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« Il faut très tôt informer les jeunes sur les possibilités d?études »

1 août 2003, 20:00

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  • Après 27 ans comme chargé de cours, vous êtes depuis lundi dans les rouages de l?administration comme

Registrar. Comment se passe cette transition ?

Il y a un lien entre les deux fonctions. Les académiciens sont aussi concernés par les règlements de l?institution que par les problèmes des étudiants. C?est un plus dans ma nouvelle fonction d?avoir eu une si longue expérience dans le monde académique.

  • Quelle est l?importance du rôle du Registrar ?

C?est un maillon important dans la bonne organisation de l?institution. Il agit comme une passerelle entre le senior management et les étudiants d?une part, et de l?autre, entre l?administration et les académiciens. Il faut que les décisions, prises par la direction, soient comprises à tous les niveaux. Il doit aussi transmettre au management le feed-back des utilisateurs. J?insiste sur la fonction de passerelle, sinon il y a une rupture totale de la communication.

  • Quelle est votre vision de l?université de Maurice face à l?émergence des centres de formation privés de même que l?installation d?antennes de grandes universités étrangères ?

L?université de Maurice aura toujours un rôle prépondérant dans le domaine des études supérieures. Je n?ai aucune crainte car nous avons l?expérience et l?expertise nécessaires reconnues par les examinateurs externes. Ils confirment que notre niveau est comparable à celui d?autres pays. Les institutions étrangères se sont installées parce qu?il y a eu un vide pendant plusieurs années dans le domaine des nouvelles technologies et celui du business management. Nous ne sommes pas dans une position de faiblesse. Nous nous sommes beaucoup rattrapés avec les cours destinés à l?ICT et le e-business. Nous allons dans la bonne direction. L?engineering tower est en construction et nous sommes en train de recruter des gens spécialisés dans le domaine de la communication afin de faire face à la demande. Nous avons malheureusement des contraintes financières qui nous empêchent d?aller plus vite.

  • La rentrée universitaire 2003 est prévue pour lundi, combien de demandeurs pour les

« undergraduate courses » n?ont pu obtenir une place ?

Nous avons enregistré cette année 4 400 demandes pour

1 700 places disponibles. 1 650 candidatures ont été finalement retenues. C?est à peu près le même nombre de jeunes qui sont admis chaque année. Ce n?est pas nécessairement à cause des places limitées que les demandes sont rejetées. Un grand nombre de demandeurs n?ont pas les required entry qualifications. chaque année, les quelque 6 000 HSC school leavers, n?ont pas tous les aptitudes pour entreprendre des études universitaires.

  • Est-ce que le choix de ces jeunes correspond aux besoins du pays ?

Chaque année, l?université prend en compte les besoins du pays en ressources humaines afin qu?il n?y ait pas de mismatch entre ce qu?ils veulent étudier et la réalité. S?il y a, par exemple, trop de gradués dans certaines filières, nous y réduisons le nombre de places. Nous offrons un grand choix de cours undergraduate afin de permettre aux jeunes d?avoir une idée générale en termes de formation. Certains font un mauvais choix tout simplement à cause d?un manque d?informations. Il y a aussi ceux qui se laissent convaincre par les parents. L?information sur les possibilités d?études à l?université de Maurice doit atteindre le jeune à partir de la Form V. Il peut commencer déjà à penser à sa carrière.

  • Les chargés de cours reprochent souvent aux nouveaux étudiants leur « spoonfeeding attitude ». Est-ce que cela a changé ?

Je suis là depuis 26 ans et je ne vois pas beaucoup de changement à ce niveau. Ils entament leur première année d?études comme une continuation du HSC. Les chargés de cours donnent beaucoup d?assignments et encouragent les travaux en groupe pour les défaire de cette habitude. Pour moi, le lecturer doit être un guide pour l?étudiant tout au long de son pas-

sage à l?université.

  • Quel est votre message pour ce millier de jeunes qui font leur entrée sur le campus lundi ?

Certes l?objectif premier est de décrocher un diplôme, mais ce n?est pas tout. Je veux leur dire qu?ils ne sont pas là uniquement pour la formation académique, mais aussi pour participer aux autres activités. Ce qui me

peine, c?est que les étudiants ignorent les autres aspects de la vie universitaire.

