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Le FMI inquiet du déficit budgétaire et du chômage
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Le FMI inquiet du déficit budgétaire et du chômage
Le Fonds monétaire international est pessimiste. Le niveau élevé du déficit budgétaire ?risque de compromettre la stabilité macroéconomique à moyen terme?, estime-t-il.
La lutte contre le chômage et la réduction du déficit budgétaire devraient être les priorités du gouvernement à moyen terme, soutient le Fonds monétaire international (FMI). C?est en tout cas ce qui ressort de la Public Information Note (PIN) de l?institution de Bretton Woods à la suite de l?exercice de consultations annuelles (Article IV Consultations) avec les autorités.
?Dans le moyen terme, les principaux défis seront de diversifier l?économie, de lutter contre le chômage persistant malgré un taux de croissance satisfaisant et de contenir le déficit budgétaire et la dette publique?, lit-on dans la PIN rendue publique hier. Tout en accordant quelques bons points au gouvernement pour les réformes entreprises, le FMI exprime aussi ses préoccupations quant à la dette publique, au déficit budgétaire et au chômage. La gestion macroéconomiqe a été saine au cours des deux dernières décennies, ce qui a permis de doubler le revenu par habitant et de réduire les disparités sociales.
?Récemment toutefois, le déficit budgétaire a été augmenté, la croissance économique a ralenti et le chômage demeure élevé et persistant?, note le FMI. Le déficit budgétaire a en effet été de près de 6 % pour l?année financière 2002-2003. Un niveau de déficit qui ?n?est pas soutenable et risque de compromettre la stabilité macroéconomique à moyen terme?, ajoute le rapport.
Le FMI exhorte donc le gouvernement à entreprendre un programme de réduction budgétaire plus ambitieux afin de ramener le déficit à un niveau plus gérable vers 2006-2007, et ce tout en stabilisant la dette publique à un plus bas niveau. A ce chapitre, le rapport fait ressortir que le niveau de la dette publique, qui est assez élevé, peut être soutenu par le ?track record? de forte croissance de l?économie. Néanmoins, le FMI se dit inquiet des pressions qu?exercent les pertes du Central Electricity Board (CEB) et de la State Trading Corporation (STC) sur les finances publiques.
Croissance ?robuste? mais?
Pour éliminer ces pertes, un réajustement des tarifs d?électricité est préconisé pour mieux refléter le cours mondial du pétrole. Le FMI exhorte les autorités à adopter un mécanisme d?ajustement automatique du prix des produits pétroliers. Le problème du chômage est aussi abordé. Celui-ci, note le rapport, demeure élevé, et ce malgré une croissance économique ?robuste?. L?une des raisons à cet étrange paradoxe serait l?inadéquation grandissante du système d?éducation et de formation par rapport aux besoins de l?économie. Le FMI félicite d?ailleurs le gouvernement pour les réformes entreprises pour améliorer le système d?éducation nationale.
L?une des autres raisons expliquant le niveau élevé du chômage à Maurice serait liée, précise le rapport, à ?l?existence de rigidités sur le marché du travail?. Le Board du FMI recommande donc une révision de la politique salariale afin de permettre les négociations collectives au niveau des entreprises. En outre, le tribunal d?arbitrage, de même que les organismes déterminant les salaires dans les secteurs publics et privé, doivent tenir compte des facteurs économiques et de la compétitivité en soumettant leurs recommandations.
Concernant la baisse de la croissance économique, le FMI l?attribue à la morosité de l?économie mondiale, qui affecte les performances de la zone franche et du tourisme. Un retour à la normale dépendra certainement de la reprise de l?économie mondiale, de la performance des secteurs d?exportation et de politiques macroéconomiques saines.
Des réformes structurelles ? notamment au niveau du marché du travail ? contribueront à améliorer la compétitivité et à attirer les investisseurs. Les perspectives de croissance à moyen terme en seront améliorées. Mais les coûts élevés des services publics sont aussi un handicap. De plus, les blocages pour l?obtention de permis doivent être éliminés pour faciliter l?investissement.
Le FMI note également que la politique monétaire a été resserrée en 2002-2003, comparativement à l?exercice précédent. Néanmoins, en réaction à l?écart grandissant dans les différentiels des taux d?intérêts, la Banque de Maurice a réduit les taux de 1,25 %, tandis que l?inflation a, elle, été ramenée à 5 % environ. Le surplus du compte courant est demeuré conséquent et tourne autour de 4 % du produit intérieur brut. Ce surplus traduit une réduction de l?absorption de l?économie occasionnée par une croissance de l?épargne. Grâce à sa politique d?intervention, les réserves internationales de la Banque de Maurice ont atteint US$ 1,3 milliard fin juin 2003 ? ce qui représente 7,3 mois d?importations ? contre US$ 1 milliard en juin 2002.
Maurice a participé au Financial Sector Assessment Programme, qui a conclu que le pays ?a un système financier trés développé? et que ?le système bancaire est très rentable et sain?, note le FMI.
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