Publicité

Vers la démocratisation du golf

22 septembre 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il a 16 ans. Et c?est la première fois qu?il essaie de se servir d?un club. Vêtu d?un T-shirt et d?un pantalon large, savates aux pieds, Hans Mascareigne esquisse un sourire aussi timide que le soleil qui chauffe le green du Domaine de Bel-Ombre. Attentif aux instructions de Loïc Serret, le moniteur, l?adolescent ne cache pas son intérêt pour ce sport qu?il lui est donné de découvrir. C?était samedi, lors de l?Emotions Kids Open (compétition de golf pour enfants de 6 à 16 ans) au château. Une initiative soutenue par la Bel-Ombre Foundation for Empowerment qui y voit un moyen de favoriser l?intégration de la communauté locale avec le Domaine de Bel Ombre.

La fondation veut aider ces jeunes à trouver d?autres ouvertures, encourager les parents à pousser leurs enfants vers d?autres horizons et les sensibiliser quant à l?importance de l?éducation. La démarche a suscité, samedi, un vif intérêt. Les enfants ont été tellement nombreux à vouloir participer qu?on a dû refuser des participants pour L?Emotions Kids Open.

Se dirige-t-on vers la démocratisation du golf ? Il y a certes un long chemin à parcourir avant de pouvoir en arriver là mais l?initiative de la Bel-Ombre Foundation for Empowerment est sans conteste un pas dans cette direction. C?est justement parce qu?elle est consciente du fait que le golf a depuis toujours la réputation d?un sport à part, réservé aux personnes aisées qu?elle s?est associée à l?Emotions Golf Events pour donner aux enfants de Bel-Ombre la chance de découvrir cet univers. Ces jeunes ont donc la possibilité de s?essayer au golf et s?ils ont du talent, ils pourraient être pris en charge par le Golf du domaine de Bel-Ombre.

«Mo prefer travay lor enn terin golf»

Mais ils n?en étaient pas encore là, ces jeunes venus à la journée portes ouvertes de samedi. Décontracté dans son bermuda bleu, Loïc Serret a pour mission de leur apprendre les rudiments du golf. «Les équipements et la façon de se tenir pour frapper la balle sont très importants», explique-t-il pendant que Hans tente maladroitement de se positionner. «Au départ, la position va être un peu dure mais ne vous inquiétez pas après un ou deux cours on s?habitue», ajoute alors Loïc, conscient de la nouveauté de la chose pour ses jeunes élèves.

A 21 ans, Loïc, lui, a eu le temps d?apprendre et de se perfectionner. Il a, en effet, commencé à pratiquer le golf à l?âge de huit ans. «C?est une discipline physique et mentale», confie-t-il. Et il sait s?y prendre. Tout autant que transmettre son intérêt pour ce sport. Les jeunes ont bien aimé son cours. Parmi eux, Hans, qui se dit prêt à faire l?effort d?apprendre. «Monn kontan monn aprann kitsoz ki mo pa kone. Mo prefer travay lor enn terin golf ki dan enn lotel.»

Karishma Choony, 15 ans, affiche aussi la satisfaction. «Profeser la inn bien montre nou.» Et d?ajouter que s?il lui était donné de prendre des cours, elle ne manquerait pas une leçon. Cinq enfants du village seront sélectionnés et pris en charge. Ils auront aussi droit à des cours de préparation.

Avec l?initiation au golf vient non seulement la possibilité de découvrir de futurs champions mais aussi celle d?être formé pour un éventuel emploi au sein de cet univers. Il y a, en effet, la possibilité de devenir moniteur, caddie ou encore de se voir confier l?entretien des greens.

Florence et René Luron, responsables d?Emotions Golf Events sont deux passionnés de golf. Ce couple français s?installe définitivement à Maurice pour promouvoir cette discipline sur le plan touristique et aussi auprès des Mauriciens. «Le golf peut se démocratiser s?il y a des comités d?entreprises qui parrainent les employés voulant découvrir cette discipline comme en France», souligne René. Pour faire découvrir le monde du golf et les coûts qui vont de pair avec la pratique de ce sport, Florence va aussi faire de la promotion dans les entreprises. Certaines, comme Nestlé ou Iframac ont répondu favorablement...

Les Mauriciens ont aujourd?hui plus de facilités eu égard au golf car les parcours sont de plus en plus nombreux à travers l?île. Le Gymkhana Club de Vacoas, l?un des plus vieux parcours, compte 2 000 membres. Tamby Palanyand, 78 ans, est l?un d?eux. Il y joue depuis 44 ans. Le golf est à la fois son gagne-pain et son hobby. Il a commencé comme caddie et entraîne actuellement les enfants au Dodo Club. «Monn obzerv bann lezot e monn fer parey», dit-il. La présence féminine au golf se consolide aussi avec la création de la Ladies Golf Union.

Mais le golf reste un sport coûteux, notamment parce que les terrains nécessitent un entretien minutieux. Les équipements, quant à eux, sont certes disponibles à Maurice, mais ils sont chers. Un set de club complet (le nombre de clubs dépend du niveau du joueur) coûte environ Rs 120 000, le sac environ Rs 8 000, les chaussures appropriées environ Rs 2 000 à monter et le prix des gants tourne autour de Rs 500.

PUBLICATION

Lancement du magazine Swingtime

■ Faire découvrir les différents parcours de Maurice et attirer une clientèle de touristes golfeurs. C?est dans ce but qu?a été lancé, samedi, «Swingtime», le premier magazine de golf mauricien. Le magazine veut aussi donner une autre image de ce sport considéré comme un sport d?élite. Les compagnies locales qui le souhaitent pourront s?investir dans la promotion du golf à travers ledit magazine en étant partie prenante du programme «Adopt a Golfer» qu?il propose. Ces compagnies sponsoriseraient alors de jeunes talents qui n?ont pas les moyens de participer à des compétitions ou de faire les études nécessaires pour passer pro en espérant que Maurice sera, dans la foulée, plus visible sur la scène du golf mondial.

Publicité