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Violentes récidives au centre de réhabilitation

6 novembre 2005, 00:00

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L?exemple vient d?en haut. Après la Prison centrale et le pénitencier de Grande-Rivière-Nord-Ouest, la violence s?est cette fois emparée du Rehabilitation Youth Centre (RYC) de Beau-Bassin, réservé aux filles âgées de 12 à 17 ans. Dans la nuit de vendredi à samedi, les éléments féminins de la Special Support Unit ont été appelés en renfort pour mater une énième révolte de la trentaine de pensionnaires du centre.

Telle une horde sauvage, les furies ont « tout saccagé » dans le bâtiment. Ayant tout cassé, elles ont été dirigées vers le Correctional Youth Centre pour y être détenues à titre temporaire, précisait hier le ministère de la Sécurité sociale, responsable du RYC. Tôt hier matin, un comité spécial a été mis sur pied en quatrième vitesse, sous la présidence du secrétaire aux Affaires intérieures, Suresh Seebaluck, pour plancher sur ces événements qui ont empiré depuis le week-end dernier.

En effet, c?est durant cette même période la semaine dernière que les filles ont mis à sac l?établissement après un bras de fer avec les responsables. Objet du litige : elles considèrent qu?une des personnes à la tête du RYC est trop sévère à leur égard et ne leur accorde pas assez de liberté.

Délinquantes et filles ayant échappé au contrôle parental et du SOS Village pour la plupart, elles voulaient sans doute perpétuer le laisser-aller qui s?était installé dans ce centre depuis quelque temps.

Elles assistaient aux cours quand elles le voulaient, préférant danser sous un flot de musique entraînante, faisaient fi des règlements et grimpaient aux arbres fruitiers au risque de s?électrocuter.

Elles sont aussi plusieurs à entretenir des relations intimes entre elles. Elles ont été surprises à différentes reprises dans des positions compromettantes, dans leurs lits ou dans la salle de bains. Ce comportement aurait fait son bout de chemin depuis qu?une des membres du personnel s?est mise à fréquenter une des filles.

<B>Les dégâts s?élèvent à plus d?un demi-million de roupies</B>

Pour corser le tout, une fille de dix-sept ans et demi, issue d?un faubourg de la capitale, arrêtée pour vente d?héroïne en juin, a, de son côté, commencé à semer le trouble. Appréhendant peut-être d?être envoyée à la prison des femmes car elle atteignait la majorité, elle s?est fait chef de gang, montant les plus jeunes contre les officiers.

L?arrivée d?une nouvelle patronne au RYC a mis le feu aux poudres. Voulant faire le ménage dans cet établissement censé aider ces jeunes en perdition à affronter la société et à se débarrasser de leur tares, elle s?est retrouvée face à une levée de boucliers.

Certains officiers, trop empêtrés dans leur routine, n?ont pas levé le petit doigt pour l?aider et seraient même derrière cette montée de violence, fait ressortir un de leurs collègues. Samedi dernier, la fureur des jeunes filles a atteint son paroxysme. Elles ont brisé des caméras de surveillance, des vitres et d?autres équipements. Montant des dégâts : plus d?un demi-millions de roupies.

« Pa kapav decrire seki zot ine fer. Zamer ine trouver sa », commentait hier un employé du ministère de la Sécurité sociale. La ministre Sheila Bappoo aurait même été huée lors d?une visite sur les lieux cette semaine, selon des témoins.

Pour beaucoup de travailleurs sociaux et des membres du personnel de la prison, les désordres qui ont surgi ne sont que les résultats d?une politique de répression envers ces jeunes, au lieu d?un programme de réhabilitation. Lequel programme n?a guère évolué avec le changement des m?urs. Les responsables du RYC de la « vieille école » sont aussi à blâmer, pensant toujours avoir affaire à une génération « docile »?

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