué qu?il a assumé une identité propre (notion déjà traitée dans Ghost in the Shell, un film d?animation japonais sorti 1997).

C?est aussi un film bien écrit, où tous les éléments ou épisodes s?emboîtent de façon logique pour donner une action qui ne s?étend sur pas plus d?une journée avec une fin des plus logiques mais aussi des plus sombres et donc pas du tout hollywoodienne. Mais, qui sait si cette fin pessimiste ne nous annonce pas un quatrième épisode.

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