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Obeegadoo : ?Une réforme juste et acceptable?
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Obeegadoo : ?Une réforme juste et acceptable?
?Chemin ine fini tracé, bisin coltaré?, estime le Premier ministre, Sir Anerood Jugnauth, qui assistait hier à sa dernière fonction ayant trait à l?éducation.
Lors d?une présentation de son bilan de trois ans à l?auditorium Octave Wiehé, Réduit, le ministre de l?Education, Steve Obeegadoo, a fait état de ses réalisations.
D?emblée le ministre Obeegadoo explique les raisons qui ont exigé une réforme dans son secteur. Il fallait ?garantir l?accès à l?éducation à tous les enfants de la République, assurer que l?école corresponde aux besoins de l?enfant et du pays et favoriser le taux de réussite en haussant la qualité de l?éducation?.
Chiffres à l?appui, Steve Obeegadoo rend compte des points saillants de sa réforme ?moralement juste, économiquement acceptable, pédagogiquement correcte et économiquement abordable?.
Pour permettre la mise en place de tout ce chantier, le budget de l?Etat en matière d?éducation a connu une véritable envolée. De Rs 4,2 milliards lors de l?année financière 2000-2001, il est passé à Rs 5,8 milliards, soit 16 % du budget national pour l?année financière en cours.
Au niveau du préscolaire, aujourd?hui, 99 % des enfants de trois à cinq ans fréquentent ses institutions contre 95 % en 2000.
Le plan de réforme du secteur, attendu depuis l?année dernière, sera appliqué ?en profondeur? début janvier 2004.
Pour le primaire, la grande réalisation demeure l?abolition du ranking au profit du grading. Le National Literacy & Numeracy Programme a été introduit au début de l?année avec comme conséquence une extension des classes de 25 minutes.
?Cela permet à 124 000 enfants de Std I à VI de suivre un programme spécial pour leur faire apprendre à lire et à écrire?, stipule le ministre. Le curriculum final n?est néanmoins pas encore entré dans les classes.
Idem pour les Zones d?éducation prioritaires (ZEP), qui visent à hausser les taux de réussite des 30 écoles les plus faibles de la République. Lancées le 16 juillet dernier, toutes leurs structures ne sont néanmoins pas encore en place. En ce qui concerne le School IT Project, 327 professeurs formés en informatique enseignent dans les classes depuis la rentrée. Il faudra, néanmoins, attendre la mi-2004 pour voir chaque école équipée de laboratoires informatiques dernier cri.
De nouvelles matières, Citizenship Education, Art, Informatique, Histoire/Géographie et Heatlh & Physical Education, ont été introduites au primaire.
Deux pôles prioritaires
Au secondaire, également, plusieurs réalisations de taille contribuent au changement de la face de l?éducation. L?admission en Form I se fait depuis la rentrée sur une base régionale. De 34 collèges d?Etat en 2000, le nombre est passé à 63 en 2003. Ainsi, l?admission en Form I dans les écoles secondaires d?Etat a pratiquement doublé, passant de 3 700 étudiants en 2000 à 6 600 en 2003. Une dizaine de collèges d?Etat sont encore en projet.
La filière pré-vocationnelle, qui vise les recalés du CPE, permet actuellement à 3 300 étudiants de rester quelques années de plus dans le système éducatif. Il s?agit d?une des mesures qui ciblent l?école obligatoire jusqu?à 16 ans que le gouvernement compte introduire en 2005. Aujourd?hui 84,4 % des 12-15 ans sont scolarisés contre 80, 7 % en 2000.
Une nouvelle filière, combinant études générales et formation professionnelle comme alternative au Higher School Certificate, est à l?étude. Elle prévoit de former des cadres intermédiaires ?selon le modèle des polytechniques singapouriennes?.
Face aux critiques tous azimuts
Au niveau du tertiaire, une seconde université publique, l?Université de technologie de Maurice (UTM), initiée par le précédent gouvernement, a ouvert ses portes en 2001. La population estudiantine au niveau tertiaire est passée de 14 300 en 2000 à 17 200. Aujourd?hui, 16, 7% des 19-24 ans suivent des études tertiaires.
Un plan de réforme en préparation depuis trois ans ambitionne de transformer notre pays en un ?knowledge hub permettant à tout jeune Mauricien ayant le potentiel requis d?accéder aux études supérieures?.
Rarement un ministre de l?Education aura été aussi souvent critiqué tant par les syndicalistes, l?opposition, et des parents d?élèves estimant que leurs enfants allaient sortir perdants de la réforme.
Pourtant, les mouvements d?humeur successifs de ces contestataires ne l?ont empêché de mettre en place les grandes lignes de la réforme.
?Qu?est-ce qui n?a pas été dit sur la réforme ! Selon certains, nous détruisions l?élite, nous faisions un complot ou nous favorisions telle section de la population. Pendant les moments difficiles, je pouvais compter sur le soutien du Premier ministre?, souligne Steve Obeegadoo.
?Dimoun ki ti ena doute, pas ti croire et zot commence réaliser ki nou ti ena raison?, dira Sir Anerood Jugnauth qui se dit ?persuadé que le prochain gouvernement continuera sur la même voie?.
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