Publicité
Une fin de match tragique au stade de Camp-Ithier
Par
Partager cet article
Une fin de match tragique au stade de Camp-Ithier
Le sport n?est pas toujours synonyme de liesse. Il est plus de 17 heures, ce 24 août. Le match entre l?équipe de foot de Bramsthan et le Santos Football Club de Pointe-aux-Piments tire à sa fin. Au stade de Camp-Ithier, dans l?Est, plus de cent personnes sont venues encourager les équipes participant au tournoi organisé par les forces vives des deux villages. Le score étant nul des deux côtés, c?est l?heure des tirs au but. Un joueur s?apprête à tirer quand soudain, on entend des cris suivis d?un grand fracas. Une partie des gradins vient de s?effondrer, projetant trois hommes et un enfant par terre.
« Mo ti pé assize lor banc la kan éne coup mone tome par-derrière », raconte Akshay Gostoo, 11 ans. Il tente de se relever mais une douleur atroce lui scie la jambe droite qui est prisonnière du béton. Il saigne abondamment. Joueurs et spectateurs se pressent pour lui porter secours. C?est le choc. Ce stade régional est justement en train d?être rénové. « Ti éna zisse trois ou quatre ferrailles dans sa gradin la, pas possible sa. Dan la table en béton dans mo la cuisine éna six ferrailles, couma éne zafer kumsa kapav arrivé », s?insurge Bhoomeshwar Joyram, président du Santos Football Club.
Même si les proches d?Akshay remercient la providence, il reste que le constructeur n?a pas observé les procédures. « Nous avons alloué les travaux de réfection du stade qui tombe sous notre responsabilité à un contracteur par appel d?offres. Il fallait également construire des gradins. Celui-ci a installé les gradins sans que les
inspecteurs du conseil de district n?aient eu le temps de vérifier le nombre de fers de construction qui ont été posés avant que le béton ne soit coulé », déplore le président du conseil de district de Moka-Flacq, Prakash Bhunsee.
Le contrat n?ayant pas été respecté, le conseil de district envisage de tout détruire pour vérifier le nombre de fers installés dans ces gradins pour éviter un accident similaire. « Comme nous ne sommes pas équipés d?appareil pouvant déceler le nombre de fers de construction, c?est l?option qui s?offre à nous. »
« Docter ine dire mwA mo la viande ine crazé »
Chez les Gostoo, une famille ouvrière de Pointe-aux-Piments, on n?envisage pas d?action juridique pour le moment. La mère ouvrière et le père chauffeur sont trop pris par le travail et le petit Akshay doit rester chez sa grand-mère à Bois-Pignolet pour ses deux semaines de repos forcé. « Docter ine dire mwa mo la viande ine crazé », explique le garçon qui est en Standard V.
Alors qu?il était parti à Camp- Ithier pour voir jouer son cousin, il a dû passer trois nuits à l?hôpital avant de pouvoir retrouver les siens. Les trois autres blessés ont eu plus de chances que lui ; ils n?ont été que légèrement touchés. Entre les feuilletons à la télévision et ses révisions, le petit garçon tente tant bien que mal d?oublier la douleur.
Publicité
Publicité
Les plus récents