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Le feu reprend en France
A cause du vent, le feu qui a éclaté, s?est rapidement propagé. Il a parcouru près de 500 hectares en six heures. Plus de 400 hommes ont été dépêchés sur place. Les pyromanes seront sévèrement punis.
Avec le retour du vent, le feu a repris dans le Var et les Bouches-du-Rhône où neuf pompiers ont été blessés, dont deux grièvement, a-t-on appris auprès des secours.
L?origine criminelle de certains des gigantesques incendies des derniers jours ne semble pas faire de doute et un employé municipal de Figanières, dans le Var, a été mis en examen hier après avoir reconnu avoir allumé sept feux ce mois-ci et deux l?été dernier.
Dans les Bouches-du-Rhône, à Lambesc, à une quinzaine de kilomètres de Salon-de-Provence, un incendie a éclaté dans une zone forestière difficile d?accès et neuf pompiers ont été blessés, dont deux grièvement, en luttant contre les flammes.
?Deux pompiers ont été pris par un retour de flammes et ont été gravement brûlés. Ils ont été transportés l?un à l?hôpital de Montpellier, l?autre à celui de Toulon?, a déclaré un porte-parole des pompiers.
Les sept pompiers légèrement blessés ont été évacués vers les hôpitaux de Salon-de-Provence et d?Aix-en-Provence.
Dans le Var, où 8 000 hectares ont été ravagés depuis lundi, le vent qui s?est levé après une brève accalmie a provoqué trois reprises de feu près de La Motte et pousse les flammes en direction de Callas et Bagnols-en-Forêt.
Un incendiaire avoue
?C?était notre crainte (...) Dès que les températures augmentent, ça se transforme en reprises très importantes et très virulentes?, a déclaré sur France Info le lieutenant Jean-Pierre Souza, du Centre opérationnel départemental d?incendie et de secours (Codis).
Un millier de personnes ont été évacuées du camping de la Haute-Garduaire et d?une auberge. Huit cents hommes avec 200 véhicules sont sur place, aidés de quatre Canadair et deux hélicoptères bombardiers d?eau, mais la fumée a gêné considérablement l?action des secours aériens.
Comme le redoutaient les pompiers, le retour du vent compromet les espoirs de venir à bout des feux qui avaient pourtant été stabilisés mercredi matin. Des renforts sont attendus, notamment des moyens aériens venant de Russie.
A la demande des autorités françaises, le ministère russe des Situations d?urgence a accepté de fournir deux hélicoptères Mi-26 équipés de cuves pouvant contenir 12 tonnes d?eau.
Quatre morts sont à déplorer dans le Var depuis lundi. Il s?agit d?une grand-mère britannique et de sa petite-fille adolescente, d?une Néerlandaise et d?un Polonais. Toutes les victimes ont été piégées par les flammes, alors que la région n?avait pas vu d?incendies aussi violents depuis de nombreuses années.
Le ministre de l?Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui s?est rendu dans le Var mardi, a affirmé que l?Etat serait ?sans pitié pour les imprudents comme pour les criminels?. Une rigueur également prônée par le ministre de la Santé, Jean-François Mattei, pour qui il faut ?pourchasser et punir sévèrement? les pyromanes.
Le député UMP des Alpes-Maritimes, Christian Estrosi, rapporteur du projet de loi sur la sécurité intérieure, a souhaité une modification de la loi pour que les incendiaires ne relèvent plus du tribunal correctionnel mais de la cour d?assises.
Un suspect arrêté lundi, Stéphane Jousse, 29 ans, employé municipal à Figanières, a avoué mercredi devant un juge de Draguignan être à l?origine de neuf départs de feu l?an dernier et ce mois-ci. Il a été écroué au service médical de la prison des Baumettes, à Marseille.
Son avocat, Me Gérard Sabater, a fait savoir qu?il comptait très vite plaider l?irresponsabilité de son client. Membre du comité communal des feux de forêt, le suspect a précisé avoir agi ?par dépit? après le rejet de sa candidature de pompier volontaire, a précisé le procureur-adjoint, Michel Raffin.
Actes de destruction
Stéphane Jousse avait été arrêté à la suite de témoignages faisant état de sa présence et de son comportement suspect sur les lieux d?un incendie qui a détruit 40 hectares près de Figanières.
Le juge d?instruction Didier Guissart l?a mis en examen pour ?actes de destruction et dégradation volontaires par incendie, de nature à créer un danger pour les personnes?, a ajouté le procureur-adjoint.
Les faits ont été commis au cours de l?été 2002 et à sept reprises entre le 5 et le 28 juillet derniers, a-t-il précisé. Stéphane Jousse a reconnu avoir provoqué cinq départs de feu à Draguignan, un à Figanières, un à La Motte et deux à Callas, toujours en fin de soirée ou la nuit.
Avec des allumettes ou un briquet, il allumait des brindilles sur le bord de routes départementales, parfois non loin des habitations, a poursuivi Michel Raffin, qui a requis son placement en détention.
Stéphane Jousse est passible de dix ans de prison. Selon Me Gérard Sabater, il paraît ?psychologiquement fragile?, ?intellectuellement limité? et était le souffre-douleur de ses camarades de travail.
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