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Les prix du carburant révisés chaque trimestre
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Les prix du carburant révisés chaque trimestre
La State Trading Corporation (STC) veut mieux refléter l?évolution du prix du carburant sur le marché mondial. C?est ainsi que l?organisme responsable de l?approvisionnement de Maurice en produits pétroliers planche sur un nouveau mécanisme d?ajustement du prix. L?objectif principal est d?empêcher la STC de faire de futures pertes sur l?importation et la vente des produits pétroliers.
Le problème de la STC est simple : elle importe des produits pétroliers à des prix qui fluctuent tandis que le prix de vente sur le marché local est fixe. Tant mieux si le cours du pétrole baisse sur le marché mondial. Mais lorsqu?il grimpe, des pertes s?ensuivent.
La STC est ainsi contrainte de vendre à moins cher que le coût d?achat. En l?absence d?une majoration du prix du carburant à la pompe, les pertes s?accumulent. De ce fait, durant les années financières 1999-2000 et 2000-2001, l?organisme a essuyé des pertes de Rs 2,7 milliards.
A cause de ces pertes accumulées et de leur incidence sur le budget de l?Etat, le Fonds monétaire International (FMI) n?a cessé de recommander l?adoption d?un mécanisme d?indexation automatique du prix du carburant. Celui-ci traduirait l?évolution du prix des produits pétroliers sur le marché mondial.
La dernière Public Information Note (PIN) du FMI réitère d?ailleurs cette recommandation. Objective, transparente et basée sur des paramètres purement techniques, la révision des prix évitera que le coût de l?essence soit assujetti à des considérations politiciennes dont la STC et, en dernier recours, l?Etat font les frais.
Le message a été entendu. La STC a soumis au gouvernement une proposition pour la création d?un mécanisme de révision régulière du prix du carburant. A ce stade, les discussions ont eu lieu au niveau des hauts cadres des ministères du Commerce et des Finances et des organismes concernés.
La STC prépare un papier qui sera soumis au Conseil des ministres. Selon certaines sources, le nouveau mécanisme de révision des prix pourrait entrer en vigueur à partir de janvier 2004. Mais à la STC, on déclare qu?il est encore trop tôt pour avancer une date même si une ?tentative date? a effectivement été évoquée.
Evolution des prix
Selon la formule proposée, les prix des produits pétroliers seront analysés chaque trimestre. Deux principaux paramètres seront pris en considération : le cours du brut sur le marché mondial et l?évolution du taux de change du dollar. Les prix seront revus à la hausse mais aussi à la baisse, selon l?évolution de la situation, précise-t-on à la STC.
Néanmoins, cet exercice n?implique pas une révision automatique, à la hausse ou à la baisse chaque trois mois. D?après la formule proposée, si le prix du pétrole n?a pas fluctué de plus d?un certain pourcentage ? par exemple 5 % - le prix de vente demeurera inchangé. Toutefois, la fluctuation sera considérée lors du prochain exercice de révision.
Le mécanisme préconisé implique également un maximum de majoration possible. Par exemple, si ce plafond est de 15 % et que le cours du pétrole sur le marché mondial augmente de 20 %, la hausse maximale répercutée localement sera de 15 %. ?Il y a un équilibre à trouver entre les finances de la STC et ce que l?économie peut absorber comme hausse de prix?, commente un responsable du dossier.
Avec les prix des produits pétroliers actuellement en vigueur sur le marché local, l?application immédiate du mécanisme de révision proposé n?aurait pas un impact significatif sur les prix, avance un responsable.
C?est uniquement dans des occasions exceptionnelles que le cours mondial du pétrole peut augmenter drastiquement en une courte période, soulignent des spécialistes. Le mécanisme de révision des prix vise justement à protéger les finances de la STC dans des situations de crise.
Mais la STC ne mise pas uniquement sur ce mécanisme de révision pour se protéger contre les risques associés aux fluctuations du prix du pétrole sur le marché mondial. Un système de hedging pour limiter ces risques et ceux liés au taux de change a également été mis en place.
La STC a déjà engagé une série de consultations avec les stakeholders concernés par la question. Les multinationales pétrolières de même que les gros consommateurs, comme l?industrie du transport, ont été invités à soumettre leur point de vue.
Marcel Descroizilles, directeur général de la compagnie pétrolière Esso, accueille favorablement l?idée d?un mécanisme de révision régulière du prix du carburant. Selon lui, il est préférable de réviser les prix régulièrement plutôt que d?imposer des hausses importantes sur les consommateurs après une longue période sans révision. ?Une politique qui reflète la vérité des prix est une excellente chose pour la STC et le pays?, précise-t-il.
Mais ce dernier ajoute que si les compagnies pétrolières doivent afficher de nouveaux prix chaque trois mois, cela aura une conséquence sur leurs finances. ?Mais le jeu en vaut la chandelle?, concède Marcel Descroizilles.
Les compagnies d?autobus apprécient également la révision régulière du prix du carburant. Néanmoins, quelques considérations pratiques doivent être prises en compte. Le diesel représente entre 22 % et 25 % des coûts d?opération des compagnies d?autobus. A titre d?exemple, une hausse de 15 % du prix du diesel aura une incidence d?environ 2 % à 4 % sur les coûts d?opération.
Dans la pratique, il sera difficile d?augmenter le coût du ticket de 2 %, soutient Sanjeev Goburdhun, directeur de Rose-Hill Transport. Pourtant, avec les faibles marges bénéficiaires, caractéristiques de cette industrie, 2 % à 4 % peuvent être l?équivalent des profits.
Pour ne pas déstabiliser le public voyageur avec des majorations trimestrielles, il serait préférable de réviser les tarifs d?autobus chaque année, ajoute-t-il. Dans certains pays, le ticket d?autobus est indexé annuellement sur le taux d?inflation.
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