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Marcel Cabon chez le précurseur ?Indradhanush?

7 septembre 2003, 20:00

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Grâce au veilleur Pahlad Ramsurrun et à son magazine Indradhanush, le lecteur s?enrichira, fin octobre, début novembre 2003, d?une édition spéciale sur Marcel Cabon, (26 mars 1912-31 janvier 1972) La revue littéraire mauricienne, trimestrielle et trilingue, au nom symbolique d?Arc-en-Ciel, Indradhanush, la seule rédigée en hindi, anglais, et français, dirigée et éditée par Pahlad Ramsurrun, trace avec constance ses marques de précurseur.

Cet outil est à la fois catalyseur de la curiosité littéraire, et mémoire d?une certaine immémoire. C?est ainsi, que le rédacteur en chef s?indigne : ?Personne n?a écrit 1000 mots, ou même 500 mots, pour commémorer les 30 ans de la mort de Marcel Cabon !? Et s?attelle à fouiller le passé, comme à assurer le futur.

Les recherches terminées, Pahlad Ramsurrun, qui sait s?entourer, pour chacune de ses éditions, de plumes variées et ciblées, s?envole, disquettes en boîte, pour La Grande Péninsule. Il nous reviendra fin octobre de la Nouvelle Delhi, où sera imprimée sa revue, pour le lancement fin octobre ou début novembre.

Marcel Cabon serait né un 29 février, célébrant seulement tous les quatre ans son anniversaire. Mais comme dans bien des cas d?une certaine époque, où les naissances étaient déclarées des semaines plus tard, son acte de naissance porte la date mentionnée plus haut, c?est-à-dire le 26 mars.

S?il a été oublié l?an dernier, peut-être en raison des rétines braquées sur le centenaire de Malcolm de Chazal, et aveuglées comme par un véhicule qui roulerait pleins feux, ? l?hommage de Georges André Decotter, l?infiniment fidèle, lors des cinq ans de sa mort résonne encore dans l?express du 3 février 1977 : ?Vous voilà, Marcel, retourné à cette terre dont, mieux que quiconque, vous avez su chanter les vertus profondes et l?infinie tendresse. Car, mieux que quiconque vous avez su nous dire son odeur pénétrante, sa bonne chaleur et ses élans maternels??

Les hommages lors de ses funérailles, le mardi 1er février 1972, furent vibrants. Le quotidien Advance, dont il avait été longuement le rédacteur en chef, en témoignent. Aunauth Beejadhur, son ancien collègue, fait état d??un grand poète (?) en lui disparaît un journaliste-écrivain de talent, dont l??uvre fait honneur à la littérature mauricienne. Marcel Cabon était aussi un farouche défenseur de la langue française.?

?Prestige spirituel?

Hervé de Sornay, du Cernéen, écrit : ?La mort de celui qui fut, à mon sens, l?un des plus remarquables écrivains ayant honoré notre île bouleverse en moi non seulement l?homme, mais aussi le professionnel. Son talent caractéristique, sa langue si vivante, si merveilleusement ductile, était pour l?intellectuel avide de la lumière de l?esprit, une constante source d?enchantement. (?) Toute son ?uvre est essentiellement française et c?est là le plus beau fleuron de sa couronne.?

Max Moutia, concepteur du quart d?heure des écrivains mauriciens au Mauritius Broadcasting Service (MBS), parle, lui aussi de ?sa maîtrise de la langue française?. Il dira que ?la poésie était sa vocation et sa raison de vivre?.

Dans un autre registre, à l?heure où le tourisme mauricien se cherche un souffle autre, à travers les stars, il est intéressant de rappeler la chronique de Malcolm de Chazal, intitulée Namaste et le tourisme, dans Advance du 8 novembre 1968, environ trois ans avant la mort de son auteur?

Namaste, on le sait, est une ?uvre majeure de l?écrivain de Brunepaille. Malcolm fait allusion à ?un magnifique article? d?Hervé Masson dans l?express qui parlait de la culture mauricienne comme moyen d?attirer les touristes.

Malcolm poursuit : ?L?île Maurice a un prestige spirituel : (?) Des livres comme Un Temps pour mourir, telle thèse prestigieuse de Camille de Rauville concernant l?indianocéanisme (...) devraient être dans toutes les vitrines. (?) Namasté, Marcel Cabon l?a écrit au-delà du racisme, dans ce surplomb qu?est la culture imprégnée d?humanisme.?

Malcolm met l?accent sur l?opinion favorable des experts sur ?la valeur cinématographique de ce livre. A la MBC, un Américain s?est extasié sur l?adaptabilité de cet ouvrage à un grand film.(?) Pourquoi ne pas filmer Namasté? ??

Sera aussi lancé au retour de Pahlad Ramsurrun de l?Inde, un numéro spécial d?Indradhanush, dédié au Pandit Cashinath Kistoe. Dans son History of Mauritius-Experiments in Democracy 2002, Chit Dukhira raconte: ?Cashinat Kistoe, whose father was an indentured labourer from Bengal, India, became a close associate of Dr.Chiranjiv Bhardwaj. On the pretext that his work for the benefit of sugar factory workers posed a threat to public security, he was sentenced to, and made to serve, a long imprisonment. Upon his liberation in 1911, Kistoe sailed to India together with Manilal Doctor, whom he had met on his release from jail. A learned and devout follower of the Arya Samaj, who returned home in 1915 after higher studies in Lahore, Kistoe was the first native champion of Indo-Mauritian cause.?

Jeanne GERVAL-AROUFF

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