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La dynamique de paix s?installe

1 août 2003, 20:00

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Tout semble fin prêt pour que les soldats de la force internationale puissent enfin agir au Liberia. Quelque 1 500 soldats nigérians attendent d?être déployés à Monrovia. La situation humanitaire se détériore rapidement. Beaucoup de Libériens sont malades et manquent de nourriture.

par Matthew tostevin

La dynamique qui doit déboucher sur l?envoi au Liberia d?une force ouest-africaine de maintien de la paix s?est accélérée avec l?arrivée, d?une mission d?évaluation et le dépôt à l?Onu par les Etats-Unis d?un projet de résolution autorisant la création d?une force multinationale. Mais la violence n?a pas faibli hier dans la capitale, Monrovia. Les combats pour le contrôle de la ville font rage depuis maintenant 13 jours entre les forces du président Charles Taylor et les rebelles des Libériens unis pour la réconciliation et la démocratie (Lurd ). Des tirs à l?arme légère et des explosions de grenades ont encore été entendus durant la nuit et la matinée à Monrovia. Des affrontements ont également eu lieu à Buchanan, le deuxième port du pays, tombé lundi aux mains d?un autre groupe insurgé, le Mouvement pour la démocratie au Liberia (Model), et à Gbarnga, un bastion du président Taylor situé dans le Centre. Le Model et les Lurd contrôlent au total environ les deux tiers du pays. «Ils continuent à attaquer», a déclaré à Reuters le général Benjamin Yeaten, chef d?état-major de l?armée loyaliste. «Nous félicitons les chefs d?Etat ouest-africains pour l?envoi de la mission et sommes impatients de travailler avec elle», a-t-il ajouté. Les dirigeants des pays membres de la Communauté économique des Etats d?Afrique de l?Ouest (Cedeao ), doivent se rencontrer au Ghana pour une réunion d?urgence durant laquelle ils parleront de la force de maintien de la paix.

une lueur d?espoir

Quelque 1 500 soldats nigérians attendent d?être déployés à Monrovia mais les dirigeants régionaux réclament un cessez-le feu sur le terrain avant de donner leur feu vert. Les travaux de la mission de reconnaissance doivent durer au moins deux jours mais un programme précis doit encore être élaboré et l?on ne sait pas encore si ses membres essaieront de traverser la ligne de front. L?arrivée de cette mission a cependant allumé une lueur d?espoir chez les Libériens, fatigués et terrorisés par les combats, et qui sont désormais confrontés à la maladie et au manque de nourriture. Des centaines de personnes se sont d?ailleurs massées dans les rues de Monrovia, scandant : «Plus de guerre, nous voulons la paix», au passage des jeeps transportant les membres de la mission de la Cedeao. «Nous sommes très heureux que l?équipe soit là aujourd?hui. Nous voulons que tout cela se termine le plus vite possible», a déclaré Thomas Deilebo, l?un des habitants de Monrovia réunis devant l?ambassade américaine, où les membres de l?équipe devaient s?entretenir avec des responsables américains. Ils ont auparavant rencontré des membres du gouvernement libérien. «Ce pourrait être un tournant», avait déclaré à Reuters l?ambassadeur américain John Blaney alors que l?équipe de reconnaissance arrivait du Ghana.

«Il faut venir à notre aide»

Un responsable du Pentagone a également fait savoir que deux bateaux de la marine américaine ne se trouvaient plus qu?à deux ou trois jours de mer du Liberia. En tout, trois navires avec à leur bord 2 300 «marines» et 2 000 marins doivent soutenir la force de maintien de la paix, dans ce pays fondé il y a plus de 150 ans par des esclaves américains affranchis. A New York, les Etats-Unis ont aussi présenté un projet de résolution au Conseil de sécurité qui autoriserait l?envoi d?une force internationale au Liberia, et préparerait le terrain à un éventuel déploiement américain dans le pays. Le texte permettrait aux forces ouest-africaines, américaines ou autres d?entrer immédiatement au Liberia et ouvrirait la voie au déploiement d?une force de paix de l?Onu pour prendre le relais à partir d?octobre. Aucune décision n?a été prise quant au vote de cette résolution, qui autoriserait les troupes déployées à employer la force. John Negroponte, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l?Onu, a déclaré que le Conseil «prendrait une décision relative à cette question dès que possible». Mgr Michael Francis Kpakala, archevêque de Monrovia, a également demandé une intervention rapide de la communauté internationale après avoir rencontré le secrétaire général de l?Onu, Kofi Annan. «Maintenant, et pas demain, il faut venir à notre aide», a-t-il déclaré.

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