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Accident de Sorèze: six familles poursuivent la CNT et la SICOM

31 mai 2014, 12:11

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Accident de Sorèze: six familles poursuivent la CNT et la SICOM

 

Elles vivent avec des contraintes physiques et psychologiques liées à l’accident d’autobus survenu à Sorèze, le 3 mai 2013. Sweetee Cannoo, Karishma Sooshna et d’autres victimes viennent tout juste d’entamer des poursuites légales contre la Compagnie nationale de transport (CNT) et la SICOM, société d’assurance de l’État. Au total, elles sont six familles à avoir entrepris une action en justice.

 

Mais plus que tout, elles attendent le début de l’enquête judiciaire, sur les causes de l’accident. Celle-ci débutera bientôt.

 

Meghna Kumar, 21 ans, est l’une des survivantes de ce tragique accident. Si elle garde de lourdes séquelles, elle n’a pas encore entamé des poursuites contre la CNT. Son oncle et sa tante chez qui elle vit lui ont, en effet, conseillé d’attendre qu’elle se rétablisse. «Elle n’est toujours pas en état d’affronter un tel procès. Elle est encore traumatisée», indique son oncle.

 

«Je ne fais plus rien seule»

 

«Sorèze m’a détruite. Plus rien ne sera jamais comme avant. Je ne peux plus respirer normalement. Sortir seule est inimaginable pour moi. Le médecin m’a interdit de travailler. Je reconnais que j’ai eu beaucoup de chance de m’en sortir. Mais, je ne fais plus rien seule», lâche faiblement Meghna, entre deux pénibles bouffées d’air.

 

La jeune femme a eu la trachée sectionnée et l’os cassé au niveau de son épaule droite. Sa raison de vivre, dit-elle, c’est sa fillette de deux ans. Cette dernière avait à peine cinq mois lorsqu’elle a failli perdre sa mère.

 

«Depuis cet accident, j’ai subi neuf interventions. Je ne peux plus prendre ma fille, j’ai dû arrêter de l’allaiter depuis mon accident et je ne peux plus réaliser mon rêve de devenir coiffeuse et d’ouvrir mon propre salon. Je ne peux pas faire quoi que ce soit sans m’essouffler et à la longue c’est épuisant», poursuit-elle.

 

La maison de son oncle est devenue son seul refuge. Elle ne sort que pour se rendre à l’hôpital SSR à Pamplemousses, une fois par semaine. Pourtant, avant son accident et même après son accouchement, la jeune femme sortait régulièrement avec ses amis et sa mère. «À présent, je suis toujours accompagnée de mon oncle. Et j’ai dû revoir toutes mes habitudes», soutient-elle.

 

«Je revis l’accident tous les jours»

 

Depuis mai 2013, elle est sous antibiotiques. Comme une asthmatique, elle doit avoir un aérosol là où elle va. Mais le plus épuisant, dit-elle, c’est la quinte de toux qui ne l’a pas quittée depuis l’accident. Même parler requiert un effort considérable. Elle ne peut plus hausser la voix, marcher vite ou même manger ce qu’elle veut. «Je ne mange que des aliments liquides. Et je ne peux plus rien faire pour ma fille», raconte-t-elle.

 

Outre les inconvénients qui sont devenus son quotidien, elle lutte également contre ses cauchemars hebdomadaires. «Pratiquement tous les jours, je revis l’accident ou je fais des cauchemars liés à un accident chaque vendredi (NdlR ; l’accident a eu lieu un vendredi). Et là, je ne peux même plus m’imaginer voyager dans un autobus. L’idée me traumatise», dit-elle, les yeux plongés dans le vide.

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