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Maurice toujours en retard

1 août 2003, 20:00

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Cela fait cinq ans déjà que Maurice a fait l'acquisition d'équipements de haute-technologie pour effectuer des tests ADN. Pourtant, elle est toujours dans l'incapacité d'en effectuer.

Aucun technicien du laboratoire médico-légal de la police ne peut en effet encore procéder à ces tests car ces techniciens poursuivent encore leur formation en Afrique du Sud. Un retard qu'accusent aussi les légistes en ce qui concerne la loi sur les prélèvements d'échantillons pour les tests génétiques.

Avec un peu de chance, disent des spécialistes, ces tests pourraient être effectués chez nous dans le courant de l?année prochaine. En attendant, quatre techniciens du laboratoire médico-légal font la navette entre Maurice et l?Afrique du Sud dans le cadre de leur formation.

Ceux-ci auront d'ailleurs à dresser l?empreinte génétique de Marcelin Azie, soupçonné d?avoir violé et tué Nadine Dantier sur un terrain en friche à Albion. Après être passé aux aveux, ce dernier est en effet depuis revenu sur sa déclaration. De fait, les enquêteurs estiment que les tests ADN des secrétions prélevées sur le corps de la victime et sur le suspect pourraient être déterminants pour la poursuite de l'enquête.

Mais cela risque toutefois de ne pas être facile. Des légistes estiment en effet que le Criminal Procedure Act devrait être amendé pour rendre obligatoire le prélèvement de sécrétions et d'autres échantillons pour que soient effectués des tests génétiques.

Parmi eux se trouve Me Etienne Sinatambou, ancien magistrat du parquet et actuel avocat et avoué. Selon lui, la loi est

« très spécifique » en ce qui concerne, par exemple, les empreintes digitales. Ainsi, l?article 221 de cette loi se lit : « Where a person arrested on suspicion of having committed a crime is brought to the police station, the officer in charge of the station or any police officer may take his fingerprints on a finger print slip. » Me Sinatambou souligne que le terme « may » marque le caractère "non obligatoire" pour le suspect de donner ses empreintes digitales.

L?article suivant indique : « Any magistrate may, on the application of a superintendent of police or assistant superintendent of police, by notice in writing, require any person who has been convicted of a crime, and whose fingerprint has not been taken, to attend at a police station, in order that finger prints may be taken. »

Mais ici encore, indique le légiste, le suspect peut aussi éviter de donner ses empreintes. La sous-section 3 stipule en effet : « Any person who fails to comply with the notice shall commit an offence and shall be liable on conviction to imprisonment not exceeding six months. »

Autrement dit, celui qui refuse toujours de donner ses empreintes risque d'être condamné à la prison, auquel cas il ne sera toujours pas obligé de laisser effectuer de prélèvements. Ce qui mettra des bâtons dans les roues des techniciens du laboratoire d'analyse génétique.

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