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Une marchande restitue un porte-feuille égaré à sa propriétaire
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Une marchande restitue un porte-feuille égaré à sa propriétaire
« Monne grandi dans ène milieu modeste. Mo conné ki appelle la misère. Mais papa ek maman ine toujours appran nou vive dans l?honnêteté », déclare avec modestie Indira Bheekhun. C?est en ces termes que cette marchande de pulls, de nappes et de draperie à la foire de Quatre-Bornes, justifie le fait qu?elle ait fait des pieds et des mains pour restituer un portefeuille égaré contenant Rs 2 000 à sa propriétaire.
Cette femme de 43 ans n?a pas toujours travaillé à la foire. Avant de venir prêter main-forte à Sachin, son mari, Indira, qui a étudié jusqu?en Form V, a exercé pendant 18 ans comme Assistant et Senior Clerk à l?usine Floréal Knitwear. C?est une dépression post-natale qui l?a fait abandonner cet emploi. Une fois rétablie, Indira a préféré aider son mari à la foire de Quatre-Bornes.
Ils y sont le jeudi et le dimanche. Le reste du temps, s?il ne va pas commander des marchandises, Sachin va en livrer chez des commerçants à bord de son van poussif.
Un 17 décembre, alors que les recettes de la journée se montent à Rs 17 000, la pluie pousse badauds et acheteurs à se réfugier sous le stand d?Indira, situé au milieu de la foire, non loin du dernier perron. « A l?époque, je ne conservais pas mes sous dans une sacoche banane mais dans un sac en raffia que je portais sur l?épaule. Quand je devais rendre la monnaie, j?ai constaté que mon portefeuille avait disparu. J?étais mortifiée. Il n?y a point eu de Noël, ni de St-Sylvestre pour les miens et moi cette année-là », raconte-t-elle.
Jeudi dernier, alors qu?elle cherche un sachet en plastique sous son étal, elle aperçoit un portefeuille en cuir bien rembourré. Elle a juste le temps de l?ouvrir et examiner la carte d?identité qui s?y trouve pour réaliser que l?objet appartient à une Mauricienne mariée à un Anglais.
l?inconnu à la casquette
Elle parle de sa découverte à d?autres marchands. Peu de temps après, un homme d?une quarantaine d?années, portant un denim délavé d?une propreté douteuse et une casquette blanche, se présente en disant que sa mère a égaré son portefeuille. Indira a la présence d?esprit de répliquer que la mère doit venir le récupérer en personne. L?homme, sans doute un pickpocket, disparaît pour ne plus reparaître.
Indira conserve le portefeuille et le passe au crible. Elle découvre, entre autres, une facture émanant d?un supermarché de Baie-du-Tombeau. Feuilletant l?annuaire, elle cherche le nom de famille de la propriétaire de l?objet dans la région de Baie-du-Tombeau et trouve un numéro de téléphone. «Quand j?ai téléphoné, je suis tombée sur une fillette qui m?a parlé en anglais. Elle a passé le combiné à sa grand-mère qui m?a donné le numéro de téléphone de sa fille mariée à un Anglais. A ce numéro-là, je n?ai eu que la bonne. Quand j?ai rappelé le premier numéro, le père de la Mauricienne a confirmé que sa fille avait perdu son portefeuille. Celle-ci a rappelé et je lui ai donné rendez-vous le dimanche suivant à la foire».
C?est ainsi que la Mauricienne a pu récupérer son bien, sa carte d?identité, son argent et ses papiers. Indira a refusé d?accepter un quelconque dédommagement. Elle trouve normal d?avoir restitué l?objet et son contenu. « Mo pas ti pou capav prend portefeuille-là et sa cash-là. Li ti pou ène fardeau lor mo latête. Quand monne ranne li so dibien, monne senti moi soulagé. Faudé zamais garde séki pas pou ou ».
Des notions d?honnêteté et d?humanisme qu?elle inculque à Pooja, 14 ans, Mayur, 13 ans, Dolly, 10 ans, ses trois enfants qu?elle adore. Notions qui devraient être celles de tous les Mauriciens...
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