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À démagogue, démagogue et demi

2 août 2003, 20:00

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Le vieux renard n?a rien perdu de sa verve et de son astuce. Il l?a démontré mardi lorsqu?il s?est lancé dans une surenchère démagogique face à l?opposition à propos des augmentations des indemnités parlementaires par le Pay Research Bureau. « Que ceux qui pensent que les augmentations préconisées pour les députés sont excessives optent pour le statu quo », lance, en effet, Sir Anerood Jugnauth lors de son summing-up sur The National Assembly Allowances (Amendment) Bill.

Il faut dire que l?opposition l?avait cherché. Navin Ramgoolam était mal placé pour contester le nouveau barème, du fait qu?il avait lui-même présenté en décembre 1998, la grille des augmentations de salaires des ministres et des indemnités parlementaires. Une grille bien plus généreuse que celle adoptée cette année.

Le leader de l?opposition prend toutefois la peine de doser ses critiques. Il se met à marcher sur des ?ufs au début de son intervention. « We all know it?s a complex exercise. »

Il reconnaît que toute révision salariale est délicate et qu?elle doit tenir compte de la nécessité pour la Fonction publique d?attirer les compétences essentielles à son bon fonctionnement. « Les fonctionnaires méritent chaque sou qu?ils reçoivent. We need to attract the best and the brightest. » Il conçoit que le même raisonnement s?applique à ceux qui choisissent de se mettre au service du peuple. Mais, ajoute-t-il, la situation économique est difficile et ne peut pas être comparée à celle de 1998. « Les élus devraient donner le bon exemple. »

Il suggère un gel de l?augmentation pendant une année ou en attendant que les choses s?améliorent.

Mais il en faut bien plus pour désarmer Sir Anerood. Dans sa réplique, il se met à comparer les augmentations accordées en 1998 au Premier ministre et aux ministres à celles préconisées par le nouveau texte de loi. L?argument fait mouche.

Le Premier ministre démontre ainsi que le salaire de son prédécesseur était passé de Rs 48 000 à Rs 87 500, soit une augmentation de 82 %, alors que le taux proposé cette année pour ce même poste est de 38,9 % (de Rs 87 500 à Rs 121 500). Les ministres, qui avaient alors obtenu une augmentation de 87,5 %, ne reçoivent cette fois que 41,6 %, dit-il. Comme pour souligner la démagogie de la proposition du leader de l?opposition, le chef du gouvernement se fait alors davantage démagogue. « If the opposition wants to be generous, they can opt for the previous allowances. Nobody prevents them from doing so. »

La suggestion de Sir Anerood reste sans réponse. Du banc de l?opposition, personne ne bronche, tandis que les élus de la majorité applaudissent en guise de pied de nez.

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