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Rendez-vous avec Mars

30 août 2003, 20:00

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La « Planète rouge » et la « Planète bleue » se sont trouvées à 55,7 millions de kilomètres seulement. C?est la distance la plus courte entre les deux planètes depuis 59 618 ans, et il faudra attendre 23 698 ans pour les voir passer quasiment aussi près, à 53,8 millions de kilomètres cette fois l?une de l?autre, d?après les calculs d?un spécialiste français, Jacques Laskar, de l?Institut de mécanique céleste et de calcul des éphémérides.

Pour l?agence spatiale américaine, la Nasa, ce sont les habitants de la Polynésie française, pile à la verticale de Mars à l?heure dite, qui ont été au plus près de Mars. « C?est en fait tout l?été qui est propice à l?observation de Mars, à la fois parce que les deux planètes sont proches et qu?elles sont en période d?opposition [toutes deux du même côté du Soleil] : Mars est levée toute la nuit », souligne Patrick Rocher, de l?Observatoire de Paris.

Même sans portée scientifique réelle, l?événement a suscité l?enthousiasme chez les astronomes amateurs et réveillé les peurs ancestrales des astrologues.

Ce sont les Asiatiques qui devaient les premiers bénéficier de ce « show » céleste, à condition que les conditions météorologiques soient au rendez-vous.

Au Japon, on prévoyait une ruée sur les 300 observatoires du pays et, malgré une météo incertaine, on attendait 800 personnes à l?Observatoire de Nishi-Harima, dans la préfecture de Hyogo, où sont installés trois télescopes géants. Mêmes préparatifs minutieux en Australie, où des milliers de personnes étaient attendues à Melbourne,

à l?Observatoire de Sydney et dans les parcs du pays, pour tenter d?apercevoir quelque chose de la « Planète rouge ».

Mais, en Asie, Mars a aussi réveillé quelques vieilles lunes : les astrologues y voient une menace imminente de catastrophe. Ainsi, selon les astrologues indiens, les positions actuelles de la Lune, de Mars de Saturne et de Rahu, planète maléfique figurant dans leur cosmogonie, constituent un mauvais présage pour un avenir proche.

En Europe, beaucoup de grands observatoires ouvrent leurs portes au public pour l?occasion. C?est le cas notamment au Portugal, où une dizaine d?observatoires se préparent à accueillir les amateurs d?astronomie. Mais le spectacle risque d?être gâché par le retour des nuages et de la pluie.

En Espagne, on a observé un boom sur les ventes de lunettes astronomiques et le Musée du Cosmos, à Ténérife (Canaries), l?un des plus grands observatoires d?Europe, connaît ces jours-ci une affluence record.

Très limité en Italie, contrairement à la « Nuit des étoiles » du 10 août, l?intérêt est grand en Grèce, où plus de 5 000 personnes se sont manifestées pour étudier le phénomène à l?Observatoire d?Athènes, espace qui ne peut accueillir que 80 personnes.

Quelques personnes sont aussi venues mardi soir à l?Observatoire d?Archenhold, à Berlin, resté ouvert jusqu?à deux heures du matin. Mercredi soir, la planète risquait d?être difficilement visible, une épaisse couche nuageuse étant annoncée jeudi au-dessus d?une majeure partie du territoire, mis à part la Bavière et le Bade-Wurtemberg.

Les habitants de Mars? en Ardèche, ont en revanche boudé l?événement. Selon l?adjoint au maire, « rien de spécial n?a été prévu » dans le village de 50 habitants. Deux autres communes françaises portent le nom Mars, respectivement dans la Loire et dans le Gard.

© 2003 Le Monde distribué

par The New York Times Syndicate

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