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Décès d’Iqbal Toofany: «Expliquez-nous à quel moment il a fauté», disent ses filles

6 mars 2015, 10:07

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 Décès d’Iqbal Toofany: «Expliquez-nous à quel moment il a fauté», disent ses filles

«Il a été tabassé alors qu’il était innocent. Pour une simple affaire de plaque d’immatriculation, alors que tout était en règle, ils l’ont accusé de rogue and vagabond. Mais expliquez-nous à quel moment il a fauté.» Shaminah, l’une des filles d’Iqbal Toofany, décédé lundi alors qu’il était sous surveillance policière, est exaspérée. Elle est persuadée que son père a été torturé avant de rendre l'âme. Cinq policiers ont été arrêtés avant d'être libérés sous caution.

Alors qu’une motion sera présentée officiellement pour l’ouverture de l’enquête sur cette affaire, ce vendredi 6 mars, en cour de Bambous, la femme du défunt, Amiirah, et ses deux filles Shaminah, 18 ans, et Elaiya, 16 ans, cherchent des réponses à leurs questions,  ne serait-ce qu'un début d’explication…

 

«Ma mère sent encore sa présence»

 

Nous les avons rencontrées hier, jeudi 5 mars, chez un proche. Amiirah, la mère, reste prostrée, silencieuse, la tête penchée et l’air épuisée. Depuis le décès de son époux, plus connu sous le nom de Mamed, Amiirah Toofany doit suivre des traitements médicaux. Traumatisée, dépressive, elle ne dit pas un mot en notre présence. «Ma mère n’arrive pas à accepter la mort de mon père,explique Shaminah. Elle dit qu’elle entend encore le son de sa voix, qu'elle sent encore sa présence.»

 

Pour Shaminah, on ne peut pas dire que son père était un voyou. «S’il était vraiment un voyou, il ne se serait jamais préoccupé de notre éducation», fulmine-t-elle.

 

«Nou pe rodenn répons a nou soufrans»

 

Personne n’a encore annoncé à la benjamine de la famille, Anzariya, 7 ans, qu’elle est désormais orpheline de père. «On n’ose pas lui dire la vérité. Ma sœur n’est qu’une enfant. On a besoin de notre père», pleure Elaiya. Elle évoque le courage de feu son père, qui a travaillé dur, confie-t-elle, pour que ses sœurs et elle ne manquent de rien.

 

Les jeunes filles, aujourd’hui livrées à leur sort, déplore que les autorités n’aient pas encore pris contact avec la famille. Elles craignent que beaucoup de questions restent sans réponse. Et se demandent si la population peut faire confiance à la police. «La façon dont notre père a été traité est inhumaine», allèguent-elles. Shaminah et sa sœur espèrent que justice sera faite : «Nou pe soufer, mo mama ape soufer, nou pe rod enn répons a nou soufrans.»

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