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Dialyse : l?État se passe des services du privé
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Dialyse : l?État se passe des services du privé
Les cliniques privées ne recevront plus les patients subventionnés par l?Etat. Le ministère de la Santé a décidé, depuis mardi, de ?récupérer? tous les patients envoyés dans les centres de dialyse privés. Le gouvernement a prévenu les cliniques concernées avant-hier qu?il ne leur remboursera plus les frais encourus pour assurer ce service.
A la Clinique Darné, hier, les patients venus pour leur session de dialyse ont été pris de court par cette nouvelle. C?était la colère. Ils ne comprennent pas les raisons derrière la décision de l?Etat car ils
doivent dorénavant se diriger vers les hôpitaux.
Au total, 22 patients sont subventionnés par l?Etat au centre de dialyse de Darné. Une session de dialyse coûte Rs 800 à l?Etat par patient. Certains y reçoivent leur traitement depuis huit ans. ?Pourquoi nous bouger alors que nous sommes entièrement satisfaits du traitement reçu?, commente Dolores Tin. Après leur séance de dialyse, ils étaient une dizaine à se retrouver dans la salle d?attente pour essayer de voir comment convaincre le gouvernement de revenir sur sa décision.
Ces patients soutiennent qu?ils ont développé une relation avec le personnel médical et paramédical de la clinique. ?Je suis dialysé ici depuis huit ans et le médecin connaît bien mon dossier. De temps en temps, il nous prodigue de petits conseils pour nous aider à gérer notre maladie. Je me sens bien là?, dit Rajcoomar.
D?autres affirment qu?ils se connaissent bien et qu?au fil des années ils ont développé un rapport d?entraide et d?amitié. ?On ne peut pas bouger les patients comme ça. Le ministère aurait pu nous laisser là et ne plus envoyer de nouveaux patients vers le privé?, suggère Dolores Tin.
Ce groupe de malades rencontrés hier doit se rendre demain dans les hôpitaux pour leur troisième session de dialyse de la semaine. Certains envisagent de retourner à la clinique.
Equipement adéquat
Le Dr Hussein Nanhuck, néphrologue et responsable de l?unité de dialyse de cette clinique, a eu beaucoup de mal à leur faire entendre raison. Il leur recommande de ne rien faire qui puisse mettre leur vie en danger. ?Mon rôle est de sauver les gens, ne me mettez pas dans une situation embarrassante. Je ne peux aller contre la décision du gouvernement et ni contre les directives de la clinique.?
L?Etat s?est tourné vers le privé car les hôpitaux n?avaient pas l?équipement adéquat pour traiter les patients nécessitant des dialyses. En 1995, la mort d?une jeune patiente, qui n?avait pu réunir l?argent nécessaire pour ses sessions de dialyse dans le privé, avait consterné le pays. L?Etat avait alors réagi.
A partir de cet épisode, tout Mauricien nécessitant des soins médicaux est traité gratuitement dans les centres de santé. En 1996, le gouvernement commence à se pencher sérieusement sur les cas de malades souffrant d?insuffisance rénale.
En juillet 2002, le gouvernement revoit sa politique sur la collaboration du privé. Il informe les cliniques que seulement les frais de traitements des patients référés par l?hôpital seront remboursés.
Entre-temps, le service de santé s?est mis à l?ère de la modernisation. A ce jour, 40 nouveaux appareils de dialyse ont été installés dans cinq hôpitaux régionaux. ?As you are aware, the ministry is expanding the dialysis services in government hospitals?, informe le Dr Mundboth, Principal Medical Officer, dans une lettre envoyée aux cliniques le 30 juin.
Certains prestataires du privé déplorent l?arrêt brutal de ce partenariat Etat-privé. Le directeur de la City Clinic souligne qu?il n?est pas le seul à avoir investi des sommes considerables dans l?acquisition du matériel nécessaire pour offrir des soins de qualité. ?La grande majorité de nos patients est envoyée par le gouvernement. Il n?est pas impossible que nous ayons à fermer le service dans les années à venir?, déclare le Dr Patrick Chui Wan Cheong.
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