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Biocarburant E10 : la deuxième phase annoncée
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Biocarburant E10 : la deuxième phase annoncée
Les essais concluants du mélange éthanol-essence terminés, Alcodis se penche sur la deuxième étape du projet d?introduction du E10. Mais des accusations récurrentes de pollution pourraient compromettre ses activités.
Les choses s?accélèrent en effet pour le projet de biocarburant E10 (éthanol) d?Alcodis. Après un début marqué par des débats animés sur la paternité et la viabilité d?introduire le mélange essence et éthanol à 10 %, la compagnie étudie la suite de ses opérations avant d?entrer sur le marché mauricien. Ainsi, vu les résultats concluants des essais sur 25 voitures, Alcodis souhaite entamer la deuxième étape, qui consiste à poursuivre des tests sur d?autres types de véhicules, notamment des motos, mobylettes et des moteurs de bateaux.
« Avec l?accord des autorités, nous aurions voulu donner la possibilité à tous les automobilistes mauriciens d?essayer le biocarburant E10 », déclare Roland Maurel Jr., directeur d?Alcodis. « Ils pourraient, s?ils le veulent, s?approvisionner auprès de plusieurs stations-service Total à travers l?île en biocarburant E10. Mais il reste à déterminer avec les autorités quel serait le prix de vente du biocarburant et le taux de taxe qui serait appliqué », affirme Roland Maurel Jr. Cette idée de passer à une autre phase vient du fait que les autorités seraient en possession d?un rapport d?experts. Ces derniers ont suivi les essais du biocarburant E10 qui ont débuté en juillet dernier.
« Un coup monté par certains »
Le rapport soumis par Total, partenaire d?Alcodis, au ministère de l?Industrie a d?ailleurs fait ressortir que l?essence que l?on reçoit actuellement est parfaitement compatible avec l?éthanol. Les 10 % d?éthanol sont le pourcentage maximal qui est couvert par la garantie des constructeurs automobiles, et l?échantillon des 25 premiers véhicules ayant subi les premiers essais était représentatif du parc automobile local. « Mais c?est maintenant aux autorités de décider de la marche à suivre », explique Roland Maurel Jr.
De plus, Alcodis soutient que si le gouvernement lance un programme national d?utilisation de biocarburant E10, l?entreprise aurait la capacité de répondre à la demande de l?ensemble du marché des véhicules à essence du pays. Ce qui représente un potentiel de 9 000 tonnes d?éthanol déshydraté pour être mélangé à de l?essence, soit un tiers de la capacité de production d?éthanol de l?usine d?Alcodis. Toutefois, la compagnie aurait récemment fait l?acquisition d?environ 850 000 litres de matière première pour « répondre aux exigences des engagements de l?entreprise », selon certains.
Face à la diffusion de cette information, Roland Maurel Jr. répond : « Tout d?abord, ce chiffre n?est pas exact mais effectivement, j?avais appris que le client d?une des petites distilleries spécialisées dans la production de boissons alcoolisées, l?avait laissée tomber à la dernière minute. » Il poursuit en expliquant que comme le marketing est l?un de leurs points forts, « nous avons donc, sans hésiter, saisi cette opportunité commerciale et avons acheté cette matière première qu?Alcodis a ensuite exportée ».
Mais tout n?est pas si rose pour Alcodis. De nouvelles allégations ont récemment attiré l?attention sur les activités de l?entreprise dans la région située aux alentours. Mais le directeur de la compagnie réfute tout cela. « Nous démentons ces allégations avec force. D?ailleurs, nous comptons poursuivre en cour ces quelques personnes malveillantes qui portent des accusations non fondées sur les prétendus cas de pollution qui seraient liés à notre usine », soutient Roland Maurel Jr. « C?est à se demander si ce ne serait pas un coup monté par certains qui envient la réussite d?Alcodis. »
Toutefois, selon certaines sources proches du ministère de l?Environ-nement, le ministre se pencherait en ce moment même sur un rapport concernant les cas allégués de pollution. La direction d?Alcodis dit tout ignorer de cette démarche, mais le ministère semble prendre la récurrence de ces allégations très au sérieux.
Quoi qu?il en soit, 2007 sera une année décisive pour les activités d?Alcodis car l?arrivée du E10 sur le marché mauricien devrait influencer les tarifs en place, et surtout le mode de consommation des automobilistes mauriciens.
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