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Repenser l?informatique
Le séminaire qu?a organisé hier le géant mondial de l?informatique Satyam Computer Services vient à point nommé. Il vient à un moment où les entrepreneurs se posent des questions : faut-il investir dans la technologie informatique pour mieux gérer le ralentissement des affaires et ainsi mieux profiter d?une éventuelle reprise ou faut-il couper drastiquement les budgets IT pour ne pas alourdir des trésoreries déjà sous pression ?
L?entreprise et la technologie informatiques deviennent de plus en plus indissociables. Pourtant, l?informatisation reste un pari très risqué. Beaucoup de projets se soldent par des échecs ou alors donnent des résultats qui sont loin des attentes. Très souvent, ce n?est pas la qualité intrinsèque des technologies qui en est la cause.
Le ?technology hype? de ces dernières années a donné lieu à une déflagration des budgets IT. Les ?technologistes? ont eu leur période faste. L?heure est maintenant à la rationalisation des investissements. Les entrepreneurs souhaitent se retrouver le plus vite possible dans les budgets consentis, que ce soit pour l?informatisation ou pour d?autres projets.
Il est grand temps d?y mettre bon ordre. Il faut d?abord appliquer les règles générales de décision financière et de gestion de risques aux projets informatiques. Les différents projets informatiques possibles doivent être classifiés selon un schéma de profil risque-retour et selon des objectifs bien définis ? réduction des coûts, meilleure utilisation de l?information, possibilités de partager l?infrastructure et recherche des avantages compétitifs. Si les deux premiers motifs comportent moins de risques, les deux autres sont beaucoup plus exposés aux échecs.
Si les entrepreneurs ont de plus en plus les yeux rivés sur le retour des investissements en informatique, encore faut-il qu?ils soient en mesure de déterminer convenablement les retombées de l?informatisation sur l?entreprise. Des méthodes d?évaluation très complexes à cet effet ont récemment vu le jour. Elles visent à simuler l?incidence de l?informatique sur une vaste palette d?indicateurs de performance de l?entreprise.
Outre les techniques d?évaluation, les prestataires ont aussi un rôle plus honnête à jouer dans ce domaine. Le modèle de revenus pratiqué par Satyam Computer Services est très instructif sur ce registre. Le modèle est basé de manière substantielle sur une logique des résultats. Selon cette approche, la société n?exige la totalité des paiements que lorsqu?elle est satisfaite que les indicateurs de performance (telles les mesures de productivité et de rentabilité) du client auront été améliorés grâce aux systèmes nouvellement mis en place.
Une bonne maîtrise de l?outil informatique ne dépend pas de l?adoption des dernières technologies. Elle est en premier lieu tributaire d?une stratégie technologie bien pensée de l?entreprise. L?absence d?une vision globale de la direction a amené beaucoup d?entreprises à faire de mauvais choix technologiques.
Les sociétés s?achètent, par exemple, des logiciels pour automatiser certaines opérations spécifiques sans garder en tête l?ensemble de leurs activités. Les entreprises se sont donc retrouvées avec des infrastructures informatiques très fragmentées qui sont très coûteuses à gérer. Beaucoup d?entre elles s?activent à intégrer des applications disparates afin d?améliorer la productivité globale de leurs différents systèmes informatiques.
Les firmes pèchent souvent par une mauvaise exécution des projets. Avec comme résultat des programmes dont l?implémentation dépasse largement les délais et les budgets consentis. Et quand les systèmes sont finalement prêts à être opérationnel, ils sont déjà devenus obsolètes et demandent à être revus. D?où un cercle vicieux d?investissement en informatique.
Les prestataires de services IT devront, eux, s?adapter à ces nouvelles réalités. Ils devront de plus en plus se contenter de contrats avec des budgets relativement bas et qui rapporteront aux clients des retours rapides sur les investissements. Ils devront désormais cibler les entrepreneurs, pas les ?technologistes?.
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