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Antonio Félicité, le meneur

28 juillet 2003, 20:00

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Notre représentant aux prochains JIOI en +100 kg, Antonio Félicité est maintenant rassuré. Sa blessure au genou gauche n?est que superficielle. C?est ce que lui a confirmé le physiothérapeute, Jean Félix, hier, au cours d?une visite médicale.

D?après le diagnostic du physiothérapeute, Antonio souffre d?un étirement du ligament interne du genou. Mais, pour la forme, Antonio Félicité subira un scanner ce matin.

Le colosse rodriguais se sent en pleine forme. Hier, Jean Félix lui a prescrit une genouillère de protection et à J-31, il affiche une parfaite sérénité. ?Je suis en repos actif. Hormis les randoris, je suis le même programme d?entraînement que les autres sélectionnés. Pour moi, il n?y a aucun doute, je serai en pleine forme lors du Jour J?, confie Antonio Félicité.

Ayant remporté le métal précieux lors des Jeux des îles de l?océan Indien de 93 et de 98 et s?étant distingué comme l?unique médaillé mauricien lors des Jeux du Commonwealth, l?an dernier, on attend d?Antonio Félicité rien d?autre qu?une belle médaille d?or lors de la première journée des compétitions, le 30 août prochain.

Charisme

Avec ce palmarès éloquent, Antonio Félicité est, également, le favori pour endosser le rôle de capitaine de l?équipe masculine de judo pour les Jeux indianocéaniques de 2003.

Outre ses performances, le Rodriguais de 29 ans semble être un vrai meneur d?hommes. Son charisme et sa simplicité font qu?il est respecté de tous.

Cette qualité, il l?a dûment fait ressortir lors du dernier Tournoi international de Maurice en mai dernier. En lice pour la deuxième et dernière journée des compétitions, le combattant avait su réunir l?équipe mauricienne autour de lui lors des échauffements.

Contrairement à la veille, l?équipe de Maurice avait semblé beaucoup plus soudée. Tous s?échauffaient au même rythme. ?L?esprit d?équipe est très important. Le but de tous les judokas, c?est de gagner. Et pour y arriver, il faut qu?on soit soutenu?, soutient Antonio.

?Mais, malheureusement pour le judo mauricien, ce lien d?amitié entre combattants s?évapore peu à peu?, regrette-t-il.

Pour le grand Tonio, comme le surnomment ses proches, l?ambiance au sein de l?équipe nationale a commencé à dégénérer après les Jeux de 93 aux Seychelles. ?C?est aux Seychelles que j?ai fait mon baptême du feu aux Jeux Indianocéanique. C?était d?enfer ! On était tous fourrés ensemble que ce soit avant, pendant ou après les compétitions?, se rappelle-t-il.

Père de famille

En 98 à l?île de la Réunion, les choses ont tourné différemment. ?Pendant la compétition, on se soutenait uniquement parce qu?on avait la même ambition : battre les Réunionnais au tableau des médailles. Après les duels, on partait chacun de notre côté?, avoue le Rodriguais, tout en se rappelant l?époque où : ?Mimoze Géry venait aux entraînements de préparation pour les Jeux de 93 avec une napolitaine qu?elle arrivait à partager avec tout le monde. Pourtant, elle adorait ce gâteau. L?esprit du partage, c?est ça.?

Quant à sa préparation pour les JIOI 2003, Antonio Félicité dira qu?elle se passe très bien, bien qu?elle soit différente de celle de 98. ?Pour les Jeux de 98, j?ai fait toute ma préparation à Maurice avec l?équipe nationale. Cette année, même si je l?ai voulu, cela aurait été impossible. Je suis maintenant père de famille?, lance-t-il, fier comme un paon, en relatant la naissance de son fils, Julien. Ce dernier qui fait la joie d?Antonio et de sa femme, Karyn a vu le jour, le 6 juillet dernier alors que son père terminait les Internationaux d?Afrique du Sud.

?On peut dire que l?année 2002 et le début de 2003 ont été aussi mouvementés que satisfaisants. Il y a eu mon mariage, la grossesse de ma femme, ma médaille de bronze à Manchester mais ..., il y a eu également quelques intempéries?, dit Antonio.

En effet, la période de préparation n?a pas été rose pour Antonio. Outre sa blessure au genou, Antonio avait souffert d?une fracture à la main gauche lors des Championnats d?Afrique en octobre 2003. Cet incident l?avait éloigné des tatamis pendant trois mois.

Mais rassurez-vous ! Ce n?est certes pas ces petits bobos qui vont empêcher l?étoile rodriguaise de filer vers un troisième succès aux Jeux Indianocéanique.

Antonio est au mieux de sa forme et il affiche une immense détermination. ?Mon objectif, c?est de réussir. Mais je ne peux vendre la peau de l?ours avant de l?avoir tué. Cela, je l?ai appris à mes dépens notamment aux Jeux de 1993?, relate Antonio.

Aux Seychelles, Antonio avait eu le malheur de sous-estimer son premier adversaire dans les combats de poule, le Seychellois, Rassouff. ?Tout le monde avait souligné qu?il ne valait rien. Trop confiant, je suis parti sur le tatami dans l?intention de le battre en quelques secondes. Mais c?est l?inverse qui s?était produit. J?ai été battu et heureusement que j?ai pu vaincre mes deux autres adversaires pour terminer en tête de la poule?, raconte Antonio.

Chat échaudé craint l?eau froide. Depuis Antonio entame chacun de ses combats avec beaucoup de prudence et de clairvoyance. Et face au colosse rodriguais, les judokas des autres îles n?auront qu?à bien se tenir !

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