  • L?Assemblée nationale a voté cette semaine un projet de loi pour le développement des ressources humaines. L?université de Maurice est-elle partie prenante de cette stratégie nationale ou se complaît-elle dans sa tour académique ?

We are part of the players in the human resource development. Et nous ne pouvons pas nous tenir à l?écart de la politique gouvernementale pour ce qui est de la formation. C?est une question d?intérêt national et l?université a certainement un rôle à jouer à ce niveau.

  • L?université de Maurice accepte-t-elle mieux maintenant la présence de l?Université de technologie (UTM) ?

L?UTM est une réalité et non un concurrent car chacun a des objectifs précis. Bien sûr quand un lecturer veut partir, surtout si c?est quelqu?un formé par nous, cela fait un peu mal. Ce n?est pas facile de trouver un remplaçant immédiatement.

  • Les chargés de cours réclament le droit de faire de la politique. Est-ce que vous les soutenez ?

D?après le dernier rapport du Pay Research Bureau, ils n?ont pas le droit de faire de la politique active. Personnellement, je ne suis pas en faveur d?un engagement actif des chargés de cours dans ce domaine. En revanche, je suis pour une participation dans les débats. Pour avoir été lecturer pendant plus de 20 ans, je peux vous dire que c?est more than a full-time job. Ce n?est pas un travail de 9 à 16 heures. Je constate que la politique active est aussi très exigeante et je ne vois pas comment je peux gérer mon temps correctement en faisant les deux à la fois. D?autre part, le politicien actif est moulé dans une ligne de pensée et il doit suivre la philosophie de son parti. Ce serait une contrainte car un lecturer, à mon avis, doit être beaucoup plus ouvert et permettre plusieurs courants de pensée parmi les élèves.

  • La « Booksellers Owners Association » s?est plainte auprès de la MASA sur des photocopies des manuels en totalité et qui sont encouragées, selon eux, par des chargés de cours. Ils parlent de « photopillage ». Est-ce normal que les droits d?auteurs ne soient pas respectés à l?université ?

L?université a effectivement reçu des correspondances à ce sujet de la MASA. Nous les avons fixés au notice board pour que le personnel en prenne connaissance. Je suis contre le piratage. Aujourd?hui, les livres sont beaucoup plus accessibles que dans le passé et les chargés de cours devraient faire un effort pour décourager cette pratique. Everybody should give due credits to the authors. J?ai l?intention d?écrire un livre et je ne voudrai pas que mon ouvrage subisse le même sort. Si on ne veut pas acheter, qu?on respecte au moins le travail de l?auteur.

  • Une des faiblesses de l?université concerne la recherche. Est-ce à dire que ce n?est pas la priorité de l?université ?

La recherche fait partie des fonctions de toute université, mais cela prend du temps. Il nous fallait d?abord recruter les gens capables de faire de la recherche et leur donner ensuite la formation appropriée. Nous étions dans une phase de consolidation. Il y a 15 ans rien que 10 % des lecturers avaient des research experiences. Aujourd?hui 50 % de notre personnel académique ont un doctorat. Ou alors ils sont en train de faire de la recherche pour l?obtention d?un doctorat. Je suis d?accord qu?il faut mettre beaucoup d?accent sur la recherche appliquée.

  • Il paraît que l?internet ouvre la voie aux possibilités de plagiat dans les dissertations des étudiants. Comment l?université arrive-t-elle à gérer ce problème ?

Il faut admettre que l?internet représente une source d?informations inépuisable pour l?étudiant. Il en a tellement qu?il ne sait pas comment en extraire l?essentiel. L?étudiant ne trouve plus le temps d?être créatif et critique, il ne fait que copier. Pour ma part, c?est facile d?identifier ce qui ne vient pas de son cru. Le plagiat est one of the most serious offence dans le monde académique. Dès que je vois un changement de style et une cassure dans les idées dans la dissertation, je me dis qu?il y a plagiat quelque part. Ceux qui supervisent le travail de l?étudiant dans le processus de dissertation ont un rôle important à jouer. S?ils ont un doute en cours de route sur l?écriture et sur l?originalité du contenu, ils doivent rappeler l?étudiant à l?ordre.

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